Nos lecteurs nous écrivent. J.-A. Cramer interpelle le député Eric Bertinat
Cher Monsieur, en ce samedi pluvieux je lis dans la presse les projets pharaoniques que Genève destine à la culture, creusant ainsi la dette que cette ville se doit d'honorer, laissant le soin à nos enfants de le faire sans doute. Au nom de la culture pour tous qui fait pendant au concept de sport pour tous on justifiera d'un coeur léger l'agrandissement de la dette. En effet quel est le but de dépenser des millions pour abriter une activité aussi confidentielle que la danse contemporaine? Ne pourrait on trouver une salle de danse au sein du grand théâtre, qui ayant déjà un corps de ballet à entretenir et à exercer dispose pour ce faire de locaux appropriés et auquel un budget important de rénovation est entendu? Serait-ce déroger aux principes d'un mécénat efficace de s'autoriser à imaginer le regroupement des différentes formes de danses sous un même toit? Il est évident que les problèmes "d'ego" y jouent certainement un rôle important, car très probablement (et ici je spécule9 le directeur de la danse contemporaine aimerait diriger un instrument à qui son nom serait associé et tant pis pour le contribuable/mécène involontaire qui n'aura "qu'à" financer ce monument personnel honoré qu'il serait d'avoir dans sa ville un tel discret et coûteux instrument participant grandement à sa renommée mondiale. Quant au théâtre il en va de même. Qui est propriétaire de l'immeuble de la Comédie au Boulevard des philosophes? Ne pourrait-on caresser le projet fou de le vendre pour financer la nouvelle comédie au cas où cet immeuble appartiendrait à la Ville ou à l'Etat? Sinon quelle en serait l'utilité? Est ce là aussi un cas de promotion et de défense "d'ego"? Sachant que l'ex directrice de cette institution n'était pas d'un commerce facile et n'oublions pas qu'une fois ces bâtiments érigés, avec les dépassements de crédit courant dans ce genre d'entreprise il faudra les entretenir, les amortir, rétribuer du personnel qui les utilisera au moment même où des resserrements de budget sont plutôt à la mode.
Excusez -moi cher Monsieur pour ces quelques observations qui ne sont là que pour souligner une réaction de simple bourgeois genevois. Veuillez trouver ici l'expression de ma considération distinguée.
J.A.Cramer, 22 mars 2014

Bertina n’est en rien responsable de ça?