Pologne : le putsch raté de la Commission européenne

post_thumb_default

 

De notre correspondant permanent à Varsovie. – C’est une première. Le premier vice-président de la Commission européenne chargé de l’État de droit, le socialiste hollandais Frans Timmermans, a annoncé mercredi que la Commission avait décidé de demander au Conseil européen de constater l’existence d’un « risque clair de violation grave par un État membre des valeurs visées à l’article 2 » (art. 7 du traité sur l’UE). Cet article 2 du traité stipule que « l’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. ». Mais en quoi consiste au juste ce « risque clair de violation grave » selon la Commission qui a approuvé à l’unanimité le lancement de cette procédure de sanction visant à priver un pays de ses droits d’État membre ?

Tout d’abord la Commission européenne, qui est en conflit depuis le début (notamment sur la question des « migrants ») avec le gouvernement et la majorité parlementaire du PiS arrivé au pouvoir après les élections présidentielles et législatives de 2015, s’arroge le droit de remplacer le Tribunal constitutionnel polonais en se prononçant sur la constitutionnalité des lois polonaises réformant la justice. Et puisqu’elle a décidé que ces lois votées au début du mois par le parlement polonais étaient non conformes à la constitution polonaise (notons au passage que Timmermans ne parle même pas le polonais), elle décrète que la Pologne viole l’État de droit mentionné à l’article 2 du traité sur l’UE.

La Commission se rend bien compte que la procédure de sanction contre la Pologne n’a aucune chance d’aboutir puisqu’il faudra dans la phase finale un vote à l’unanimité de tous les autres États membres. Or plusieurs pays, au premier rang desquels la Hongrie, ont déjà exprimé leur opposition. Mais en annonçant mercredi qu’elle enclenchait la première étape de la procédure prévue à l’article 7 – que les médias appellent « l’option nucléaire » –, elle voulait faire pression sur le président polonais Andrzej Duda afin qu’il ne signe pas la loi de réforme de la Cour suprême et la loi de réforme du Conseil national de la magistrature.

Pari raté pour la Commission : la réaction du président Andrzej Duda à la conférence de presse du Hollandais Timmermans, dont le parti travailliste a fait moins de 6 % aux dernières élections dans son pays, a été d’annoncer quelques heures plus tard qu’il signait ces deux projets de loi. La Pologne est donc aujourd’hui le fer de lance du combat pour le respect de la démocratie et de l’État de droit par les institutions européennes. En effet, si on laisse la Commission soutenue par les grands pays européens, dont la France (par la voix d’Emmanuel Macron et de Nathalie Loiseau, la ministre chargée des Affaires européennes), décider des lois de certains pays membres dans les domaines de compétence réservés aux nations en vertu des traités européens, cela voudrait dire que l’Union européenne n’est plus régie par ses textes de loi mais par le droit du plus fort. C’est la raison pour laquelle le Conseil européen aura sans doute du mal à rassembler les votes des 22 pays membres sur 28 nécessaires pour se saisir de cette procédure voulue par la Commission.

Cet article Pologne : le putsch raté de la Commission européenne est apparu en premier sur Présent.

 

Extrait de: Source et auteur

Suisse shared items on The Old Reader (RSS)

7 commentaires

  1. Posté par Antoine le

    La Pologne se fait mal traité par Bruxelles !
    La Suisse se fait mal traité par Bruxelles !
    Tous les pays qui ont un gouvernement fort (Pologne, Hongrie, etc …) ou beaucoup d’influence dans le monde de la finance se font attaquer frontalement.
    NON à la dictature de Bruxelles !

  2. Posté par SD-Vintage le

    Si le Conseil vote non, la logique voudrait que la Commission démissionne

  3. Posté par Aude le

    Pays de l’Europe RÉSISTANCE contre les Baillis faschistes de l’UE.
    A bas cette dictature digne d’Hitler.

  4. Posté par Claire le

    Reste à espérer que les Polonais continueront à faire ce qu’ils ont fait tout au long de leur tumultueuse histoire: Résister!

  5. Posté par Le Taz le

    Ne sont-ce pas des pratiques bolcheviques? Tous les jours la mafia toute puissante à Bruxelles se dévoile un peu plus, à un moment il va falloir faire le ménage car ces gens n’abandonneront jamais leur pouvoir de leur plein gré.

  6. Posté par Sitting bull le

    la Pologne devrait se venger en supprimant les milliards quelle donne généreusement a cette commission de tyran , de despote et de dictateur qui ne vaut pas mieux que le régime de Staline

Et vous, qu'en pensez vous ?

Poster un commentaire

Votre commentaire est susceptible d'être modéré, nous vous prions d'être patients.

* Ces champs sont obligatoires

Avertissement! Seuls les commentaires signés par leurs auteurs sont admis, sauf exceptions demandées auprès des Observateurs.ch pour des raisons personnelles ou professionnelles. Les commentaires sont en principe modérés. Toutefois, étant donné le nombre très considérable et en progression fulgurante des commentaires (259'163 commentaires retenus et 79'280 articles publiés, chiffres au 1 décembre 2020), un travail de modération complet et exhaustif est totalement impensable. Notre site invite, par conséquent, les commentateurs à ne pas transgresser les règles élémentaires en vigueur et à se conformer à la loi afin d’éviter tout recours en justice. Le site n’est pas responsable de propos condamnables par la loi et fournira, en cas de demande et dans la mesure du possible, les éléments nécessaires à l’identification des auteurs faisant l’objet d’une procédure judiciaire. Les commentaires n’engagent que leurs auteurs. Le site se réserve, par ailleurs, le droit de supprimer tout commentaire qu’il repérerait comme anonyme et invite plus généralement les commentateurs à s’en tenir à des propos acceptables et non condamnables.

Entrez les deux mots ci-dessous (séparés par un espace). Si vous n'arrivez pas à lire les mots vous pouvez afficher une nouvelle image.