Attaque islamiste du Thalys : la parole est aux héros

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Sans leur intervention d’une exceptionnelle bravoure, l’attaque du train Thalys Amsterdam-Paris et de ses quelque 342 passagers, le 21 août 2015, par le djihadiste marocain Ayoub el Khazzani agissant sur ordre d’Abdelhamid Abaaoud, aurait à coup sûr donné lieu à l’une des pires tueries islamistes de ces dernières années. Appelés à témoigner jeudi au procès de ce terroriste et de ses complices devant la Cour d’assises spéciale de Paris, les passagers américains à l’origine de ce coup d’éclat n’ont pas seulement raconté dans le détail comment ils avaient réussi à neutraliser el Khazzani : ils nous ont aussi donné à tous une extraordinaire leçon de courage, et prouvé que, en faisant preuve de solidarité, nous pouvions nous aussi faire changer la peur de camp.

Appelé à la barre, le professeur franco-américain Mark Moogalian, qui est l’un des deux premiers passagers à être intervenus ce jour-là, a ainsi raconté comment, alerté par le fait qu’el Khazzani se soit enfermé dans les toilettes avec une valise, il est « allé voir au bout de dix minutes » et s’est retrouvé nez à nez avec le djihadiste armé d’une kalachnikov. Un temps sidéré, il a alors profité du fait que Damien, un jeune Français de 28 ans, ait saisit le terroriste par le cou pour s’emparer du fusil d’assaut et s’éloigner, mais a été blessé par el Khazzani qui lui a tiré dans le dos avec un pistolet Luger. « C’est alors, a rapporté Mark Moogalian, que j’ai vu un Américain bondir dans les airs : la cavalerie était arrivée ! » Cet Américain intrépide, c’est Spencer Stone. Un ancien soldat de l’US Air Force qui, n’écoutant que son courage, s’est jeté sur le djihadiste armé pour le neutraliser. Appelé à témoigner au procès, celui-ci n’a hélas pas encore pu s’exprimer devant la Cour, en raison d’un malaise qu’il a fait lors de son arrivée à l’aéroport de Roissy et qui lui a valu d’être hospitalisé mercredi soir.

En attendant, c’est son ami d’enfance, Anthony Sadler, étudiant en coaching sportif, qui a raconté comment, avec leur copain commun Aleksander Skarlatos, lui aussi ancien militaire, ils sont venus prêter main-forte à Spencer. Les « coups de pied et de poing » pleuvaient, a-t-il ainsi expliqué, et il était « difficile de contrôler le terroriste » qui tentait de les frapper avec un cutter. Mais Spencer, a-t-il poursuivi, « lui a fait une prise d’étranglement », et « on l’a ligoté avec des cravates de passagers ». Skarlatos « est ensuite allé vérifier qu’il n’y avait pas d’autre homme armé », et Spencer a prodigué les « premiers soins à Mark Moogalian ». Après un comportement d’une telle bravoure, les héros du Thalys méritaient bien que le Septième art leur rende hommage. Et c’est précisément ce qu’a fait Clint Eastwood, en réalisant en 2018 son film intitulé Le 15 h 17 pour Paris. Une œuvre dans laquelle Stone, Sadler et Skarlatos jouaient leurs propres rôles. Au grand déplaisir semble-t-il de Me Mauger-Poliak, l’avocate d’el Khazzani, qui n’a pas hésité à réclamer l’audition d’Eastwood pour, a-t-elle expliqué, « apporter un éclairage sur l’attitude des trois Américains » et les « petits détails » du déroulé des faits que ceux-ci « se sont vantés d’avoir raconté au réalisateur » ! Bref, un mode de défense vraiment minable, auquel le parquet général a heureusement coupé court en refusant cette demande, qu’il a au passage qualifiée fort justement de « plaidoirie du buzz ». •

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Un commentaire

  1. Posté par antoine le

    Ces 3 derniers jours, les merdias comme à l’accoutumé nous passent en boucle une autre procès … comme c’est bizarre !!
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/22/proces-daval-apres-la-frenesie-d-une-affaire-hors-norme-le-verdict-d-une-justice-sereine_6060692_3224.html
    Bravo aux HÉROS qui ont évité un CARNAGE dans le train !
    On attend le verdict avec impatience !
    Sera-t-il très léger (sursis) comme la justice (avec un ”j” minuscule) qui applique le 2 poids 2 mesures ou très sévère (perpétuité sans remise de peine) ?
    Le peloton d’exécution devrait être prêt !

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