Une formation Securitas destinée aux agents des sites d’Amazon France demande de respecter la charia lors des premiers secours : trois responsables ayant refusé ont été licenciés

post_thumb_default

 

« En accord avec la loi de la charia, autant que possible les premiers secours doivent uniquement être administrés par une personne du même genre que la victime. » Cette phrase, on l’imaginerait aisément tirée de documents internes d’entreprises opérant dans des pays de tradition islamique. C’est pourtant au détour d’un module de formation Securitas destiné aux agents de sécurité travaillant sur les sites d’Amazon France — un « refresh training » annuel obligatoire consacré aux gestes de premiers secours et à la doctrine QHSE (Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement) — que plusieurs responsables l’ont découverte, en juillet dernier.

Impossible, pour eux, de laisser couler : non seulement la charia n’est évidemment pas reconnue en France, mais surtout l’application de telles règles les placerait en porte-à-faux avec la loi. « Il faut comprendre que, en tant que responsables de la sécurité sur le terrain, c’est nous qui sommes en première ligne, explique l’un d’entre eux, contacté par Valeurs actuelles. Je ne peux pas appliquer des règles qui constitueraient une non-assistance à personne en danger. »

La formation, créée par Securitas et diffusée en juillet-août 2025 à l’ensemble de ses agents opérant sur des sites d’Amazon — depuis le siège de Clichy jusqu’aux centres logistiques de Bordeaux, Lyon, Lille ou Toulouse —, devait être validée par tous pour continuer à travailler avec ou pour le géant américain. Un caractère obligatoire qui n’a fait qu’aiguiser l’inquiétude des agents de sécurité confrontés à cette directive pour le moins inattendue. Parmi eux, trois décident d’alerter leurs supérieurs, rappelant les sanctions prévues par la loi s’ils devaient appliquer eux-mêmes les règles qu’on leur demande d’approuver.

Ils invoquent la Constitution française, les principes de laïcité et d’égalité entre les sexes, leurs valeurs personnelles également. Mais le sujet est sensible : Securitas, elle-même entreprise d’envergure mondiale, est un prestataire de premier plan du leader mondial du e-commerce, dont le contrat se chiffre en centaines de millions par an, et n’apprécie guère ce genre de publicité.

[…]

VA

 

Extrait de: Source et auteur

Suisse shared items on The Old Reader (RSS)

Un commentaire

  1. Posté par antoine le

    Les employés invoquent la Constitution française, les principes de laïcité et d’égalité entre les sexes, leurs valeurs personnelles également. Mais le sujet est sensible : Securitas, elle-même entreprise d’envergure mondiale, est un prestataire de premier plan du leader mondial du e-commerce, dont le contrat se chiffre en centaines de millions par an, et n’apprécie guère ce genre de publicité.
    D’un côté il y a la loi française (certainement laxiste sur ce sujet sensible) et de l’autre il y a $$$ cela représente un tas de fric !!
    Le petit employé est pris encore une fois entre le marteau et l’enclume.

Et vous, qu'en pensez vous ?

Poster un commentaire

Votre commentaire est susceptible d'être modéré, nous vous prions d'être patients.

* Ces champs sont obligatoires

Avertissement! Seuls les commentaires signés par leurs auteurs sont admis, sauf exceptions demandées auprès des Observateurs.ch pour des raisons personnelles ou professionnelles. Les commentaires sont en principe modérés. Toutefois, étant donné le nombre très considérable et en progression fulgurante des commentaires (259'163 commentaires retenus et 79'280 articles publiés, chiffres au 1 décembre 2020), un travail de modération complet et exhaustif est totalement impensable. Notre site invite, par conséquent, les commentateurs à ne pas transgresser les règles élémentaires en vigueur et à se conformer à la loi afin d’éviter tout recours en justice. Le site n’est pas responsable de propos condamnables par la loi et fournira, en cas de demande et dans la mesure du possible, les éléments nécessaires à l’identification des auteurs faisant l’objet d’une procédure judiciaire. Les commentaires n’engagent que leurs auteurs. Le site se réserve, par ailleurs, le droit de supprimer tout commentaire qu’il repérerait comme anonyme et invite plus généralement les commentateurs à s’en tenir à des propos acceptables et non condamnables.

Entrez les deux mots ci-dessous (séparés par un espace). Si vous n'arrivez pas à lire les mots vous pouvez afficher une nouvelle image.