Le mot désigne un État qui cumule deux défaillances en apparence contraires : il renonce à faire respecter la loi là où elle est réellement violée, et l’applique avec zèle, voire la durcit, à l’égard de ceux qui la respectent.
L’expression est due à Samuel Francis (1947–2005), chroniqueur paléoconservateur américain, qui la résume en 1994 dans son essai « Anarcho-Tyranny, U.S.A. », paru dans la revue Chronicles :
« Nous refusons de contrôler les vrais criminels (c’est l’anarchie) et nous contrôlons les innocents (c’est la tyrannie). »
Francis n’y voyait pas une simple impuissance de l’administration, mais le choix d’une classe dirigeante qui redoute davantage les citoyens ordinaires que le désordre.
En France, Jean-Yves Le Gallou, fondateur de Polémia, qui dit avoir découvert la notion chez le rhétoricien Philippe-Joseph Salazar, en a fait une grille de lecture de la politique française, des squatteurs lents à expulser aux victimes poursuivies pour s’être défendues. C’est encore elle qu’il oppose à l’interdiction du colloque de Polémia sur la remigration, en octobre 2026, lorsqu’il reproche au gouvernement de laisser faire les casseurs tout en interdisant les colloques.