Remigration Summit 2026 : grand entretien avec Jean-Yves Le Gallou

À l’heure où la question migratoire sature l’espace politique européen, le Remigration Summit 2026, qui se déroulera à Porto le 30 mai prochain, entend franchir une étape supplémentaire en donnant à cette notion un cadre, des relais et une ambition continentale. Après avoir introduit en son temps la notion de « préférence nationale » dans le débat français, Jean-Yves Le Gallou analyse ici ce moment charnière : celui où un concept quitte les marges pour prétendre redéfinir les termes mêmes de la discussion politique.

Entretien

Le terme de « remigration » s’est imposé très rapidement dans le débat public. Comment analysez-vous cette accélération, et y voyez-vous un basculement comparable à celui qu’a connu en son temps la notion de « préférence nationale » ?

Le terme de remigration s’est imposé parce qu’il répond à une angoisse de submersion démographique désormais perceptible partout en Europe. Quiconque constate le Grand Remplacement est placé devant l’alternative suivante : s’en réjouir ou se prononcer pour la remigration. Affaire de cohérence. Grand Remplacement et remigration fonctionnent comme diastole et systole.

Comme pour la préférence nationale autrefois, on va observer le passage d’un mot d’abord diabolisé à un mot discuté. Le simple fait que le terme commence à être repris par les médias et déchaîne la fureur de l’extrême gauche marque déjà une victoire métapolitique. La remigration, c’est notre nouvelle frontière.

Remigration Summit 2026 : grand entretien avec Martin Sellner

Vous avez précisément contribué à faire entrer cette préférence nationale dans le débat français. Voyez-vous dans la remigration une simple extension de ce concept, ou un changement d’échelle et de nature ?

Il existe une continuité évidente entre préférence nationale et remigration. Mais la remigration va plus loin : elle ne concerne plus seulement les priorités sociales ou économiques, mais la question civilisationnelle elle-même. La préférence nationale organisait la priorité des nationaux, la remigration pose la question de la réversibilité des flux migratoires. On change effectivement d’échelle et de profondeur historique. Ceci étant, la préférence nationale reste un outil au service de la remigration en supprimant à la base les flux financiers qui encouragent l’immigration.

Le Remigration Summit 2026 marque une tentative de structuration à l’échelle européenne. Assiste-t-on, selon vous, à la constitution d’un véritable espace idéologique commun sur ces questions ?

Les contextes nationaux diffèrent, mais les préoccupations convergent fortement : sauvegarder le droit à la continuité des peuples historiques. Faire en sorte que l’Europe reste la terre des Européens, terre qu’ils jardinent depuis des millénaires. Le sommet de Porto vise précisément à structurer ces convergences et à créer des relais durables : Européens de bonne volonté, unissez-vous !

Depuis des années, vous insistez sur l’importance de la métapolitique. Considérez-vous que la bataille culturelle autour de la remigration est en train d’être gagnée, ou seulement engagée ?

La bataille culturelle n’est pas gagnée, elle est seulement engagée. Les forces d’extrême gauche et celles d’extrême centre – qui sont proches entre elles par leurs objectifs – restent extrêmement puissantes dans l’univers intellectuel et médiatique.

Ceci étant, la fenêtre d’Overton se déplace : il y a dix ans le Grand Remplacement était « une théorie raciste et complotiste d’extrême droite » (sic), aujourd’hui c’est un fait reconnu et même explicitement admis par l'extrême gauche (la "nouvelle France" de Jean-Luc Mélenchon). Il y a dix ans, le terme remigration émergeait à peine des limbes. Aujourd’hui les sommets de la remigration s’enchaînent : à Milan l’an dernier, à Porto le 30 mai prochain et à l’automne prochain en France. La métapolitique est un travail de long terme : il faut modifier les représentations mentales avant de modifier les lois. Sur ce point, il y a urgence.

Entre la formulation d’un concept et sa traduction en politique publique, il y a un saut considérable. Quels seraient, selon vous, les premiers leviers concrets permettant de passer du discours à l’action ?

Le premier levier est la maîtrise réelle des frontières : on ne passe pas !

Ensuite une pause générale de toutes les filières d’entrées : travail, études, regroupement familial, asile. Il faut également agir sur les aides, les naturalisations et les incitations au retour. Aucune politique n’est possible sans volonté politique claire et sans soutien populaire sollicité et assumé.

Les gouvernements européens durcissent leur rhétorique migratoire sans modifier en profondeur les flux. Est-ce, selon vous, un signe de conversion progressive ou une stratégie d’accompagnement de l’impuissance ?

Beaucoup de gouvernements tiennent aujourd’hui un discours plus ferme parce qu’ils sentent la pression de l’opinion.

Mais ces discours n’embrayent pas sur la réalité et les flux migratoires continuent souvent au même rythme. Sauf dans certains pays – le Danemark par exemple –, il existe donc un écart considérable entre la communication politique et les décisions effectives. Beaucoup de politiciens, hélas, cherchent surtout à contenir électoralement le mécontentement sans remettre en cause le modèle actuel.

La question juridique est souvent avancée comme un verrou majeur. Le droit actuel rend-il réellement impossible toute politique de remigration, ou s’agit-il d’un prétexte politique ?

Dans presque tous les pays européens, le pouvoir sur les politiques migratoires est dans les faits accaparé par les juges. Juges constitutionnels d’un côté qui censurent les lois ; juges judiciaires (ou administratifs) qui refusent d'appliquer les lois au nom de principes tirés de textes internationaux : Convention de Genève sur les réfugiés, Convention internationale des droits de l’enfant, Convention européenne des droits de l’homme. Le droit n’est jamais neutre : les juges procèdent à une surinterprétation idéologique de principes généraux. C’est pour cela que je propose de rendre le pouvoir sur l’immigration au peuple par référendum ou à travers la représentation parlementaire. C’est ce que j’appelle le JUGEXIT au service du MIGREXIT.

Parution : “Remigration. Pour l’Europe de nos enfants”, de Jean-Yves Le Gallou. Recension

Une partie de l’opinion reste réticente face à la radicalité du terme. Faut-il, selon vous, assumer cette radicalité ou travailler à reformuler le concept pour le rendre plus acceptable ?

Il faut assumer les mots justes, sans chercher en permanence à édulcorer le réel. Ni à nier l’existence de situations conflictuelles. La bataille des mots reste centrale. Nommer une réalité permet déjà de la penser politiquement. Pour autant il faut aussi expliquer concrètement ce que recouvre le terme remigration :

  1. La pause de toute immigration nouvelle.
  2. Le renvoi des clandestins.
  3. L’expulsion des délinquants.
  4. Le non-renouvellement du séjour des étrangers vivant de transferts sociaux.
  5. La déchéance de la nationalité des binationaux inassimilés et hostiles.

La notion d’assimilation, que l’on croyait dépassée, revient dans le débat. Peut-elle encore constituer une alternative crédible, ou est-elle désormais insuffisante face aux dynamiques à l’œuvre ?

L’assimilation a pu fonctionner dans des contextes historiques très différents : avec une immigration limitée en nombre et concernant des populations d’origine européenne et de religion ou de culture catholique.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui, ni par les volumes ni surtout par l’origine le plus souvent africaine ou arabo-musulmane. L’assimilation demeure possible pour des individualités, pas pour des masses. Il y a aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas la majorité du genre, pour reprendre Audiard…

La question est désormais celle des seuils, des masses et de la continuité historique et civilisationnelle. Ceci étant, tous les inassimilés ne sont pas ouvertement hostiles.

Enfin, si l’on se projette à l'horizon 2050, la remigration vous apparaît-elle comme une hypothèse politique réaliste, ou comme un cadre de pensée destiné avant tout à reconfigurer le débat ?

La remigration n’est pas seulement un cadre intellectuel destiné à rouvrir des possibilités politiques considérées comme interdites, elle est d’une urgence vitale. Sans remigration, les Européens d’Europe connaîtront le sort des Blancs d’Afrique du Sud. J’ajoute que certaines mesures concrètes peuvent parfaitement être mises en œuvre à moyen, sinon à court terme. L’enjeu de la prochaine présidentielle française doit dépasser la question du prix de l’essence : il doit devenir celui de l’essence du peuple.

Propos recueillis par Dimitri Fontana

Notes

  • Agenda : Jean-Yves Le Gallou prendra la parole à Porto le 30 mai prochain au Remigration Summit. Pour en savoir plus, rendez-vous sur remigrationsummit.com
  • Bibliographie : vient de paraître sur le sujet, en langue française, un ouvrage fondamental, sous la plume de Jean-Yves Le Gallou : Remigration. Pour l'Europe de nos enfants. À se procurer sur boutique.institut-iliade.com
  • Ressources : en langue anglaise, l'excelllent "whatis.remigration.eu" qui offre une définition très exhaustive.

Remigration Summit 2026 : grand entretien avec Martin Sellner

Le Remigration Summit 2026 se tiendra le samedi 30 mai 2026 à Porto. Rendez-vous paneuropéen consacré aux questions migratoires, identitaires et de souveraineté, l’événement réunira militants, essayistes, juristes, responsables politiques et créateurs de contenu favorables à une politique de rupture avec l’immigration de masse.

Le terme de « remigration », placé au centre des discussions, renvoie à l’idée d’un renversement des dynamiques migratoires actuelles par le retour des étrangers en situation irrégulière, des déboutés du droit d’asile, ainsi que, selon les sensibilités représentées, d’autres catégories jugées incompatibles avec les intérêts ou la cohésion des nations européennes. Comme lors des précédentes éditions, le sommet fait déjà l’objet d’une mobilisation hostile de plusieurs réseaux militants et politiques, signe que le sujet s’est imposé au centre du débat politique européen.

Parmi les intervenants les plus attendus figure Martin Sellner, militant autrichien né en 1989, essayiste et stratège politique connu pour avoir dirigé le mouvement identitaire en Autriche et pour son rôle intellectuel dans la diffusion du concept de remigration dans l’espace germanophone. Habitué des polémiques, des interdictions de conférences et des affrontements médiatiques, Sellner s’est imposé comme l’un des visages les plus connus de cette mouvance en Europe.

À l’heure où plusieurs pays européens durcissent leur politique migratoire sans remettre en cause les cadres qui l’ont produite, la question de la remigration quitte les marges pour entrer dans le débat public. Objectifs réels, faisabilité juridique, rapports de force politiques, liberté d’expression. nous avons interrogé Martin Sellner sur les ambitions du Remigration Summit 2026 et sur la recomposition idéologique en cours en Europe.

La remigration est le terme générique qui désigne et englobe un ensemble de politiques fiscales, culturelles, économiques, sociales, politiques et logistiques dont l'objectif est de prévenir le remplacement de la population par l'inversion des flux migratoires, restaurant ainsi la souveraineté, l'indépendance et l'identité des pays, par la défense de leur spécificité ethnoculturelle. - ReSum 2026

Entretien

Le Remigration Summit 2026 se tient à un moment où la question migratoire domine désormais une large part du débat européen. Quel objectif politique concret assignez-vous à cette édition ?

L’objectif central de l’édition 2026 du sommet ne se limite pas à des résultats politiques immédiats. Il s’agit avant tout d’un déplacement stratégique plus large dans le débat public. Nous menons un travail de long terme visant à normaliser le concept de « remigration » et à l’inscrire dans le débat politique courant.

Le sommet constitue un instrument métapolitique : un espace destiné à consolider notre vocabulaire, à rassembler des acteurs venus de différents pays et à donner une représentation professionnelle de notre mouvement. Nous voulons dépasser les débats nationaux isolés pour faire émerger un cadre européen commun autour de la remigration.

Le terme de « remigration » s’est largement diffusé ces derniers mois, tout en demeurant flou pour beaucoup. Quelle définition précise lui donnez-vous aujourd’hui ?

La remigration est un concept englobant qui dépasse largement la seule question des expulsions. Nous la définissons comme une inversion des flux migratoires destinée à préserver la continuité ethnoculturelle de l’Europe.

Cela comprend le retour des migrants en situation irrégulière et des déboutés du droit d’asile, mais aussi la réforme du droit d’asile et des règles de naturalisation, des incitations au retour volontaire accompagnées de programmes de réintégration, ainsi que la fin des naturalisations de masse.

Plutôt que de gérer ou d’intégrer une immigration continue, nous voulons un changement complet de système.

Visez-vous principalement le retour des clandestins et des déboutés du droit d’asile, ou un projet beaucoup plus large de réorientation démographique ?

Si les migrants en situation irrégulière constituent l’enjeu le plus immédiat, nous parlons également des résidents étrangers et même de sociétés parallèles non assimilées. L’immigration légale de remplacement doit également cesser.

Les naturalisations massives ont créé d’importantes sociétés parallèles. Nous voulons répondre à cela par des pressions économiques et culturelles, ainsi que par des politiques de retour volontaire.

Plusieurs gouvernements européens (Royaume-Uni, Allemagne, Suède, Italie, Danemark...) annoncent un durcissement migratoire tout en maintenant des niveaux d’entrées élevés. Y voyez-vous un véritable tournant ou un simple ajustement de communication ?

Je suis profondément sceptique face aux annonces actuelles des gouvernements concernant des politiques prétendument plus fermes. À mes yeux, beaucoup d’États européens adoptent un discours plus strict sans modifier réellement les lois.

Les moteurs structurels, le cadre juridique et les incitations économiques demeurent pour l’essentiel inchangés. De plus, ils ne parlent que d’immigration illégale, jamais d’immigration légale. C’est pourquoi des institutions comme Resum sont nécessaires, comme correctif neutre et indépendant.

Quels pays européens vous paraissent aujourd’hui les plus avancés vers une politique compatible avec vos idées ?

Au Danemark, au Royaume-Uni, en Pologne, en Suède et en Hongrie, nous observons déjà plusieurs exemples de politiques allant dans ce sens. Si l’on regarde l’Europe occidentale, je citerais surtout le Danemark et l’Italie, même si ces pays restent encore très éloignés de ce que nous jugeons nécessaire.

Le principal obstacle à la remigration est-il juridique, économique, moral ou simplement psychologique ?

Je pense que les principaux obstacles sont psychologiques et culturels. Le frein essentiel n’est ni l’argent, ni la logistique, ni le droit, mais l’absence de volonté des élites et l’impuissance politique des peuples européens.

Les contraintes juridiques et économiques sont secondaires. Elles n’ont d’ailleurs pas empêché des millions de personnes d’entrer illégalement et de rester sans droit au séjour. La remigration doit d’abord gagner la bataille des idées pour devenir une politique.

Vos opposants jugent vos propositions irréalistes à grande échelle. Quelle serait, selon vous, une première étape crédible applicable dès demain ?

La remigration n’est pas irréaliste. Ce qui s’est révélé irréaliste, c’est le multiculturalisme, qui a échoué dans les faits. Nos propositions n’ont jamais été réellement mises en œuvre, et il faudrait au moins les essayer.

Nous demandons d’abord une application cohérente et renforcée des lois existantes, puis une adaptation logique de ces lois à la situation actuelle.

Beaucoup d’Européens constatent les tensions liées à l’immigration, mais hésitent encore devant la radicalité du mot remigration. Comment les convaincre ?

Je pense que la réalité est notre meilleur allié pour convaincre ces personnes. Chaque jour, elles constatent l’échec de l’ancien système. Le fait que la remigration ait été présentée comme une alternative radicale joue en réalité en notre faveur. De plus en plus de gens souhaitent quelque chose de radicalement différent.

Nous accélérons la normalisation du terme en expliquant notre projet et en transformant la diabolisation menée contre nous en publicité involontaire.

Où placez-vous la frontière entre assimilation réussie et échec durable de l’intégration ? Une personne née en Europe, légalement citoyenne, issue d’une immigration récente, entre-t-elle ou non dans votre cadre politique ?

À mes yeux, l’assimilation doit être l’objectif de toute naturalisation : la personne qui obtient la citoyenneté doit opérer un changement profond, en alignant son identité et son mode de vie sur la continuité ethnoculturelle de la société qu’elle choisit comme nouvelle patrie. Cela peut fonctionner si les cultures sont compatibles et si l’immigration n’est ni trop rapide ni trop massive.

En revanche, les millions de personnes arrivées pour des raisons économiques et rapidement naturalisées ne sont, selon moi, pas assimilées. Tous les citoyens sont égaux devant la loi, cela est clair. Mais il faut des politiques culturelles et économiques favorisant l’assimilation ou incitant à la remigration. Il faut d’abord mettre fin aux naturalisations de masse.

Le traitement médiatique dont vous avez fait l’objet a-t-il limité votre influence ou, au contraire, renforcé votre audience ?

La tentative de diaboliser la remigration à travers ma personne a été un exemple parfait de l’effet Streisand. La diabolisation s’est transformée en promotion. Des millions de personnes ont entendu parler de remigration pour la première fois grâce à cette campagne médiatique hostile.

Lorsqu’elles se sont renseignées par elles-mêmes, elles ont découvert, selon moi, qu’on les avait trompées. Il s’est produit un phénomène comparable durant la période du Covid. Plus ils mentent à notre sujet, plus nous devenons forts.

Vous avez subi interdictions, campagnes hostiles et tentatives d’isolement. Qu’est-ce que cette séquence vous a appris sur l’état des libertés publiques en Europe ?

J’ai été privé de services bancaires, exclu de plateformes, empêché d’entrer dans plusieurs pays. J’ai comparu à de nombreuses reprises devant les tribunaux, subi des perquisitions, et été attaqué par des militants d’extrême gauche.

J’en conclus que les États d’Europe occidentale ne sont pas de véritables démocraties, mais des simulations de démocratie. Vous bénéficiez de libertés tant que vous votez et agissez conformément à l’idéologie dominante.

Si vous défendez une opinion dissidente avec efficacité, vous êtes traité différemment. Il n’existe donc pas, selon moi, de véritable liberté d’opinion en Europe, car la dissidence y a un coût élevé.

Considérez-vous l’Union européenne comme réformable sur ces sujets, ou structurellement engagée dans la logique inverse ?

Il existe certains signes positifs dans l’Union européenne, comme le récent référendum sur les centres de retour. Mais, en l’état, l’UE est dirigée par des élites multiculturalistes et mondialistes de gauche. Selon moi, elles utilisent nos ressources et la puissance des institutions pour imposer leur agenda, influencer les élections et restreindre la liberté d’expression. À terme, nous avons besoin d’une réforme patriotique de l’Europe.

Le nationalisme ancien modèle n’est pas l’avenir. Une coopération à plusieurs niveaux est nécessaire. Reste à savoir si l’Union actuelle peut être réformée ou s’il faudra bâtir autre chose.

Comment jugez-vous l’évolution des partis autrefois qualifiés de populistes lorsqu’ils approchent du pouvoir ?

Puisque nous croyons à la force de la métapolitique, une victoire électorale ne suffit pas à changer les choses. Nous avons vu à de nombreuses reprises que des partis arrivés au pouvoir sans appui solide dans les médias, le militantisme, le lobbying ou les institutions culturelles échouent à exercer réellement leur pouvoir.

Très souvent, les partis populistes oublient leurs idéaux ou renoncent face à ce qu’ils considèrent comme un État profond de gauche entravant chacune de leurs décisions. Seule une force métapolitique puissante, extérieure au parti, peut créer la dynamique nécessaire à un véritable changement politique.

Si rien ne change fondamentalement, à quoi ressemblera l’Europe en 2050 ?

Si rien ne change, l’Europe de 2050 sera un lieu totalement différent. Elle aura davantage changé en quelques décennies qu’au cours des cinq mille années précédentes de son histoire. À la place des États-nations ou d’une Europe puissante et unie, nous aurons, selon moi, un espace post-démocratique dominé par des clans étrangers et contrôlé par des acteurs non européens.

Les Européens autochtones connaîtront le sort des chrétiens du Liban ou des Blancs d’Afrique du Sud. Ils devront lutter chaque jour pour leur survie, tout en étant exploités par un État devenu étranger à leurs intérêts. Seule la remigration permettrait d’éviter ce scénario.

Propos recueillis par Dimitri Fontana, 22/04/2026

Notes

  • Agenda : pour en savoir plus sur le "Remigration Summit 2026" qui se tiendra à Porto (Portugal) le 30 mai prochain, rendez-vous sur remigrationsummit.com
  • Bibliographie : vient de paraître sur le sujet, en langue française, un ouvrage fondamental, sous la plume de Jean-Yves Le Gallou : Remigration. Pour l'Europe de nos enfants. À se procurer sur boutique.institut-iliade.com
  • Ressources : en langue anglaise, l'excelllent "whatis.remigration.eu" qui offre une définition très exhaustive.

Parution : « Remigration. Pour l’Europe de nos enfants », de Jean-Yves Le Gallou. Recension

Paru récemment, Remigration. Pour l’Europe de nos enfants (Jean-Yves Le Gallou) s’inscrit dans une séquence où ce terme de « remigration » s’impose progressivement dans le débat public. Encore marginal il y a quelques années, il tend désormais à entrer dans le vocabulaire courant, au point de devenir un point de fixation des discussions sur l’immigration, en particulier en Suisse. Ce succès rapide ne va pas sans susciter interrogations, voire inquiétudes, tant le mot semble chargé d’implications lourdes.

Dans ce contexte, l’ouvrage arrive à un moment opportun. Il propose de donner une définition claire et structurée d’un concept souvent invoqué et déformé, mais rarement explicité. Son auteur, Jean-Yves Le Gallou, théoricien français connu notamment pour avoir popularisé la notion de « préférence nationale », s’attache ici à formaliser une idée qui circule déjà, mais de manière diffuse.

Un mot qui inquiète : comprendre avant de juger

Le livre s’ouvre sur un terme qui, à lui seul, suffit à susciter des réactions immédiates. « Remigration » est un mot qui dérange, souvent rejeté avant même d’être examiné. Sa charge polémique tient autant à ce qu’il évoque qu’à ce qu’on lui prête. L’auteur part de ce constat : il est devenu difficile d’en discuter sereinement, tant le mot est saturé d’images et d’interprétations.

Il s’attache donc à en préciser le sens. La remigration est définie comme un ensemble de politiques visant à réduire la présence étrangère sur un territoire donné. Cette réduction peut emprunter différentes voies : arrêt des flux migratoires, incitations au retour, expulsions ciblées. L’ambition est claire : penser un mouvement inverse à celui de l’immigration, dans une logique assumée de rééquilibrage.

Ce point de départ s’accompagne d’un déplacement du regard. Là où le débat public s’est progressivement centré sur les trajectoires individuelles des migrants, le livre revendique une approche fondée sur les sociétés d’accueil, leurs équilibres et leur continuité. Ce renversement de perspective constitue l’armature de l’ensemble.

Un raisonnement ancré dans l’histoire et la démographie

Pour étayer son propos, l’auteur inscrit la remigration dans une perspective de longue durée. Il mobilise des exemples historiques (reconquêtes, décolonisations, déplacements de populations) afin de montrer que les recompositions démographiques ne sont pas des accidents, mais des phénomènes récurrents. L’objectif est de banaliser le concept en le replaçant dans une continuité historique.

À cette lecture s’ajoute une dimension identitaire. Le livre repose sur l’idée d’une continuité des peuples européens, envisagés comme des ensembles historiques et culturels relativement stables. La notion de « peuple premier », appliquée à l’Europe, joue ici un rôle central : elle fonde une légitimité particulière à la préservation de ces équilibres.

L’argumentation s’appuie également sur des données démographiques. L’auteur décrit une transformation progressive des populations européennes, liée à la fois aux flux migratoires et aux dynamiques de natalité. Dans cette optique, la remigration est présentée comme une réponse à une évolution jugée structurelle, et non conjoncturelle.

Une critique des équilibres contemporains

Le diagnostic posé est sans ambiguïté. Les sociétés multiculturelles sont décrites comme intrinsèquement instables, traversées par des tensions que la coexistence de groupes aux référentiels différents tendrait à accentuer. Loin de l’idée d’un enrichissement mutuel, c’est une logique de fragmentation qui est mise en avant.

Ce constat s’accompagne d’une critique des cadres juridiques actuels. Le livre insiste sur les limites imposées par le droit international et par le rôle des juridictions, perçus comme autant d’obstacles à l’action politique. La question de la souveraineté est ici centrale : il s’agit, pour l’auteur, de redonner aux États la capacité de décider librement de leur politique migratoire.

L’ensemble s’inscrit dans une lecture plus large du déclin européen. L’immigration y apparaît comme un facteur parmi d’autres d’un affaiblissement global, qu’il soit démographique, culturel ou politique. La remigration est alors présentée comme un levier possible pour enrayer cette dynamique.

Un projet structuré

Le livre ne se limite pas à un diagnostic. Il propose une méthode. Celle-ci repose sur une stratégie en deux temps : d’abord l’arrêt des flux migratoires, ensuite l’organisation de retours. Cette séquence vise à inscrire la remigration dans une temporalité maîtrisée, en évitant les ruptures brutales.

L’auteur insiste sur le caractère progressif de la démarche. Il distingue plusieurs catégories de populations et envisage des réponses différenciées, laissant une place importante aux retours volontaires. Cette gradation est présentée comme une condition de faisabilité.

Au-delà des mesures, la remigration est conçue comme un projet politique d’ensemble. Elle suppose, selon l’auteur, une transformation des cadres juridiques et des priorités publiques, ainsi qu’une redéfinition des objectifs assignés à l’État.

Une idée qui s’installe dans le débat

Plus qu’un simple programme, la remigration apparaît, au fil des pages, comme un concept destiné à structurer le débat public. En nommant une hypothèse jusque-là marginale, le livre contribue à en faire un objet de discussion, qu’on y adhère ou qu’on la rejette.

C’est sans doute là son principal effet : déplacer les lignes du débat, en introduisant une notion appelée à s’imposer, sinon comme solution, du moins comme point de référence dans les discussions à venir sur l’immigration, la souveraineté et l’avenir des sociétés européennes.

Acheter en ligne

Jean-Yves Le Gallou, Remigration. Pour l’Europe de nos enfants, La Nouvelle Librairie Éditions, 142 p., 14,90 €, mars 2026 : boutique.institut-iliade.com

Dimitri Fontana, 15.04.2026

Assimilation, séparation ou remigration ?

Paul Tormenen | 18 octobre 2020 | Exclusivité Polémia

Par Paul Tormenen, juriste et spécialiste des questions migratoires ♦ Le prochain Forum de la Dissidence aura lieu le samedi 21 novembre prochain et aura pour thème Migrexit : de la fin de l’assimilation à la remigration. Un sujet qui a évidemment inspiré Paul Tormenen, spécialiste des questions migratoire.

[...]

I Le diagnostic

L’assimilation, une belle idée

[...]L’intégration. En 2003, Bernard Stasi ne parlait plus dans un rapport sur le sujet, d’assimilation, mais d’un certain échec de l’intégration « à la française » (2). Ce glissement sémantique illustrait le fait que désormais, on ne demandait plus à l’étranger ou à la personne d’origine étrangère d’adhérer sans réserve à la culture française et de garder sa culture pour la sphère privée. On se contentait d’attendre de lui une bonne intégration sociale par l’emploi et le respect des lois du pays.

Comme l’a souligné la démographe Michèle Tribalat, la politique commune impulsée par l’Union européenne a été l’occasion de nouveaux reculs pour la France en la matière (3). L’Union européenne a promu une nouvelle conception de l’intégration dont elle donne la définition suivante : « un processus dynamique à double sens d’acceptation mutuelle de la part de tous les immigrants et résidents des Etats membres ». Ce n’est désormais plus la société d’accueil qui sert de référent unique aux nouveaux arrivants. L’avènement du multiculturalisme implique des efforts de chacun pour accepter les différences de l’autre et changer son comportement. Le message envoyé aux nouveaux arrivants est encore plus brouillé quand celui qui est maintenant le président de la République affirme qu’il n’y a pas de culture française (4).

Le vivre ensemble. Conséquence logique, la troisième étape, plus récente, est marquée par la promotion du « vivre ensemble ». Selon nos dirigeants, l’arrivée toujours plus importante d’extra-Européens dans notre pays est une nécessité et doit se faire sans heurts. Le vivre ensemble est désormais l’horizon indépassable de la vie dans une société de moins en moins homogène et de plus en plus fragmentée.

Paul-François Paoli en donne une définition très personnelle : « Le vivre-ensemble sans affinité s’appelle promiscuité. Or cette promiscuité commence quand s’imposent des gens auprès de qui nous ne souhaitons pas vivre » (5).

Pour mieux illustrer mon propos sur la séparation qui s’opère dans la société française, je vous propose de partager mon expérience des 15 dernières années en région parisienne.

Séparation

Tout observateur un peu vigilant vivant en agglomération urbaine peut constater au quotidien les manifestations du délitement de l’assimilation et des premiers signes de séparation.
J’habite et travaille en région parisienne, dans une commune à la population « mixte » socialement et ethniquement. Les logements sociaux y sont nombreux, sans toutefois atteindre le niveau observable dans certaines villes anciennement ou encore actuellement gérées par les communistes.

Les émeutes de 2005.

[...]

« Les territoires perdus de la République » n’ont à partir de cette date plus été seulement un sujet d’étude mais aussi une découverte pour beaucoup de français. Des territoires où les policiers, les médecins, les pompiers, etc. doivent adapter leur mode d’intervention car il y règne une autre loi et d’autres mœurs.

Mais l’on pourra m’objecter que cette partition du territoire n’est voulue et organisée que par quelques milliers de jeunes qui souhaitent ne pas être gênés dans le trafic de drogue. Un autre phénomène, bien plus massif, contribue depuis quelques années à la séparation entre « communautés », puisqu’il faut bien employer ce terme qui correspond à une réalité : la montée de l’islamisme.

La généralisation du voilement. Au fil des années, j’ai constaté dans les rues de ma ville une généralisation du voilement des femmes d’origine immigrée. Si au début il s’agissait d’un voile discret, les tenues soi-disant pudiques sont devenues de plus en plus ostentatoires. Après s’être limité au voile, il s‘agit maintenant de tenues plus rigoristes les unes que les autres. Quand il ne s’agit pas de tenues rigoristes, les femmes immigrées sont de plus en plus nombreuses à avoir remisé leur tenue « occidentale » pour se parer de vêtements traditionnels « du pays ». C’est un phénomène massif dont les médias ne parlent pas ou peu et n’en analysent pas les raisons. On retrouve maintenant dans les rues les tenues traditionnelles que les maghrébines réservaient pour les grandes occasions. La discrétion des années 1960 et 1970 est déjà loin !

Mais il ne s’agit pas simplement de tenues différentes de celles des européens. Le voile qui prétend cacher les attraits de la femme, en dit long sur une certaine conception de la féminité et de la place de la femme dans la société (7). Porter le voile serait selon de nombreux imams un signe de pudeur dans l’espace public. C’est plus que cela : hormis quelques femmes qui le font par conformisme, il s’agit de se compter et de montrer son affiliation à la communauté des croyants, la Oumma.

Je crains fort que la crise sanitaire que nous connaissons ne vienne parachever une autre capitulation : le port de la burqa est maintenant toléré. La masque aux mêmes couleurs que le voile intégral permet de couvrir presque totalement le visage. Cette façon de s’habiller, très éloignée des règles de civilité françaises, est souvent perçue comme une agression à l’encontre de nos mœurs.

Ces dernières années, des hommes de plus en plus nombreux se rendent à la mosquée de la commune en qamis (tuniques) et sandalettes, en particulier le vendredi, alors qu’il y a quelques années, les fidèles s’y rendaient en toute discrétion. Il s’agit encore d’occuper le terrain, de gagner en visibilité et de montrer à la population « de souche » que la ferveur religieuse est de leur côté. C’est aussi une forme de prosélytisme muet qui ne dit pas son nom.

L’expansion du halal. [...]

Mosquée. Je vous ai parlé jusqu’à maintenant de signes de plus en plus ostentatoires, d’une façon d’affirmer sa présence, son identité et sa ferveur religieuse. Mais il ne s’agit pas que d’une simple mode vestimentaire ou alimentaire. Sur le site internet de la mosquée de la ville, la lecture de certains hadiths – des paroles du prophète de l’islam – est en tout point édifiante : la place et le rôle de la femme, la polygamie non interdite, les rapports avec les « mécréants », les injonctions à la communauté de se « multiplier » etc. sont autant d’illustrations de la représentation d’un « nous » en opposition à « eux ». On est bien loin des fadaises œcuméniques du pape François.

Cette séparation religieuse et idéologique est confirmée par de nombreux travaux réalisés tant par des universitaires que par des journalistes (9). [...]

II Remigration

[...]

L’inversion des flux migratoires, qui apparait chaque jour plus nécessaire, nécessite que deux conditions soient réunies :

  • l’accès au pouvoir d’un gouvernement résolu à mettre en œuvre cette politique,
  • un cadre juridique permettant non seulement d’arrêter les flux migratoires excessifs que nous connaissons, mais également de les inverser.

Un gouvernement engagé dans l’inversion des flux migratoires

[...]Le pessimisme de la raison ne doit pas prendre le dessus sur l’optimisme de la volonté si cher à Antonio Gramsci. Cette volonté doit être mise à profit pour entreprendre le travail de conviction qui précède toujours les changements politiques. C’est vers une hégémonie culturelle en la matière qu’il faut tendre, en n’ayant pas peur de confronter ses idées à d’autres opposées.

Un cadre juridique permettant d’inverser les flux migratoires

Le débat avorté sur l’instauration de quotas en matière d’immigration a eu au moins un mérite : celui de mettre en avant le fait que près de 90% de l’immigration arrivant chaque année en France est subi et correspond à des droits individuels (asile, regroupement familial, aide sociale à l’enfance, etc.) (12).

Le législateur n’a pas pris la mesure de la pression migratoire que notre pays connait. L’inversion des flux migratoires suppose que le gouvernement qui sera aux commandes prenne un certain nombre de mesures fortes. L’inversion des flux migratoires peut se faire par étape, en utilisant dans un premier temps les outils juridiques mobilisables, et dans un deuxième temps, en changeant le cadre juridique existant.

La mobilisation des outils juridiques existants pour freiner l’immigration

[...]

La remise en cause du cadre juridique actuel pour inverser les flux migratoires

L’inversion des flux migratoires nécessite de rompre avec le carcan juridique actuel. Cette rupture passe notamment par la remise en cause des conditions actuelles du droit d’asile, de l’aide sociale à l’enfance et du regroupement familial. Ces droits pouvant être invoqués par les étrangers souhaitant s’installer en France ont quatre sources :

  • les conventions internationales,
  • les règlements européens,
  • la constitution,
  • les lois nationales.

Les conventions internationales : La France a au fil des années pris des engagements contraignants en ratifiant des conventions internationales. Les principaux sont la convention européenne des droits de l’homme, la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le droit d’asile et la convention de New York du 26 janvier 1990 relative aux droits de l’enfant.

Les règlements européens : [...]

La constitution : Le préambule de la constitution de 1946 a été invoqué par le Conseil d’Etat en 1978 pour permettre le regroupement familial, il garantit également le droit très général à « protection ».

Les lois nationales : Leur changement suppose que les normes supérieures contraignantes ne s’appliquent plus.

L’inversion des flux migratoire et le rétablissement d’une pleine souveraineté en la matière impliquent donc :

  • la dénonciation de traités internationaux ratifiés par la France,
  • la renégociation des directives européennes ou la sortie de l’Union européenne,
  • la modification de la constitution,
  • l’abrogation de certaines lois et l’adoption de nouvelles.

Se défaire de cette longue liste de textes juridiques peut apparaitre comme un parcours du combattant.

Les pays du groupe de Visegrad sont à la fois membres de l’Union européenne et ont ratifié la convention européenne des droits de l’homme. Ils n’en mènent pas moins une politique très restrictive en matière d’immigration. Mais ils n’ont pas à gérer cette nécessité qui est celle de la France d’inverser les flux migratoires.

[...]

Paul Tormenen
18/10/2020

(1) Code civil (article 21-24 du code civil), le Décret n° 93-1362 du 30 septembre 1993, la charte des droits et devoirs du citoyen français
(2) Rapport sur l’application du principe de laïcité dans la société française. Bernard Stasi. 2003
(3) « Assimilation : la fin du modèle français ». Michèle Tribalat. Ed. du Toucan. 2013
(4) « Emmanuel Macron et le reniement de la culture française ». Le Figaro. 6 février 2017
(5) « L’imposture du vivre-ensemble de A à Z ». Paul-François Paoli. Ed. L’artilleur. 2017
(6) « Témoins des émeutes de 2005, ils racontent ». Les Inrocks. 1er novembre 2005
(7) « Quelle histoire le voile raconte-t-il aux enfants ? ». Le Huffpost.ca. 9 octobre 2013
(8) « Le projet. La stratégie de conquête et d’infiltration des frères musulmans en France et dans le monde ». L’artilleur. 2019
(9) « Islamisation de la France : on ne pourra pas dire que l’on ne savait pas ». Polémia. 27 janvier 2020
(10) « La fabrique de l’islamisme ». Institut Montaigne. 2018. « Les français sont-ils encore Charlie ? ». Sondage de l’IFOP pour le journal Charlie Hebdo. 1er septembre 2020
(11) « Radicalisation islamiste : faire face et lutter ensemble ». Rapport de Madame J. Eustache Brinio. Sénat. 7 juin 2020
(12) « Grand débat national : Macron verrouille la question de l’immigration ». Polémia. 19 janvier 2019
(13) « Manuel de droit européen en matière d’asile, de frontières et d’immigration ». Conseil de l’Europe. 2014

Article complet:  : Correspondance Polémia:

https://www.polemia.com/assimilation-separation-ou-remigration/

 

Paul Tormenen
Juriste de profession, Paul Tormenen apporte sa contribution à des sites de réinformation depuis plusieurs années. Ses domaines de prédilection sont l’immigration et le traitement médiatique de l’information.

Quand Simone Veil empêcha un projet de rémigration imaginé par Valéry Giscard d’Estaing

Ceux qui s’inquiètent à juste titre de l’immigration de grand remplacement mais qui, par ailleurs, rendent hommage à Simone Veil, feraient bien de lire ce qui suit.

L’historien – de gauche – Patrick Weil mit en évidence en 2014 un fait oublié, à savoir que Valéry Giscard d’Estaing envisagea en 1978 un plan de rémigration de 500.000 immigrés sur cinq ans. Et si ce plan ne fut pas mis à exécution, c’est notamment en raison de l’opposition de Simone Veil et de Raymond Barre.

Pourtant Giscard est par ailleurs associé dans l’esprit de beaucoup au regroupement familial. Alors qu’en est-il ?

Suite

Immigration. Daniel Friberg : «Ils doivent repartir»

Réflexions sur le rapatriement

Daniel Friberg est titulaire d’un MBA de l’Université de Göteborg. Après des recherches pour le pôle maritime de Göteborg, il participé à des fusions et acquisitions et des évaluations d’entreprise en tant que directeur financier, conseil en gestion et analyste d’affaires. Co-fondateur et PDG de la maison d’édition britannique Arktos Media Ltd., l’un des principaux éditeurs mondiaux d’ouvrages traditionalistes et de droite, il est également l’auteur de Högern kommer tillbaka: Handbok för den ÄKTA oppositionen (Arktos, 2015) et de sa traduction anglaise x, Return of the Real Right: A Handbook for the True Opposition (Arktos, 2015) .

Suite sur Katehon

Le « Grand Remplacement » n’est pas une théorie

Le peuple Suisse va se prononcer bientôt sur l'initiative « Ecopop », qui vise à restreindre drastiquement l'immigration dite de peuplement. En France, la situation est telle, qu'on en vient à disserter au plus haut niveau de la vie politique sur le « Grand remplacement ». Un concept et, surtout, une réalité, qui pourrait aider nos amis Suisses à faire leur choix le 30 novembre prochain...

En 2011, Renaud Camus publie un recueil d'articles intitulé Le Grand Remplacement. Il y décrit un mouvement général de nocence, c'est-à-dire de nuisance. La nuisance, c'est ce qui perverti et dégrade l'environnement, la culture, mais aussi les plus élémentaires relations intersubjectives. En jargon journalistique, cela se nomme les « incivilités » : le genre de celles que nous rencontrons tous les jours dans nos rues.

Au-delà de ce mouvement de nuisance, et même de surcroît, il y a un mouvement de susbtitution

«  le simple fait que dans nos rues, nos rames de métro, nos écoles, nos écoles maternelles et nos maternités surtout, sur des pans entiers du territoire, il y avait un peuple et que, à sa place, il y en a un ou plusieurs autres. »

Le fait du Grand remplacement creuse à nouveau, si ce n'est encore plus, la vieille distinction maurassienne entre le « pays réel » et le « pays légal », c'est-à-dire entre le monde vécu, celui du transport commun à 22h dans la banlieue parisienne, de la gare de Châtelet-les-Halles, des personnes âgées isolées dans les cités, et le pays des statistiques, des chiffres, des experts et des énarques propres sur eux...

Ce « pays légal », c'est aussi celui des médias ; ceux qui, hier par exemple, imposent sur les grandes chaines de télévision publiques des apologies de l'immigration, et qui, dans le même temps et dans le même mouvement nihiliste et suicidaire, diffusent des idées dénigrant la civilisation "réactionnaire" et "moyenâgeuse". La manipulation, pour Renaud Camus aussi, consiste dans l'entretien, lucide et volontaire, de cette "déculturation" :

C’est la sociologie, ce sont les statistiques, ce sont les chiffres qui se sont chargés de persuader les malheureux Français abusés, hébétés par elles et par le bourrage de crâne quotidien, qu’à l’école le niveau montait, que la culture se répandait dans les masses, qu’il n’y avait aucune surdélinquance des immigrés, que d’ailleurs il y avait de moins en moins d’immigrés, que l’immigration diminuait, que jamais il n’y avait eu si peu d’étrangers dans notre pays : bref que le système éducatif ne s’effondrait pas du tout, que la Grande Déculturation n’avait pas lieu, que le Grand Remplacement était un fantasme.

Tout est tristement « grand» dans cette histoire. De la Grande Déculturation au Grand Remplacement, de ce phénomène constitue pour Renaud Camus, le pire qui soit arrivé dans l'histoire de France :

« Le Grand Remplacement, le changement de peuple, que rend seule possible la Grande Déculturation, est le phénomène le plus considérable de l'histoire de France depuis des siècles, et probablement depuis toujours11. »

Alors, quand certains blogues d'extrême-gauche, comme Rue 88, évoquent une « idée raciste » (ici), que certains appellent cela une « hoax d’extrême droite », ils se fourvoient complètement. Il ne s'agit ni d'une idée, ni d'une théorie. Il s'agit d'un fait, si terrible soit-il, et Renaud Camus insiste là-dessus.

Il faudrait au moins que les journalistes, chroniqueurs et autres intellos-bobos se rappellent que la moindre des politesses, quand on critique un concept, c'est de lire son concepteur. Ceci vaut aussi pour les journalistes et commentateurs suisses qui traitent de l'initiative Ecopop. Même si vous refusez la réalité, préférant vos illusions, ne vomissez pas votre haine sur votre ignorance ; ne traitez pas non plus ce qui perce vos illusions de « radical » ou d'extrémiste. N'est radical dans ses idées que celui qui impose ses idées à la réalité. Et Renaud Camus de terminer : « Hélas, ce n’est pas l’expression Grand Remplacement qui est radicale, c’est la sinistre réalité de ce qu’elle désigne. »... 

Vivien Hoch, 18 novembre 2014

Discours de Damien Rieu aux Assises de la Remigration du 15 novembre 2014

Autrefois, elle était majestueuse. Le monde entier l'admirait. Mais les années avaient passé et elle avait perdu bon nombre de ses atouts.

Elle fit un jour sa connaissance. Elle ne résista pas à sa fringance, son exotisme et au charme d'une aventure sauvage. Elle voyait en lui l'espoir d'une nouvelle jeunesse.

Elle était partie avec ses meilleurs éléments à sa conquête, sous le maternel prétexte de lui apprendre les bonnes manières.
Elle parvint à ses fins non sans mal et sans effort et finit même par s'installer chez lui. La France et son empire colonial ne se quittèrent plus.

Il apprit d'elle. Elle se servit parfois de lui mais lui donna tant. Il finit par grandir et révéla alors ses velléités d'émancipation. Dès lors, les relations se compliquèrent.

La France tenta la fermeté et la fusion quand son Empire aspirait lui à plus d'indépendance. Ils se disputèrent violemment. Les mots, les coups, les blessures et les larmes. La mort et la douleur des deux côtés.

Déçue par tant d'ingratitude, la France se résolut à retourner chez elle au cours d'une première et violente séparation. Elle partit humiliée, elle qui s'était jeté à corps perdu dans cette relation allant peut-être jusqu’à s'oublier elle-même. En se questionnant sur cet échec elle commença à culpabiliser.

Elle décida, défiant le réel, de donner une seconde chance à cette histoire, mais cette fois ci, chez elle. Elle s’entêtait. Pourquoi ne pas en profiter ? Pourquoi ne pas abuser de tant de naïve générosité ?
L'Empire colonial accepta.
Elle l'accueillit à bras ouverts en demandant toujours moins. Il s'installa chez elle en exigeant toujours plus.

Quand elle doutait de son amour il évoquait le passé. Plus elle se méfiait de lui, plus il menaçait. Il devint violent et finit par l'insulter, la battre, elle et ses enfants, un peu plus chaque jour. Cette fois-ci, elle n'en voulait plus. Elle avait enfin compris qu'ils étaient inconciliables.
L'histoire était belle mais l'amour impossible. Ils étaient trop différents. Antagonistes. Elle avait tout essayé pourtant. La violence et la force, la corruption et sa soumission. Elle voulait désormais qu'il s'en aille. Elle avait peur de mourir. L'histoire en est là.

L'empire colonial devenu l'empire colonisateur est désormais insolent, provocateur, incontrôlable et dangereux. Il semble temps de mettre en place une mesure d'éloignement urgente avant qu'il ne soit trop tard. Une séparation à l'amiable maintenant, ou un deuxième drame violent demain.

D'autant plus que nous savons tous qu'il n'y a aucune issue, aucune sortie possible. Au mieux un pourrissement, au pire une tragédie.

 

A quoi ressemblera la France de demain si nous n'agissons pas ? Une sorte de Brésil européen, où seuls les plus riches s'en sortiront en hélicoptère ou en ghetto sécurisé ? Un hexagone libanisé, leopardisé, sous le règne des milices communautaires ? Un Kosovo français, dont la capitale serait Saint-Denis, berceau et tombeau des rois de France ? Sûrement le mélange des trois.
Une chose est sûre, je n'entends aucun homme politique, je ne lis aucune théorie nous annonçant une suite heureuse. Plus personne n'y croit. Ceux qui me disaient encore il y a 5 ans "tu n'as pas tort, mais tu exagères" me disent aujourd'hui que je suis finalement trop optimiste.
Le pire de tout c'est le regard que les gens portent à l'étranger.

Je me souviens de cette religieuse syrienne qui me racontait avec émotion le changement de visage de Paris entre ses deux derniers voyages avec 20 ans d'écart.
"Mais qu’avez-vous fait de Paris ?" me reprochait-elle.

 

Honteux, j'ai répondu que je donnais beaucoup de mon temps et de mon énergie pour lutter contre ce changement. Au fond de moi je m'en voulais à mort de ne pas m'être assez sacrifié.

Je me souviens de Danny, étudiant en médecine et chrétien fuyant son village prit par l'Etat islamique, rire en croyant à une blague, se moquer, douter, puis finir par sangloter lorsque je lui ai dépeint la situation de notre pays. "Mais pas vous, pas la France, pas l'Europe, nous c'est normal mais vous ce n'est pas possible". Et si, Danny c'est possible. Nous l'avons fait. Il ne dira plus un mot du reste du voyage.
Je me souviens, il y quelques années déjà, de ce jeune Serbe de Mitrovica qui me disait en souriant "Aujourd'hui vous venez nous aider, mais demain c'est vous qui allez avoir besoin de nous." Et dire que l'avenir pourrait lui donner raison.

Je me souviens aussi de ces clandestins rencontrés à Lampedusa, qui étaient choqué, déçus et même effrayés de se voir eux-mêmes si nombreux en Europe.

C'est ce que nous disent les regards étrangers. Alors imaginez un instant celui que portent nos ancêtres....

Voilà où nous a menés la prétention de ceux qui ont cru qu'on pouvait créer une unité avec des peuples aux identités et cultures antagonistes par la seule force administrative.
Nous savons tous qu'il n'y a aucun commun accord possible. Nous avons tout essayé. Plus personne n'y croit en dehors du petit Paris, des rédactions et des politiques déconnectés. Le réel a enterré depuis longtemps tous les grands principes et le mythe des valeurs universelles. Des valeurs de plus en plus plates et mielleuses, des valeurs qu'on agite de plus en plus fort à mesure qu'elles disparaissent.

Et pendant ce temps nous, on subit.
Au cœur de cet affrontement, la jeunesse française de souche, les "petits blancs" comme on les appelle, sont en première ligne. De l'école primaire à la fac, nous sommes en concurrence et en confrontation permanente avec eux. Pénuries de logements, course à l'emploi, violence dans les transports, j'ai grandi, nous avons grandi au milieu des minorités majoritaires. Et nous n'avons pas encore pour la plupart d'entre nous les moyens de nous en éloigner.
Là où il y avait encore il y a peu une place pour l'insouciance, nous vivons nous une jeunesse de tension permanente. En terme de qualité de vie nous sommes probablement la première génération dans l'histoire de notre pays, à vivre moins que bien que la précédente. Une génération totalement oubliée par nos représentants politiques qui ont déjà décidé que les jeunes et l'avenir de ce pays c'était eux, et uniquement eux.
"Pépites de la nation", "chances pour la France". Et nous ? Que sommes-nous à vos yeux ? Qui sont les vrais oubliés de ce pays ?
A eux, ils offrent tout : des emplois ciblés, des infrastructures derniers cris, des subventions colossales. Une attention de chaque instant.
Mais les jeunes, la vraie jeunesse légitime de ce pays c'est NOUS ! Nous les sales Français à qui on a tout pris. Nos rêves, nos familles, nos ancêtres, notre identité et notre avenir. Mais attention, nous n'avons pas encore reconnu notre défaite !
Nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus baisser les yeux au quotidien et à relever la tête face aux défis qui nous font face. Et puisque l'Etat ne réagit qu'au rapport de force alors il est peut-être temps nous aussi de l'utiliser. Nous avons hérité de cette situation mais pas de la lâcheté de ceux qui l'ont laissée se mettre en place. Et c'est bien notre génération qui va mettre fin à la politique de ces irresponsables qui veulent importer les ventres et exporter les cerveaux.

 

Pourtant nous étions tous prévenus. Nous n'inventons rien. Nous ne sommes ici qu'aux Assises de l'évidence.
L'histoire de l'humanité n'a été qu'une succession de leçons sur le triomphe de la brutalité du réel face aux projets utopiques et orgueilleux. Depuis les récits bibliques de la tour de Babel jusqu'à l'Algérie, dont certains d'entre vous ont été les spectateurs voire les acteurs. Je ne vais pas revenir sur le déchirement, la souffrance de cet épisode. Mais puisque nous en sommes encore aux débats sémantiques qui ont animé avec passion ces dernières semaines notre camp, je voudrais vous proposer l'utilisation d'un mot pour parler de notre idée : le rapatriement. En plus, Grand Remplacement ou changement ça sonne bien avec rapatriement.
Au-delà de la rime, vous n'avez surement pas oublié que l'institution d'Etat instaurée en mai 1962 afin de faciliter le transfert et l’accueil des populations pieds-noirs en France s'appelait le "Secrétariat d'Etat aux rapatriés". C'est l'équivalent du Ministère à la Remigration que nous appelons de nos vœux et c'est un pied de nez à tous ceux qui crient à l'impossible. Il faut dire qu'à l'époque nos dirigeants étaient courageux, a commencer par le plus grand d'entre eux, De Gaulle, qui quoi qu'on en pense avait au moins eu la lucidité d'organiser la séparation à défaut du rapatriement. L'huile et le vinaigre... tout ça tout ça...
Au fond, plus que la mise en place de la remigration, ce qui rend sceptiques nos détracteurs c'est surtout l'absence de courage politique et la force de décision et d'anticipation de nos représentants. Je ne partage pas ce pessimisme. Au moment venu, un habile opportuniste ou une Jeanne d'Arc convaincue saura faire le bon choix.
La seule question qui se pose c'est de savoir si ce sera avant ou après ce qu'on a appelé "les évènements" dans le cas algérien.
La répétition de l'Histoire est là sous nos yeux. Cruelle, elle n'aura pas attendu 200 ans, mais 50. A peine une génération d'écart et nous voilà confrontés à nouveau aux mêmes enjeux, cette fois ci chez nous.

Alors j'entends comme vous dès aujourd'hui la fermeté de nos représentants politiques patriotes qui souhaitent agir sur les flux.
J'aimerais qu'on n'en n'oublie pas pour autant la gestion des stocks. Car le seul retour des frontières ne nous permettra pas de nous affranchir des lois de la démographie. Et vous le savez tous, le dépistage de la drépanocytose annonce les Français de souche européenne comme minoritaires dans les maternités d'ici 30 ans.
Cela fait pourtant quelques années que Manuel Valls déplorait le manque de "Blancos", de "White" sur le marché d'Evry. Si cette semaine c'est même François Fillon qui se met à réclamer des statistiques ethniques, c'est que l'heure est grave. Face à ce constat, le camp des patriotes doit maintenant cesser les complexes.
La remigration ne serait pas morale ? Mais cette remigration, cette séparation elle existe déjà. Elle est en cours. Les Français fuient.
La grande séparation, c'est le phénomène du white-flight, ces Français qui quittent les centres pour les périphéries urbaines, qui changent de quartier ou de rame de métro.
La grande séparation ce sont aussi ces donneurs de leçons qui font jouer leur réseau pour échapper à la carte scolaire et abriter leurs enfants des joies de la diversité.

Et si au lieu de changer de trottoir, on changeait de pays ? Et si on donnait la possibilité à nos deux peuples de retrouver la paix, séparés certes, mais la paix ?
Nous n'avons pas à rougir d'être les seuls à anticiper et à proposer une solution politique. D'ailleurs la remigration, ce n'est rien d'autre que leur donner la possibilité de vivre toute l'année là où ils partent en vacances chaque été, où ils font construire leur villa et se font enterrer.
Plus sérieusement il me parait primordial d'inverser le sentiment de culpabilité.
Les pacifistes c'est nous !

Les criminels du vivre-ensemble, les assassins de peuples, les savants fous c'est eux !
Les vrais humanistes sont ceux qui défendent le droit des peuples à vivre sur la terre de leurs ancêtres.

"Quand nous arriverons, ils partiront" nous dit un célèbre slogan. Et bien je crois qu'il est temps d’arriver pour qu'ils partent.

 

Damien Rieu, Génération Identitaire