Valeurs actuelles. Vous attendiez-vous à cette large victoire face à votre concurrent Julien Bainvel, l’un des cadres historiques de votre fédération, lors des primaires organisées le 31 août dernier ?
Foulques Chombart de Lauwe. Il était difficile de savoir à quoi s’attendre. Je m’étais préparé aussi bien à la victoire qu’à la défaite. Cette victoire valide une façon de faire de la politique : un pari risqué, une méthode de terrain, visible sur les marchés ou les réseaux sociaux. Une droite claire, offensive, prête à s’attaquer à l’alliance des verts et de l’extrême gauche.Est-ce à dire que vous incarnez une rupture ?
Oui, et je ne compte pas “arrondir” les angles après. Je pose aux Nantais une unique question : « Voulez-vous changer ? » La réponse est toujours oui. Mais l’opposition est peu connue dans la ville, les conseillers municipaux se contentant de remplir sagement leurs responsabilités. Après trente-six années d’eau tiède, les gens attendent désormais de la clarté et du courage. Nantes doit redevenir une ville attractive pour les étudiants, les familles, les retraités. Aujourd’hui, un jeune choisit Angers plutôt que Nantes, un couple hésite à s’installer à cause de l’insécurité. Avec moi, c’est la ville qu’on choisira à nouveau demain. On doit viser le top 5 des villes où il fait bon vivre, comme c’était le cas il y a encore dix ans.Cette spirale de l’insécurité dans laquelle Nantes est plongée ces dernières années donne pourtant l’impression d’être irrémédiable ?
Ce n’est pas une fatalité. On ne peut pas se résoudre à la chute des grandes villes françaises. Le problème, ce sont les maires de gauche qui ont transformé des villes dynamiques en cloaques, par idéologie et par laxisme. Ils ont renoncé à endiguer le trafic de drogue, abandonné les commerçants, et misé sur une politique d’accueil inconditionnel qui déstabilise encore plus les quartiers déjà fragiles. La gauche nantaise, qui s’acoquine avec LFI, refuse même de condamner la haine anti-flics ou d’effacer un drapeau palestinien peint sur des marches. Cela abîme le lien des habitants à leur ville.Vous avez eu l’occasion d’évoquer tout un tas de mesures pour contrer la politique « désastreuse » de Johanna Rolland, notamment sur deux chantiers principaux à Nantes : la sécurité et la propreté. Quelles seront vos premières actions si vous devenez maire ?
Il faudra très vite un choc d’autorité : police municipale 24h/24, qui plus est armée pour protéger ceux qui nous protègent. Et plus de caméras. Nous mettrons aussi en place un audit complet des finances pour redonner des marges de manœuvre, toutes consommées. Il faut en finir avec la gabegie et le copinage. En bref, de l’ordre dans la rue, de l’ordre dans les comptes. La ville est sale : on s’attaquera aux tags, aux ordures pour rendre le centre-ville attractif. Dès la première année, on refera un Noël digne de ce nom. Sur l’accueil inconditionnel : on sortira de l’association nationale des villes et territoires accueillants (ANVITA). Quant à la culture, on ira chercher de nouveaux talents pour retrouver la créativité qu’on a aimée dans les années 90.Vous assumez une droite claire, mais ouverte à d’autres profils. A quelles conditions ?
Avec des lignes rouges. Je tends la main à tous ceux qui veulent changer les choses, y compris dans la macronie locale, mais sur un socle clairement de droite : création de valeurs, soutien aux entreprises et aux commerçants, rejet du laxisme et de la décroissance. Je suis Nantais avant d’être d’un parti. Et mon équipe sera plus large que la droite classique, mais sans dilution : ce sera projet contre projet. Je crois au modèle de coalition à l’allemande ou à la scandinave : on discute, mais pas dans les couloirs, on explique et on assume les compromis. Il y aura certainement des gens avec des sensibilités très variées, qui sont, pour certains, à la droite de mon positionnement, pour d’autres des déçus de Johanna Rolland, des universalistes qui refusent l’antisémitisme. Avec nos « cousins » de Horizons nous sommes proches. On partage 80 % des idées avec Sarah El Haïri. Je propose de former un binôme, et d’en être le leader. Sur des sujets comme la GPA, on peut être en désaccord, mais ce ne sont pas des compétences municipales. Je suis d’une droite conservatrice mais moderne. Chacun aura des nuances sur les positions nationales ou sociétales.Vous évoquez les « cousins » d’Horizons, qu’en est-il des partis issus de LR qui se sont rapprochés du Rassemblement national ?
Je parle à tous les électeurs nantais, y compris ceux qui votent RN ou Reconquête. Mais nous n’aurons pas d’alliance avec eux car nous ne partageons pas un socle d’idées suffisant. Ce n’est pas une question morale mais de fond. Ils sont plus éloignés de ma famille que Horizons. Ce que je dis aux gens à ma droite c’est de s’interroger sur ce qui peut vraiment répondre à leurs interrogations profondes au niveau local. C’est pour ça que je suis assez proche de Bruno Retailleau : c’est une erreur d’abandonner les thèmes de l’insécurité et de l’immigration à l’extrême droite.Que répondez-vous à l’équipe de Johanna Rolland qui vous accuse de représenter « une droite éloignée de ce qui a toujours fait Nantes » ?
Ceux qui défont Nantes sont disqualifiés pour parler de son ADN. Moi, je vais vous dire ce qui fait Nantes : c’est un certain rapport au monde, une ouverture, oui, mais avec une histoire entrepreneuriale et industrielle. Les Nantais sont des aventuriers du grand large qui savent comment ils s’appellent. On a tendance à dire un peu vite : Nantes est de gauche, mais c’est faux. Nantes est ambitieuse, mais c’est cette ambition qu’ils ont étouffée. Mon projet c’est de relever la fierté nantaise.L’article Municipales 2026 à Nantes : « Les maires de gauche ont transformé des villes dynamiques en cloaques », constate Foulques Chombart de Lauwe est apparu en premier sur Valeurs actuelles.
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