Lausanne: L’église St-Laurent soutient les migrants mais elle n’en veut pas chez elle

Pour le collectif, les cas des personnes occupant Saint-Laurent sont emblématiques des situations vécues actuellement en Suisse par les migrants. Le mouvement demande un moratoire sur le renvoi de personnes vers l’Italie et un moratoire des personnes ayant des problèmes de santé physique ou psychique. «La Suisse doit traiter elle-même les demandes d’asile de ces gens», estime Jean-Michel Dolivo (groupe La Gauche POP-solidaritéS), membre du collectif de soutien, avocat et député au Grand Conseil vaudois. «Les Etats ont la possibilité de le faire en vertu des accords de Dublin, mais ils n’y ont jamais recours.»  Les autorités ont le devoir moral, politique et humain de défendre ces personnes». Pour l’avocat, le refuge dans une église offre une certaine sécurité aux occupants. Il n’imagine pas concevable que les autorités communales, propriétaires des lieux, cantonales ou ecclésiales soient prêtes à demander une évacuation de force.

Des demandes régulières ont été faites aux autorités des Eglises réformées et catholiques pour trouver un lieu pour établir ce refuge, explique Graziella de Coulon. Mais elles se sont avouées incapables de trouver une paroisse prête à les accueillir. Raison pour laquelle une occupation spontanée a été décidée. Ainsi dimanche, les militants et les migrants sont arrivés pour prendre possession du temple en fin de culte dominical. «C’était assez étonnant, raconte un paroissien, on venait de prier pour les migrants quand ils sont entrés avec leurs matelas. C’était, en fait assez désagréable de les voir arriver avec leurs revendications politiques sans beaucoup de respect pour le moment que nous étions en train de vivre.»

Xavier Paillard explique d’ailleurs que «nous avions une solution qui se dessinait en dehors de l’agglomération lausannoise, mais le collectif a refusé, car c’était trop compliqué et que cela manquait d’impact médiatique

L’église ne cherchera pas pour autant à faire évacuer les lieux de force: «On ne va pas porter plainte. Il est clair que nous ne voulons pas être à l’origine de l’arrestation de réfugiés, dont les conditions de vie sont déjà extrêmement fragiles», a-t-il ajouté.

L’église réitère son soutien aux requérants, rappelant notamment l’«énorme travail» de ses aumôneries auprès des centres d’accueil. «Ce que nous n’acceptons pas, ce sont les méthodes du collectif».

Source 1 Source 2