Le soulèvement paysan a révélé un certain laisser-faire policier inhabituel en France. Grâce à une maîtrise syndicale mais aussi, pour le gouvernement, par intérêt politique
En conférence de presse jeudi après-midi, au moment d’appeler à la levée des blocages, le patron de la FNSEA Arnaud Rousseau s’est félicité du fait qu’«aucun personnel des forces de l’ordre n’a été blessé» au cours du soulèvement des agriculteurs français. Le leader du syndicat ultra-majoritaire a toujours appelé au calme et, à l’heure du bilan, s’honorait que les agriculteurs aient été très «clairs»: «Cette mobilisation s’est distinguée par son esprit de responsabilité» et la «volonté de ne pas se faire récupérer». Pour le syndicaliste, cette posture illustre «les plus belles valeurs du monde agricole» qui ont valu au mouvement le «soutien de l’ensemble de la nation». Un soutien jamais vu et «quasiment charnel», selon lui.
Toujours est-il que certaines actions ont marqué les esprits. Tout particulièrement l’explosion d’un immeuble de la Direction régionale de l’environnement à Carcassonne et l’incendie d’un bâtiment de la Mutualité sociale agricole à Narbonne. On notera aussi l’épandage massif de fumier sur des bâtiments officiels, des tas de paille géants incendiés, des routes dégradées, des camions étrangers alpagués ou, tout simplement, les blocages routiers qui restaient majoritairement illégaux même si l’on y insistait sur le fait de tout nettoyer en partant pour sauvegarder l’image du mouvement.
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