La Suisse riche grâce à ses banques ?

 

20140607_TQP004_0 Ca vous parle ? En 2013, la Suisse a exporté 28.1 millions de montres, au prix moyen unitaire de 830 dollars ! (un chiffre très largement abaissé par les montres Swatch, dont les modèles se vendent entre 50 et 215 dollars).

La Suisse est numéro 1 mondial (en valeur), et pèse presque la moitié du commerce horloger mondial à elle toute seul, soit 45 %. Et son horlogerie a progressé deux fois plus vite que le PIB du pays.

L’horlogerie suisse, concentrée dans la “watch vallée”, près du lac Neuchâtel, a deux particularités :

• La première est qu’elle est génère des profits pharamineux dont les montants sont un témoignage à la beauté du capitalisme,

• et la seconde est que sous des abords classiques, elle est jalonnée de percées technologiques stimulées par l’esprit de la politique libérale du pays (où l’état n’intervient pas ou peu), qui permet l’usage de matériaux non traditionnels, qui peuvent dans le temps transformer l’industrie, et donc accroître encore la rentabilité du secteur.

Innovation à base de silicone - au prix d'une MasératiInnovation à base de silicone – au prix d’une Masérati

Et ce n’est que le troisième plus gros secteur suisse, derrière la pharmacie et l’industrie des machines.

A quelques kilomètres de la France qui plonge, la Suisse est en moyenne 20 places devant. Cherchez l’erreur.

La Suisse a le taux de chômage parmi les plus faibles du monde (3,2%). Elle occupe d’autres premières places :

- c’est la nation la plus innovante au monde (la France est 20ème),

- elle a la plus forte compétitivité, (la France arrive en 23ème position),

- son PIB est $80 400, (presque le double de la France, à $43 000),

- Elle est 9ème du classement de l’Indice de Développement Humain, (la France est 20ème),

- Au classement du bonheur de son peuple, la Suisse est de 3ème à 7ème selon les sondeurs, (la France arrive 25ème à 47ème).

Donc, à quelques kilomètres de la France qui plonge, la Suisse est en moyenne 20 places devant. La raison de cet abîme de différence repose sur l’application de – tenez vous bien – deux mots utilisés en France comme des insultes, ou bien avec dégoût : le libéralisme et le capitalisme. Cherchez l’erreur…

Et j’ajoute : libérale et capitaliste, deux traits politiques considérés dans les pays sous domination idéologique de gauche comme les pires ennemis du travailleur et de la justice sociale, la Suisse est la championne européenne de la cohésion sociale (2ème), la motivation des travailleurs est très élevée, et le système de formation très performant. Sans parler des salaires, où un équivalent du Smic a été proposé (et écarté lors d’un référendum)… à 3.270 euros par mois.

Voici ce que Adrian Steiner, PDG de Thermoplan, le fournisseur exclusif des machines à café des 23 187 Starbucks que compte la planète, dit de ses employés : « ils réfléchissent comme des entrepreneurs. Ils ont une vision globale de la production et s’adaptent. » C’est encore cela, le libéralisme, ce mot que de la gauche à la droite l’on emploie en se bouchant les narines..

L’info qui dérange : alors que l’on aime, par jalousie et goût de la caricature, réduire l’insolente santé économique de la Suisse à son secteur bancaire, ce dernier ne représentait en août 2012 que 9,3% de la création de valeur, soit moins de la moitié de ce que pèse l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux !

Cet article vous a intéressé ? Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les nouveaux articles de Dreuz, une fois par jour en fin d’après-midi.

 

Les médicaments, plus gros marché du pays, un tiers des exportations

D’après le «Tableau de bord européen de l’innovation», la Suisse est première d’Europe en matière d’innovation pharmaceutique. Par le nombre et la fréquence de publications scientifiques, le nombre de brevets déposés, ainsi que la vente de nouveaux produits, la Suisse est le pays qui affiche le plus gros excédent d’exportations de produits pharmaceutiques au monde.

Et elle n’est pas seulement un important site de production, mais aussi un pôle de recherche de premier rang international.

Cela, sans l’aide de l’Etat – enfin, disons plutôt parce que l’Etat ne s’en mêle pas : les dépenses publiques pour la recherche et le développement (R&D) ne sont que dans la moyenne européenne.

Mais ce tableau ne serait pas complet si je ne parlais pas du premier secteur du pays : L’industrie « MEM », c’est à dire les fabricants de machinerie industrielle, d’équipements pour le génie civil, d’appareils électriques et d’instruments de précision et de mesure (électrotechnique).

La Suisse est reconnue mondialement pour sa mécanique de précision. La micromécanique et la microélectronique sont largement ancrées dans certaines régions rurales, telles la vallée du Joux, mais également les villes de l’arc jurassien.

L’industrie MEM emploie 350.000 personnes et représente 19% du PIB de la Suisse.

C’est le premier secteur exportateur, avec 39,6% du total des exportations.

Les principales entreprises sont Saurer, Rieter, Schindler et ABB.

Ajoutons à cela :

• Les technologies de l’information (IT), où la Suisse se situe parmi les pays leaders,

• Les produits de haute technologie, qui génèrent l’essentiel du solde positif de la balance commerciale, et placent la Suisse, en quotes-parts total de ses exportations (24%), juste derrière la Chine (26%), Singapour (45%) et la Malaisie (43%).

• L’agroalimentaire, avec deux entreprises de rang mondial : Nestlé, avec plus de 9.000 collaborateurs, et Barry Callebaut, leader mondial des fabricants de produits à base de cacao et de chocolat,

• L’aéronautique et le spatial, 180.000 emplois, 5,6% du PIB,

• Le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), et bien entendu les organisations internationales.

Alors, qu’est ce qu’on fait ? On continue à se vautrer dans l’inculture économique, à mélanger libéralisme et chaos anarchique, capitalisme et semi esclavage, mondialisation et destruction des identités, où l’on fait preuve d’humilité, on se plonge dans les lectures économiques essentielles, on prend son destin en main en exigeant par le vote de ses élus qu’ils émergent de la pensée des terroirs industriels, et l’on se dit que rien n’est impossible, et que si des voisins si proches sont capables de le faire, on n’est peut-être pas plus bêtes qu’eux…

Pour aller plus loin : http://www.parkinson.ch/index.php?id=325

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Source :

economist.com

bilan.ch

blog.pourlespatrons.com

ecopme.be

journal.hautehorlogerie.org

bilan.ch

blog.alpict.com

donnees.banquemondiale.org

 

Extrait de: Source et auteur

Suisse shared items on The Old Reader (RSS)

Et vous, qu'en pensez vous ?

Poster un commentaire

Votre commentaire est susceptible d'être modéré, nous vous prions d'être patients.

* Ces champs sont obligatoires

Avertissement! Seuls les commentaires signés par leurs auteurs sont admis, sauf exceptions demandées auprès des Observateurs.ch pour des raisons personnelles ou professionnelles. Les commentaires sont en principe modérés. Toutefois, étant donné le nombre très considérable et en progression fulgurante des commentaires (259'163 commentaires retenus et 79'280 articles publiés, chiffres au 1 décembre 2020), un travail de modération complet et exhaustif est totalement impensable. Notre site invite, par conséquent, les commentateurs à ne pas transgresser les règles élémentaires en vigueur et à se conformer à la loi afin d’éviter tout recours en justice. Le site n’est pas responsable de propos condamnables par la loi et fournira, en cas de demande et dans la mesure du possible, les éléments nécessaires à l’identification des auteurs faisant l’objet d’une procédure judiciaire. Les commentaires n’engagent que leurs auteurs. Le site se réserve, par ailleurs, le droit de supprimer tout commentaire qu’il repérerait comme anonyme et invite plus généralement les commentateurs à s’en tenir à des propos acceptables et non condamnables.

Entrez les deux mots ci-dessous (séparés par un espace). Si vous n'arrivez pas à lire les mots vous pouvez afficher une nouvelle image.