Loi restrictives sur les armes. Une loi dangereuse. Votation du 19 mai 2019.

Frank Leutenegger
Journaliste, retraité RTS,  www.swissguns.ch

Une loi dangereuse

 

La question du terrorisme était l'argument numéro un pour nous faire accepter une nouvelle  loi fédérale sur les armes décidée par  la Commission européenne.  Mais Madame la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, nous l'a affirmé, ce n'est pas (plus ?) ça l'important, mais la sécurité publique en Suisse. La loi permettra notamment de mieux suivre les armes utilisées abusivement, dit-elle.

 

Et ses amis rouges s'enthousiasment: une Kalachnikov de moins dans les ménages, c'est un suicide de moins et une épouse plus tranquille. Car, chacun le sait, nos AK-47 ne servent qu'à trucider nos familles, avant de nous donner la mort. Quant aux criminels (non, non, on ne parle plus de terroristes), on pourra si facilement les repérer par leurs arme enregistrées et numérotées.

 

L'essentiel de la loi tient dans la difficulté accrue de se procurer et de détenir des armes semi-automatiques, pourvues de magasins de grande capacité. C'est exactement le type de lois qu'on trouve déjà en France, en Allemagne et ailleurs. Pas en Angleterre, où une carabine à plomb peut vous envoyer au poste !

 

Et que constate-t-on dans les pays voisins dont les lois garantissent une sécurité publique si remarquable ? Un marché noir florissant et une insécurité effrayante

 

Marché noir

 

En France, en Allemagne, en Belgique, on peut se procurer fusils d'assaut (pas semi, mais tout à fait automatiques), pistolets, explosifs, etc. Ces armes traversent sans problème toute l'Europe, depuis les Balkans et s'achètent - même pas si cher - à Bruxelles, Paris ou Marseille, sans présenter de  permis. Les derniers attentats en France et en Belgique, en 2015 et 2016, sont censément à l'origine de la nouvelle directive sur les armes. Ils ont tous été commis avec des armes du marché noir. Certaines avaient été démilitarisées, puis remises en état par des armuriers du milieu.

 

En Suisse, avec nos lois laxistes, ce marché noir n'existe pas. Pas encore, mais, quand on voit nos prisons peuplées aux 3/4 par des étrangers, dont un bon nombre en provenance de ces Balkans où`les AK-47 semblent pousser sur les arbres…

 

Si la loi sur les armes est acceptée, elle va créer une nouvelle catégorie d'armes, achetées en leur temps sans problème, sans le moindre papier pour la plupart, qui seront désormais interdites, impossibles à négocier  sur le marché légal. Il ne restera plus pour elles que le marché noir. Et la clientèle sera là !

 

Insécurité

 

Dans les pays de l'Union européenne, on connaît déjà ce qu'on appelle des zones de non droit. Dans la ceinture parisienne, par exemple, taxis, ambulanciers et même pompiers et policiers refusent de se rendre de nuit dans certaines cités (St-Denis, Mantes-la-Jolie, entre autres). Dans d'autres quartiers de grandes villes européennes, on conseille aux jeunes filles de sortir voilées, pour ne pas être agressées. Ailleurs, on ne publie plus les informations sur la violence urbaine et les viols, pour ne pas alarmer la population. Savez-vous depuis combien de temps la France ne divulgue plus le nombre de voitures brûlées chaque année, surtout en période de fêtes ?

 

En Suisse, avec nos lois laxistes, nous n'en sommes pas encore là. Même si, grâce à la bienveillance de nos autorités, on court vers ce but. Ma petite fille n'a pas encore peur de sortir le soir, mais elle évite déjà certains quartiers de Lausanne, après une certaine heure.

 

Si la loi sur les armes est acceptée, nous aurons le marché noir et l'insécurité.

 

Mais, le 19 mai, nous voterons NON !

 

Frank A. Leutenegger,  8 avril 2019

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