L’anarcho-tyrannie, ou l’État laxiste avec les délinquants et sévère avec les honnêtes gens
Forgé au début des années 1990 par l’Américain Samuel Francis, le concept sert aujourd’hui en France à dénoncer un pouvoir qui laisse faire les casseurs et interdit les colloques

Le mot désigne un État qui cumule deux défaillances en apparence contraires : il renonce à faire respecter la loi là où elle est réellement violée, et l’applique avec zèle, voire la durcit, à l’égard de ceux qui la respectent.

AnarchieL’État ne contrôle pas les vrais délinquants : la délinquance s’installe et reste impunie.
TyrannieL’État contrôle les innocents : les citoyens qui respectent la loi sont surveillés, réglementés, sanctionnés.

L’expression est due à Samuel Francis (1947–2005), chroniqueur paléoconservateur américain, qui la résume en 1994 dans son essai « Anarcho-Tyranny, U.S.A. », paru dans la revue Chronicles :

« Nous refusons de contrôler les vrais criminels (c’est l’anarchie) et nous contrôlons les innocents (c’est la tyrannie). »

Francis n’y voyait pas une simple impuissance de l’administration, mais le choix d’une classe dirigeante qui redoute davantage les citoyens ordinaires que le désordre.

En France, Jean-Yves Le Gallou, fondateur de Polémia, qui dit avoir découvert la notion chez le rhétoricien Philippe-Joseph Salazar, en a fait une grille de lecture de la politique française, des squatteurs lents à expulser aux victimes poursuivies pour s’être défendues. C’est encore elle qu’il oppose à l’interdiction du colloque de Polémia sur la remigration, en octobre 2026, lorsqu’il reproche au gouvernement de laisser faire les casseurs tout en interdisant les colloques.

Citation de Samuel Francis traduite de l’anglais par la rédaction.