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Magdalena Martullo-Blocher apparaît comme un acteur politique incontournable, trois mois avant le lancement d’une nouvelle initiative populaire de ce parti, visant à anéantir l’accord bilatéral sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne («Begrenzungs-initiative»). D’autant plus que cette mère de trois enfants dirige une multinationale suisse, EMS-Chemie Holding AG, réalisant un chiffre d’affaires de près de deux milliards de francs (résultat de 2016). Et la moitié des recettes provient de divers pays européens. Entretien.
– Ne craignez-vous aucune conséquence de la nouvelle initiative populaire que prévoit de lancer votre parti, en janvier, sur les échanges commerciaux entre la Suisse et l’Union européenne?
– Non, je ne vois aucun problème pour les échanges commerciaux entre la Suisse et l’Union européenne. Seule une petite partie de leurs quelque 200 accords bilatéraux est en jeu dans cette affaire. Ces traités n’ont pas de lien direct avec le libre-échange.
– Ne voyez-vous aucun risque non plus dans ce suspense de deux ou trois ans précédant le scrutin populaire sur cette initiative?
– Cette initiative populaire prévoit en premier lieu un processus de négociations avec l’Union européenne pour la suppression de l’accord bilatéral sur la libre circulation des personnes. C’est seulement au terme d’un an de négociation sans solution que l’accord doit être dénoncé de façon unilatérale. Le degré d’incertitude n’est pas plus élevé.
– Quelle est votre évaluation des conséquences d’une éventuelle suppression de l’accord bilatéral sur la libre circulation des personnes?
– Je n’y vois pas de problème. Sans libre circulation des personnes, la Suisse aura aussi accès aux forces de travail nécessaires. Quant aux travailleurs non qualifiés, dont un grand nombre se trouve déjà au chômage en Suisse, ils ne pourraient simplement plus immigrer.
Suite: 24 heures
