Le chef de l'exécutif hongkongais Carrie Lam a annoncé le 4 septembre que le projet de loi controversé sur les extraditions vers la Chine allait être définitivement retiré, une concession majeure aux manifestants.
«Le gouvernement retirera officiellement le projet de loi afin d'apaiser complètement les inquiétudes de la population», a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée par ses services.
Ce texte, qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale, est à l'origine de la crise politique qui secoue l'ex-colonie britannique depuis trois mois. Après des premières manifestations massives, Carrie Lam avait annoncé mi-juin qu'il était suspendu. Craignant qu'il ne ressorte un jour, les opposants à ce projet n'ont pas cessé depuis d'exiger son retrait officiel et définitif.
Hong Kong traverse sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions quasi-quotidiennes qui ont parfois dégénéré en violences. Une situation inédite à laquelle les autorités de la région semi-autonome peinent à répondre. «Ce retrait officiel est une tentative de calmer la situation», a déclaré une source non identifiée au quotidien South China Morning Post.
Des médias hongkongais avaient révélé l'information peu auparavant, faisant ainsi bondir les cours de la Bourse, qui a clôturé en hausse de près de 4%, alors qu'elle avait perdu plus de 10% depuis le début des manifestations.
Le plus souvent, au cours de ces trois derniers mois, Carrie Lam a adopté un ton provocateur, semblant ne pas vouloir ou ne pas être en mesure de faire des concessions. Le 3 septembre, lors d'une conférence de presse, elle a affirmé n'avoir aucune intention de démissionner, après la fuite d'un enregistrement audio dans lequel elle disait vouloir quitter son poste et n'avoir qu'une marge de manœuvre «très limitée» pour régler la crise, devenue une affaire de sécurité nationale et de souveraineté pour les autorités centrales chinoises.
De son côté, Pékin, avait également semblé vouloir calmer le jeu. Le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang, avait assuré, le 3 septembre, que les habitants de l'île «y compris les jeunes étudiants», avaient le droit de manifester «pacifiquement».
L'annonce du retrait définitif du projet ne semblait pas, ce 4 septembre, avoir apaisé la colère des militants. Des commentaires furieux sont aussitôt apparus sur les différents forums utilisés par les manifestants, soulignant notamment qu'un retrait du projet de loi ne mettrait pas fin aux protestations.
«Plus de 1.000 personnes ont été arrêtées, un nombre incalculable de blessés», indiquait notamment un message largement diffusé sur l'application de messagerie Telegram, avant d'ajouter : «Cinq exigences majeures, pas une de moins. Libérez HK, la révolution maintenant». Les manifestants demandent notamment l'introduction du suffrage universel ou encore l'ouverture d'une enquête indépendante sur l'usage de la force par la police hongkongaise.
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