Après une lettre envoyée au roi d’Espagne par 73 officiers à la retraite le 25 novembre dernier, 271 militaires également retraités ont publié la semaine dernière un manifeste pour dénoncer les attaques du gouvernement socialo-communiste de Pedro Sánchez contre la démocratie et la monarchie.
Signé par des généraux, des lieutenants-généraux, ainsi que d’autres officiers et soldats à la retraite, le manifeste en question réitère grosso modo les inquiétudes exprimées dans la missive adressée au roi Felipe VI. Une missive rédigée et signée par près de la moitié des membres encore en vie de la 23e promotion de l’Académie générale militaire de Saragosse, ce qui veut dire qu’ils étaient entrés à l’académie militaire en 1964.
Dans leur lettre au roi, les officiers à la retraite dénonçaient « l’état de détérioration » dans lequel se trouve aujourd’hui, selon eux, la nation espagnole, « les attaques incessantes, de la part de membres du gouvernement », contre le Chef de l’Etat, c’est-à-dire en Espagne le monarque lui-même, la remise en cause des acquis de la Constitution de 1978, les attaques contre le pouvoir judiciaire et les tentatives pour le mettre au service de l’exécutif (notamment par la nomination d’une ministre socialiste comme procureur général), les atteintes à la liberté d’expression et au droit à une information impartiale (que les signataires estime violé par les nominations politiques à la télévision publique), ainsi que la volonté de contrôler tous les médias. Ce dernier reproche contenu dans la lettre adressée à Felipe VI semble être une allusion à la création par le gouvernement de Sánchez d’un Comité de la Vérité gouvernemental chargé de faire la chasse aux bobards médiatiques.
Pour les signataires, « le gouvernement de coalition entre le Parti socialiste et Podemos, soutenu par les sympathisants de l’ETA et les indépendantistes, menace de briser l’unité nationale ». Leur lettre était envoyée au moment où le gouvernement minoritaire de Sánchez, formé par le parti socialiste (PSOE) et l’alliance du parti d’extrême gauche Podemos et des communistes (Unidas Podemos), cherchait des appuis pour le budget 2021. Des appuis trouvés au sein des partis qui avaient permis son investiture, y compris chez les indépendantistes catalans et l’extrême gauche basque, c’est-à-dire le parti Bildu auquel il est reproché d’avoir toujours refusé de condamner l’ETA.
Le journal de gauche El País, qui a publié le premier le contenu de cette lettre le 29 novembre, dénonce un texte qui reprendrait à son compte le discours de Vox, le parti de la vraie droite conservatrice. Le ministre de la Défense Margarita Robles a, elle aussi, violemment critiqué devant le parlement ces 73 militaires à la retraite qui prétendraient selon elle impliquer le roi dans une attaque contre le gouvernement. Néanmoins, étant retraités, rien ne les empêche aujourd’hui d’exprimer ouvertement leurs opinions, comme c’est aussi le cas pour les 271 signataires du manifeste de la semaine dernière.
Un manifeste qui dénonce la détérioration de la démocratie en Espagne, notamment du fait de l’imposition d’une pensée unique et par les attaques constantes contre les symboles de l’Espagne et la couronne favorisées par la permissivité du gouvernement et ses concessions aux indépendantistes. •
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