Au Texas, une université sans censure

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Le « woke » est la plaie des campus américains. Au nom de la lutte contre les inégalités et les injustices, cette démarche autorise une relecture de tous les enseignements avec comme résultat évident d’imposer un politiquement correct radical. Face à cette falsification du savoir, des professeurs ont décidé de créer à Austin (Texas) une université « libre ». En effet, pour les fondateurs, « les gens s’autocensurent et n’ont pas le genre de discussions vives qui étaient auparavant la marque de l’enseignement supérieur ». Ils estiment que « tant de choses sont brisées en Amérique » et considèrent que « l’enseignement supérieur pourrait être l’institution la plus fracturée de toutes ». Face à cette censure – ou autocensure –, l’université proposera donc « des discussions animées sur les questions les plus provocatrices qui conduisent souvent à la censure dans de nombreuses universités ». Un programme d’été sera intitulé « cours interdits ». Une volonté donc de pied de nez face à l’enseignement officiel.

L’Université d’Austin ne délivrera pas pour le moment de diplômes, mais elle envisage de s’organiser progressivement pour offrir des programmes. Ainsi, plusieurs masters en entrepreneuriat et leadership sont prévus à l’automne 2022 et un master en politique, histoire, éducation et service public sera mis en place en 2023.

Si cette création a été décriée, les fondateurs ont cependant réussi à obtenir dix millions de dollars en six semaines. Une somme suffisante pour créer un établissement. Cette université aura comme président Pano Kanelos, ancien président du St John’s College d’Annapolis. On y retrouve aussi Bari Weiss, qui avait démissionné du New York Times à qui elle reprochait de « céder aux critiques de Twitter », ou Kathleen Stock, professeur de l’université de Sussex, forcée de démissionner pour avoir déclaré que « l’affirmation selon laquelle les femmes trans sont des femmes est une fiction » (cf. les brèves culturelles en pages 6 et 7 de cette édition).

Cette nouvelle université veut être d’un prix abordable et entend être moins chère que les établissements classiques dont les coûts avoisinent 30 000 dollars par an. La mise en place d’universités « alternatives » vaccinées contre la pensée dominante est un phénomène encore limité mais révélateur d’un refus d’un discours « officiel ». En 2018, Marion Maréchal a créé à Lyon l’Institut des sciences sociales, économiques et politiques (ISSEP) qui avait même réussi à se développer à Madrid en 2020. En Pologne, une université privée a aussi été créée il y a quelques mois : le Collegium Intermarium, qui entend apporter une liberté intellectuelle dans un monde universitaire dominé par le progressisme. Le 1er octobre 2021, cette université avait organisé une conférence intitulée « Les lieux de vérité à l’époque de la cancel culture ». La création de l’Université d’Austin traduira-t-elle un mouvement durable des deux côtés de l’Atlantique ? •

François Hoffman

 

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