L'élection du politicien centriste Martin Pfister au Conseil fédéral a été l'un des plus grands succès du camp centre-gauche ces dernières années. Au lieu de Markus Ritter, un critique clair et bourgeois, président des paysans et représentant profilé des intérêts fédéralistes, ils ont délibérément choisi le conseiller d'État zougois Pfister – un candidat qui promettait moins de résistance.
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Depuis son élection, cette impression se confirme. Pfister agit de plus en plus comme un fidèle auxiliaire du camp centre-gauche. Une nouvelle vidéo de la campagne pro-UE « fortement connecté » en est un exemple frappant. Le ministre de la Défense y vante les accords de l'UE de manière si peu critique et unilatérale qu'on peut déjà parler de propagande gouvernementale.
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Le message est simple: Le traité profiterait apparemment à tous – à l'économie, aux consommateurs, aux étudiants, aux chercheurs. Les risques, les conflits d'objectifs ou les questions de souveraineté sont occultés. Les voix critiques ne sont pas présentes. Au lieu d'une information sobre, la population reçoit une publicité politique de la bouche d'un Conseiller fédéral.
Mais c'est bien là le problème. La tâche d'un Conseiller fédéral n'est pas de présenter des accords internationaux comme une panacée ou de proposer au peuple une seule vision politiquement souhaitée. Le rôle du gouvernement est d'informer objectivement, pas de prêcher.
Si le Conseil fédéral devait réussir avec cette stratégie, ce serait un signal fatal. Non seulement pour le débat sur l'UE, mais aussi pour la culture politique et la démocratie directe de la Suisse dans son ensemble.
