Concentration des médias : le capitalisme est la solution

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Tous ces médias entre les mains de groupes privés, tous ces capitalistes qui achètent des journaux, des radios, des chaînes de télé, et s’allient entre eux pour chercher des synergies et de la rentabilité, préoccupent quelques sénateurs de gauche.

Des sénateurs contre les patrons des médias

Une commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias a été créée fin 2021, et ce serait bien, pensent ses membres, de boucler ladite enquête avant le premier tour de l’élection présidentielle afin d’inciter les candidats à se saisir de ce brûlant sujet qui met en cause, ils n’en doutent pas, la liberté et l’indépendance de la presse.

Patrick Kanner, président du groupe socialiste, écologiste et républicain de la haute assemblée, estime que « le phénomène de concentration s’accentue et s’invite dans le débat public ». Oui, les concentrations existent, TF1 avec M6, Vivendi et Lagardère, entre autres, et oui, Xavier Niel, Bernard Arnaud, ou Patrick Drahi ont fait leur marché dans la presse écrite et audiovisuelle depuis déjà quelque temps. Que ce sujet s’invite dans le débat public, par contre, n’est pas encore démontré.

Les investisseurs capitalistes à la rescousse des médias français

Ce qui est certain, c’est que sans ces vilains investisseurs capitalistes, de nombreux titres de la presse écrite et de nombreux médias audiovisuels n’existeraient tout simplement plus. Bousculés par l’émergence de l’Internet, au bord du gouffre malgré de généreuses subventions étatiques, des médias sont morts, mais beaucoup d’autres ont été sauvés par ces investisseurs qui, naturellement, cherchent depuis à rentabiliser et consolider leurs entreprises à travers des alliances, des économies d’échelle, des fusions et des acquisitions, le b.a ba du marché.

Tout n’est pas rose, bien sûr. Les rédactions sont à la diète, les reportages à l’étranger sont rares, les photographes plus onéreux que les banques d’images, et le débat politique télévisé sur la petite phrase du jour ne coûte pas cher. Ainsi, nous en savons moins sur le monde, et nous en savons un peu trop sur Zemmour, par exemple. Et c’est un drame pour la société française. Aujourd’hui, à quelques exceptions près, la presse est devenue low cost. En conséquence, nous sommes aujourd’hui plus ignorants qu’hier.

Démanteler ces concentrations capitalistes dans les médias n’est pas la solution. Cela représenterait un nouveau danger mortel pour ceux qui survivent encore.

Le problème de l’audiovisuel public

Si la gauche du Sénat veut se rendre utile, elle ferait mieux de se pencher sur l’audiovisuel public pour deux raisons.

La première est qu’un État démocratique ne devrait pas détenir des chaînes de télévision et des radios en tous genres. Elles aggravent sans raison impérieuse la pression fiscale des citoyens, même ceux, nombreux, qui ne regardent que des chaînes et n’écoutent que des radios privées.

Le deuxième raison est que privatiser l’audiovisuel public avec sagesse, c’est-à-dire radio par radio, chaîne par chaîne, ouvrirait en France un nouveau paysage médiatique beaucoup plus dynamique,  concurrentiel et stimulant pour les investisseurs et les publicitaires. Ce secteur libéré de la tutelle de l’État nous offrirait le meilleur comme le pire, mais accélérerait la rentabilité des entreprises ayant acquis ces médias. Et celle-ci améliorerait par voie de conséquence la situation de l’ensemble de la presse, y compris la presse écrite, en raison justement des concentrations et des alliances que dénonce, avec trop de légèreté, la gauche sénatoriale.

 

 

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