Dans une de nos récentes chroniques néo-confédérées, nous avons salué ces Noirs qui, notamment dans les Etats du Sud des Etats-Unis, dénoncent – avec un grand courage car c’est risqué – les campagnes racistes de Blacks idéologisés et manipulés par des Blancs d’extrême gauche. Plus récemment encore, nous avons parlé de ces Afro-Américains qui, bien avant la guerre dite de Sécession, avaient possédé des esclaves noirs.
Il nous reste à dire – car, si on ne le fait pas, qui d’autre le fera – ces Noirs sudistes qui, pendant la guerre d’invasion yankee (1861-1865) se sont battus dans les rangs de l’armée confédérée. Au coude à coude avec les Blancs. Sous le même uniforme et partageant les mêmes galères.
Dans l’automne 1861 (la guerre a débuté mi-avril), Frederick Douglas, Afro-Américain et abolitionniste lobbyiste, écrit : « Il y a, en ce moment, de nombreux hommes de couleur dans l’armée confédérée, servant comme soldats, avec des fusils à l’épaule et des balles dans leurs poches. » Chose impensable à l’époque dans l’armée nordiste. Sherman a été catégorique : « Pas question d’armer des Nègres ! » Et, quand ce sera finalement le cas plus tard (au sein de Colored Troops, pas question de coude à coude chez les Nordistes), Grant n’intégrera aucun Noir dans son armée du Potomac.
Combien y eut-il de soldats noirs dans l’armée sudiste ? Plusieurs milliers. On connaît le nom, l’origine, le grade, la spécialité de nombre d’entre eux. Comme, par exemple, Horace King, un Noir affranchi, ingénieur spécialiste des ponts et chargé de la construction, excusez du peu, des navires de guerre confédérés. Ou Sam Ashe, non affranchi, lui, passé à la postérité pour avoir tué le premier officier nordiste au tout début de la guerre, le major Theodore Winthrop. Ou encore le private John W. Buckner, gravement blessé en repoussant un assaut du 54th Massachusetts Regiment (des Colored Troops).
L’histoire a retenu que c’est un Noir, George Wallace, qui se trouva aux côtés du général Lee lors de la reddition à Appomattox. Il sera par la suite élu sénateur de Géorgie et honorera son mandat en s’opposant politiquement aux occupants yankees. Aux côtés également d’un des plus grands héros confédérés, Stonewall Jackson, un Noir farouchement pro-sudiste, Jim Lewis. Il aura cet honneur de conduire Sorel, le cheval de Stonewall Jackson, lors des funérailles de ce dernier.
Et côté nordiste ? Pour avoir affranchi des esclaves à St. Louis, Missouri, le général Fremont fut désavoué par Lincoln, cet escroc humanitariste, et limogé. Les esclaves présents à Washington, capitale des « émancipateurs », durent attendre avril 1862 (un an après le début de la guerre) pour être libérés de la servitude, et encore pas tous… Pendant tout le conflit, l’esclavage fut maintenu dans cinq Etats sous contrôle des Nordistes : Delaware, Virginie occidentale, Kentucky, Missouri, Maryland.
A la différence de la Constitution yankee, une clause de la Constitution sudiste interdisait la poursuite des ventes d’esclaves. A la demande du général Lee, les Etats confédérés affranchiront tous les esclaves ayant choisi d’intégrer l’armée sudiste. Cet aspect de la guerre, à front renversé pourrait-on dire, a longtemps fait l’objet d’une omerta. Parce que reconnaître que des Noirs s’étaient battus pour une cause – la Cause avec un grand C comme on dit dans le Sud – qui, dans l’esprit des Américains formatés, relevait exclusivement du maintien de l’esclavage, était inacceptable pour des idéologues uniquement concernés par leur idéologie et négateurs (pour ne pas dire négationnistes) des réalités historiques.
Ce sont bien souvent des Afro-Américains qui ont – et avec une autorité qu’on ne pouvait guère leur discuter – brisé cette omerta. Comme Nelson W. Winbush, éducateur de son état, qui emploiera toute sa retraite à donner des conférences sur son ancêtre, le soldat noir Louis N. Nelson, engagé sous l’uniforme gris. Professeur afro-américain à l’université de Baton Rouge, Louisiane, Leonard L. Hayes consacrait ses cours à l’histoire des soldats noirs confédérés. C’est à un autre professeur d’université, Edward Smith, Afro-Américain lui aussi, qu’on doit une vidéo incontournable (et toujours disponible) : Black Southern Heritage. Ernest A. Griffin, un Noir de Chicago, fit flotter jusqu’à sa mort le drapeau sudiste sur sa propriété et érigea à ses frais un monument à la mémoire des 6 000 soldats confédérés prisonniers sur ladite propriété, ancien site d’un camp de la mort yankee, le Camp Douglas. Etc.
Rappelons in fine que les derniers combattants sudistes rétifs à rendre les armes, alors que Lee allait signer la reddition, furent des cavaliers noirs (et il fallut l’intervention de Lee pour qu’ils acceptent de se rendre). Comme le général confédéré Stand Watie, un Cherokee qui poursuivit les combats plusieurs semaines après Appomattox, ils auraient pu dire : « Lee s’est rendu ? Pas nous ! »
Photo : « Souvenez-vous des soldats noirs confédérés et honorez-les » (autocollant fréquent sur les pare-chocs des voitures dans le Sud).
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On pourrait aussi rappeler que le dernier général de l’armée sudiste à s’être rendu était un ….
… amérindien !