La taxe de sauvegarde en cinq questions
Ce que prévoit la proposition débattue au Conseil des États – et ce qui reste à trancher
▸ Qui paierait, et combien ?
L’employeur, pour chaque salarié recruté à l’étranger : au moins 4 000 francs par an selon la proposition Caroni, durant les cinq à dix premières années. S’y ajoutent 2 000 francs par adulte venu en regroupement familial ; les enfants mineurs sont exemptés. Les recettes seraient redistribuées à la population.
▸ Les étrangers déjà installés en Suisse sont-ils concernés ?
Non. C’est une taxe à l’embauche depuis l’étranger, une « taxe d’entrée » : engager un résident étranger déjà présent sur le marché suisse du travail resterait gratuit. C’est même le but recherché : orienter les employeurs vers la main-d’œuvre déjà disponible dans le pays.
▸ Et les contrats de travail en cours ? La mesure est-elle rétroactive ?
Non. La taxe ne frapperait que les recrutements postérieurs à l’activation de la clause de sauvegarde ; rien, dans la proposition, ne vise les personnes déjà sous contrat, et le droit suisse proscrit par principe les charges rétroactives.
▸ Quand pourrait-elle s’appliquer ?
Pas avant plusieurs années. Il faudrait d’abord que les deux Chambres adoptent le paquet, que le peuple l’accepte en votation, que les accords entrent en vigueur – puis que le Conseil fédéral active la clause de sauvegarde en cas de « difficultés sérieuses » d’ordre économique ou social, un examen prévu chaque année.
▸ Qu’est-ce qui n’est pas encore tranché ?
Le sort des frontaliers (recrutés sans s’installer), les changements d’employeur et les renouvellements après l’arrivée – au Royaume-Uni, la taxe est due à chaque nouveau parrainage –, la durée exacte du prélèvement et le barème définitif : le Conseil fédéral doit encore proposer la base légale.
D’après la décision de la commission des institutions politiques du Conseil des États du 18 août 2026 et la proposition déposée par Andrea Caroni (PLR/AR). État au 25 septembre 2026, avant les débats en plénum.