Le cas Jacques Baud ou la dérive totalitaire de l’Union européenne

Francis Richard
Resp. Ressources humaines

Le 15 décembre 2025, il y a tout juste un mois, Jacques Baud a été sanctionné par l'Union européenne avec douze nouvelles personnes physiques. Des mesures restrictives ont été prises contre lui eu égard aux activités déstabilisatrices menées par la Russie.

 

Quelles sont ces mesures restrictives?

  • Il lui est interdit de se déplacer dans l'UE: résidant à Bruxelles, en Belgique, il n'a donc pas le droit de rejoindre son pays, la Suisse.
  • Tous ses comptes sont gelés: il ne peut donc faire des achats, y compris pour se nourrir, ou régler ses factures.
  • Il est même interdit de lui venir en aide1...

 

Comment en a-t-il été informé? Le 12 décembre 2025 sur le site Radio Free Europe , qui avait fait fuiter l'information le 10 décembre 2025. Il n'a pas reçu personnellement de notification de ces sanctions.

 

Contre qui l'UE a-t-elle pris ces mesures dont il a fait l'objet? Contre ceux qui ont émis des théories conspirationnistes, ont fait de la propagande pour le compte de la Russie ou sont allés s'exprimer sur des sites pro-russes.

 

Or, justement, il est impossible de porter de telles accusations contre Jacques Baud. Dans ses vidéos, qui sont les reflets de ses livres, au contraire, il s'est efforcé de comprendre les motivations des Ukrainiens2 comme des Russes.

 

Ayant participé à des négociations de paix, notamment en Afrique, il sait qu'il faut comprendre les motivations de chacun des belligérants pour parvenir à une position commune. Et estime normal que chacun veuille défendre son pays.

 

D'aucuns lui ont attribué, sans preuves, des propos qu'il n'a jamais tenus. La charité chrétienne m'oblige à ne pas donner les noms de ces diffamateurs, qui se sont discrédités eux-mêmes et qui ne méritent même pas de poursuites judiciaires.

 

Dans son cas particulier, puisqu'il est le seul dans la liste des sanctionnés individuels à résider en UE, cette décision, sans procès, donc sans possibilité de se défendre, est une décision purement arbitraire (il n'a enfreint aucune loi), une décision politique: elle est le fait du prince, qui fait la loi et l'exécute.

 

(C'est ce que j'appelle l'État de loi, qui n'a rien à voir avec l'État de droit, lequel suppose la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.)

 

Dans son cas particulier, ont été bafoués: les droits de propriété, les libertés d'expression, de pensée et de déplacement, ce qui illustre la dérive totalitaire de l'UE, qui ne date pas d'aujourd'hui. En août 2009, à l'Université d'Aix-en-Provence, le dissident Vladimir Boukovsky soulignait déjà les similitudes qu'il y avait entre l'UE et l'URSS...

 

Aussi le cas de notre concitoyen peut-il être dorénavant celui de n'importe qui, ce qui devrait nous interroger. Devons-nous nous rapprocher de cet État supranational qui respecte si mal les règles démocratiques auxquelles nous sommes attachés en Suisse?

 

À ce jour, que je sache, les autorités suisses, qui ne pouvaient ignorer la future inscription de Jacques Baud dans la liste des sanctionnés, ajouté à la demande vraisemblable de la France, brillent par leur absence de réaction énergique. Est-ce de la soumission?

 

Je terminerai par une citation de John Stuart Mill, tirée de son livre De la liberté:

 

Ce qu'il y a de particulièrement néfaste à imposer silence à l'expression d'une opinion, c'est que cela revient à voler l'humanité: tant la postérité que la génération présente, les détracteurs davantage encore que ses détenteurs. Si l'opinion est juste, on les prive de l'occasion d'échanger l'erreur pour la vérité; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable: une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l'erreur. 

 

Francis Richard

 

N.B.

Ceux qui le veulent peuvent, comme je l'ai fait, signer la pétition Soutenons Jacques Baud.

 

 

1 - Des gens viennent lui apporter de la nourriture, à leurs risques et périls...

2 - Des réfugiés ukrainiens qui l'ont croisé dans la rue l'ont remercié d'avoir présenté leur pays tel qu'il est: les journalistes ukrainiens sont d'ailleurs moins menteurs que nombre de journalistes occidentaux, qui, pour le coup, font souvent de la propagande.

 

Publication commune LesObservateurs.ch et Le blog de Francis Richard.

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