“La sortie du nucléaire n’est pas une voie à suivre”, dit Jean-Marc Jancovici ; RTS, 3.12.2019

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Modifié à 13:52

"La sortie du nucléaire n'est pas une voie à suivre", dit Jean-Marc Jancovici

 

L'invité de Yann Amedro (vidéo) - Jean-Marc Jancovici, membre du Haut conseil pour le climat du gouvernement français La Matinale / 14 min. / à 06:30

Président du laboratoire d'idées "The Shift Project", l'ingénieur français Jean-Marc Jancovici a relevé jeudi que la sortie du nucléaire décidée par la Suisse n'est pas forcément le remède face aux problèmes climatiques.

"Vous avez décidé que vous ne remplaceriez pas vos centrales nucléaires, vous n'avez pas dit par quoi, ou plus exactement, il y a un doute", a déclaré dans La Matinale Jean-Marc Jancovici. "Alors si on peut doubler le nombre de barrages en Suisse, ça va bien question CO2, mais si on remplace (le nucléaire) par des centrales à gaz, les émissions augmenteront. Et si on ne veut pas les augmenter, la sortie du nucléaire n'est pas une voie à suivre..."

A l'heure où Donald Trump s'est retiré de l'accord de Paris, le spécialiste du climat pointe la Suisse du doigt, en rappelant que "l'empreinte carbone d'un Suisse, soit la totalité des émissions qui lui permettent d'avoir les produits et services qu'il utilise, n'est pas très loin des Etats-Unis. Les Suisses utilisent beaucoup l'avion et ils achètent beaucoup de produits qu'ils ne peuvent pas fabriquer chez eux."

"Choisir ou subir la décroissance"

Membre du récent Haut conseil français pour le climat, il note aussi "qu'en Europe et dans la zone de l'OCDE de manière plus large, depuis 2007, on a déjà commencé à observer un ralentissement très fort lié à la difficulté croissante d'approvisionnement en matière première."

Partant de ce constat, il convient qu'il est très difficile d'être à la fois "pro planète et pro business". "Aujourd'hui, quand on fait croître les indicateurs économiques, nulle part on ne compte le fait qu'on va consommer une partie de la planète Terre. Alors la décroissance on va l'avoir de toute façon, la seule question c'est: est-ce qu'on la choisit ou est-ce qu'on la subit?"

Propos recueillis par Yann Amedro

Adaptation web: Lara Gross

Publié à 08:59 - modifié à 13:52

Haut conseil français pour le climat, "un effet de façade"

Jean-Marc Jancovici se doute que tous ne sautent pas de joie à l'idée qu'une des solutions soit la décroissance. "Il n'y a pas de solutions faciles en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique, si c'était facile ça fait longtemps que le problème serait réglé!"

Le gouvernement d'Emmanuel Macron a créé il y a quelques semaines le Haut conseil français pour le climat, en pleine crise des "gilets jaunes". "Pour le moment le texte qui doit préciser exactement notre action n'est pas encore sorti, on sait qu'on attend de nous de donner un avis."

Cette commission donne-t-elle une bonne conscience écologique au gouvernement français? "Il y aura nécessairement un peu de ça, la création de cette instance relève de l'effet de façade, mais c'est ce qu'on arrivera à en faire qui compte, notamment la portée médiatique de nos avis."

4 commentaires

  1. Posté par Antoine le

    Les énergies renouvelables (EnR) intermittentes (éolien et panneaux solaires photovoltaïques) ont démontré leurs limites ! Variabilité, intermittence et surtout la résolution du problème de stockage se fait attendre. Il existe pourtant le stockage de l’eau dans les barrages (énergie potentielle), production d’hydrogène (énergie chimique), stockage dans des batteries efficaces, stockage dans des volants d’inertie (énergie mécanique), etc …
    Actuellement le rendement de toutes ces possibilités de stockage ne donne malheureusement pas satisfaction !
    Le coût (Frs/kWh ou €/kWh) de l’énergie renouvelable est 4 à 6 fois le prix de l’énergie électrique actuelle.
    En 2050, l’humanité (8.7 à 10.8 milliards d’individus) consommeront encore au moins 50% d’énergie provenant du charbon … les émissions de CO2 n’étant pas responsable, dans son entier, des variations climatiques observées (Taxes CO2= arnaques), de plus les taxes ”écologiques” prélevées ne sont affectés à l’Écologie qu’à hauteur de 5% … (voir exemple de la France). Budget écologique 3 milliards, prévu pour l’écologie 180 millions environ, cela laisse songeur !
    Pour diminuer la pollution :
    – Limitation des naissances, SURTOUT EN AFRIQUE !
    – Éduquer tous les habitants de la Terre pour limiter et diminuer la pollution (recyclage de tous les déchets ou autres matériaux).
    – Éduquer tous les habitants de la Terre pour consommer rationnellement, pas d’une façon irrationnelle ou émotionnelle …
    – Que tous les constructeurs mettent sur le marché des équipements garantis minimum 10 ans et qu’ils soient réparables sur une période de 20-25 ans !
    – etc …
    Notre système capitaliste et de consommation DOIT ÊTRE revu et corrigé d’une manière volontariste !
    Sinon ce sera la catastrophe financière, économique, puis humaine …
    Agissons dans le bon sens ! Soyons optimistes, mais raisonnables.

  2. Posté par Marcassin le

    Socrate@LasVegas, je vous suis partiellement car le CO2 anthropique n’est de loin pas la cause du réchauffement climatique actuel, actuel car il s’agit surtout d’une variation climatique.
    François Gervais démontre que si l’Europe parvenait à réduire l’augmentation de l’émission de CO2 comme envisagé, on évite le réchauffement de la planète de 0.1°C (0.01°C pour la France).
    Et ceci par des investissement colossaux.
    Voir ici l’interview de François Gervais : https://www.youtube.com/watch?v=iK3G8wqqp_k

  3. Posté par Joufflu le

    La seule solution c’est de fournir une énergie électrique abondante et à bon marché. (ne serait-ce que pour des questions de pollution)
    Seule l’énergie nucléaire pourra satisfaire cette exigence.
    Même le GIEC a déclaré qu’il fallait multiplier par 6 le nombre de centrales nucléaires et l’on sera encore très loin du compte.

  4. Posté par Socrate@LasVegas le

    “Aujourd’hui, quand on fait croître les indicateurs économiques, nulle part on ne compte le fait qu’on va consommer une partie de la planète Terre. Alors la décroissance on va l’avoir de toute façon, la seule question c’est: est-ce qu’on la choisit ou est-ce qu’on la subit?”

    Exactement!
    Mais les consommateurs (je ne parle plus de citoyens, c’est désuet!) ne voient pas pourquoi ils devraient éviter de prendre l’avion pusiqu’ils en ont les moyens et que les low cost vendent maintenant des long courriers…
    Les gens qui veulent polluer (déplacements en avion dont le kérosène n’est même pas taxé et alors que le train allait très bien jusqu’ici, changer de voiture pour une toujours plus lourde, donc polluante même si électrique il suffit de voir d’où viennent les KW…, petits voyages parfois d’un WE en avion, etc…) se trouvent toujours des excuses, très peu arrivent à penser à la génération de leur propre descendance où seulement à se retenir de dépenser l’argent qu’ils n’ont parfois même pas…

    Mais le vrai problème est en fait TABOU: la surpopulation mondiale avec l’accroissement constant de l’empreinte écologique individuelle…Prenons l’immigration en Suisse d’africains: leur empreinte écologique passe presque instantanément de 0.3 à 3.5!!

    A noter que le seul accroissement de la population augmente l’empreinte énergétique individuelle même si l’on maintient le même comportement…

    Les 2 facteurs principaux influençant nos besoins énergétiques (le nombre d’individus et le confort exigé) vont tous les deux dans le mauvais sens…de plus ils ne sont JAMAIS contrebalancés par les innovations technologiques: oui les voitures consomment un peu moins (sur le catalogue) mais leur poids augmente constamment…tous les individus depuis l’âge de 10 ans ont un smartphone maintenant, les familles monoparentales en augmentation multiplient les besoins énergétiques, le mining du bitcoin consomme l’énergie de la Suisse, les Terres se raréfient avec l’expansion humaine qui en plus les pollue…

    Conclusion: la décroissance on va l’avoir de toute façon et on la subira!

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