Mafias, trafics de drogue, blanchiment d’argent et attaques de bancomats: la criminalité organisée se répand en Suisse. Face à la menace, le Conseil fédéral a adopté une première stratégie nationale. Des mesures concrètes sont attendues dès 2026
La Suisse est minée par le crime organisé. Tel est le constat alarmant d’un vaste état des lieux dressé en 2023. Aussi discrètes que bien implantées, une multitude d’organisations sont actives dans le trafic de drogue, la prostitution, les attaques de bancomats ou les vols de voitures. Provenant d’Italie, de France, des Pays-Bas, d’Europe de l’Est, des Balkans ou de l’Afrique de l’Ouest, ces groupes sont toujours plus professionnels et violents. Ils utilisent le territoire helvétique comme terrain d’opérations et zone de repli. Ces réseaux ne cessent de s’étendre au point de constituer dorénavant, aux yeux de la Confédération, «une menace sérieuse». Pour y faire face, le conseiller fédéral Beat Jans, chargé du Département fédéral de justice et police (DFJP), a présenté ce vendredi à Berne la nouvelle stratégie nationale de lutte contre la criminalité organisée en Suisse, que le gouvernement a adoptée le jour même lors de sa 46e et dernière séance de l’année.
Cette stratégie est «une première» du genre, s’est félicité devant les médias le socialiste bâlois. C’est lui qui, il y a une année, chargeait l’Office fédéral de la police (Fedpol) d’élaborer ce document en vue de renforcer l’arsenal de la lutte contre le crime organisé, qui «sape les fondements de nos démocraties». Evoquant des affaires récentes de cette année, comme le démantèlement d’un groupe très actif dans le trafic de stupéfiants en Valais ou celui d’un important réseau de traite d’êtres humains à Berne, le conseiller fédéral a rappelé que le fléau concernait l’ensemble du pays et non pas seulement les grands centres urbains, comme Zurich, Bâle ou Genève.
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