Un Monténégrin condamné se fiche de son renvoi de notre pays - et revient toujours en Suisse.
Il ne devrait pas être ici. Depuis octobre 2012, il est sous le coup d'une interdiction d'entrée. Mais le Monténégrin s'en soucie peu. Il revient en Suisse encore et encore. Et il doit être expulsé au détriment des contribuables à nouveau - avec des vols spéciaux coûteux. A présent, il se trouve à nouveau en détention. Il était illégalement en Suisse pour la cinquième fois.
Son exemple montre à quel point les autorités sont impuissantes face aux rapatriés récalcitrants. Bashkim* s'est enregistré en 1991 et 1992 en tant que demandeur d'asile en Suisse. Après son expulsion, il a d'abord vécu en Allemagne et au Monténégro. Puis en été 2008, il a épousé dans son pays une "Suissesse". Il est âgé de 35, elle a 53 ans. Trois mois plus tard, il vient en Suisse et reçoit un permis de séjour dans le canton de Berne. Lorsque le couple déménage à Wetzikon ZH, l'office des migrations du canton de Zurich octroie un permis de séjour qui est prolongé jusqu'en octobre 2010. Dans la demande, Bashkim avait mentionné: Pas de casier judiciaire. C'était un mensonge. Le ressortissant du Monténégro avait déjà des crimes graves inscrits sur son casier. Son casier judiciaire en Allemagne fait mention de plusieurs vols graves ainsi que d'une triple tentative de meurtre. A cause de cela, Bashkim a été condamné en 1998 à une peine de dix ans de prison.
De cela le Service suisse des migrations ne soupçonne tout d'abord rien. La carrière criminelle du Monténégrin se dévoile seulement après qu'il ait battu sa femme. Lorsque la police interroge son épouse au sujet de la violence domestique, elle précise "En Allemagne, son mari a été condamné à la prison pour un homicide." L'Office des migrations de Zurich effectue des investigations, tombe sur un casier judiciaire très fourni et pose un ultimatum: Bashkim doit quitter la Suisse d'ici fin avril 2011.
Il dépose un recours contre cet ultimatum, affirmant que ce n'est pas lui mais une collaboratrice du contrôle des habitants de Wetzikon qui a rempli sa demande de permis de séjour et "malgré elle", elle aurait mal rempli la question liée à son casier judiciaire. Il n'aurait jamais voulu tromper les autorités publiques. Bashkim va jusqu'au Tribunal fédéral. Les juges rejettent sa plainte. Il doit quitter la Suisse. Non seulement parce qu’il a dissimulé son casier judiciaire, mais aussi en raison "du danger de récidive", comme l'écrit le juge fédéral dans sa décision. Il est sous le coup d'une interdiction d'entrée permanente.
Effrontément, il passe outre l'interdiction. Il vient plusieurs fois illégalement en Suisse et doit être expulsé à nouveau. Selon la Cour fédérale, "il a été expulsé par vol spécial dans son pays le 24 juin 2015, le 5 novembre 2015, le 9 février 2016 et le 22 juin, 2016".
Les rapatriements normaux s'effectuent avec des vols réguliers - face aux récalcitrants, des vols spéciaux sont organisés. Mais le gouvernement fédéral doit louer un avion. Le secrétariat aux migrations (SEM) n'a pas répondu au sujet du coût d'un vol spécial jusqu'au Monténégro. Cependant, le coût moyen pour les vols spéciaux peut être calculé: L'an passé, le SEM a versé 2,2 millions de francs pour 45 vols spéciaux - soit une moyenne d'environ CHF 50'000.-- par vol spécial.
Source Traduction Schwarze Rose pour Les Observateurs.ch
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