Soudan : un rapport de l’ONU dénonce des exactions sur les populations noires non-Arabes. Massacres, “viols de présence de cadavres”, enlèvements…

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La Mission internationale indépendante d’établissement des faits au Soudan (« la Mission ») estime que les massacres et les atrocités commis par les Forces de soutien rapide à El-Fasher et dans ses environs, lors de la prise de la ville les 26 et 27 octobre 2025, sont révélateurs d’une tendance génocidaire. Ces crimes ont fait suite à un siège de 18 mois au cours duquel les Forces de soutien rapide ont délibérément imposé des conditions de vie calculées pour entraîner la destruction physique des communautés non arabes, en particulier les Zaghawa et les Fur.

La Mission a documenté une escalade qui démontre la coordination, le ciblage et la répétition d’attaques fondées sur l’identité ethnique, le sexe et l’affiliation politique présumée, qui ont entraîné des massacres, des viols graves et généralisés et d’autres formes de violence sexuelle, des détentions arbitraires, des actes de torture et des traitements cruels, ainsi que des disparitions forcées, accompagnés d’un discours déshumanisant et exterminateur. L’ensemble de ces faits révèle l’intention des Forces de soutien rapide de détruire tout ou partie des communautés zaghawa et fur. Les agissements à El-Fasher constituent une aggravation des schémas antérieurs d’attaques similaires contre d’autres communautés non arabes ailleurs au Soudan, mais à une échelle bien plus meurtrière.

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Enlèvements et violences sexuelles

78. Des survivantes ont signalé des enlèvements systématiques de femmes et de filles par les FSR. Plusieurs ont déclaré avoir vu des victimes, souvent âgées de moins de 18 ans, séquestrées et transportées vers des lieux inconnus. Des enquêtes supplémentaires sont nécessaires concernant ces enlèvements, qui pourraient refléter un schéma d’exploitation et constituer des disparitions forcées.

79. Une survivante a raconté avoir été enlevée fin octobre 2025 alors qu’elle se rendait à Tawila, après s’être identifiée comme Zaghawa. Les FSR l’ont emmenée dans une zone isolée, l’ont attachée à un arbre, l’ont laissée nue et l’ont violée à plusieurs reprises pendant six jours. Elle a finalement réussi à s’échapper. Sa privation prolongée de liberté, combinée à des violences sexuelles répétées, constitue un cas d’esclavage sexuel.

Viol en présence de cadavres

80. Les viols étaient souvent commis dans des lieux où des massacres avaient eu lieu, notamment à l’hôpital El-Saudi et à l’université d’El-Fasher. Des témoins ont raconté que les FSR avaient violé collectivement, violemment et publiquement, au moins 19 femmes dans des pièces remplies de cadavres, y compris ceux de leurs propres maris. Les femmes étaient appelées « Falangiya ». Une survivante a raconté avoir vu une femme se faire violer à Jabal Wana devant le corps de son fils de deux ans, qui venait d’être tué.

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85. Les violences sexuelles étaient étroitement liées au ciblage ethnique, en particulier contre les Zaghawa. Les survivantes ont rapporté que les FSR avaient déclaré : « Nous devons vider El-Fasher des Falangiyat » ; « Ce sont des esclaves. Tuez-les, détruisez-les, violez-les » ; « Nous sommes vos seuls hommes, il n’y en a pas d’autres » ; « Nous sommes allergiques aux Zaghawa » ; et « vous devez donner naissance à nos enfants ». Les femmes qui s’identifiaient comme arabes ou qui, aux yeux des auteurs, semblaient arabes, ont été épargnées. Une survivante zaghawa a déclaré qu’elle a réussi à éviter le viol en se faisant passer pour une Arabe, en parlant leur dialecte et parce qu’ elle avait la peau claire.

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Ohchr

Rapport complet (pdf)

(Merci à Ahla)

 

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