Complots, Fake news : défendre la pensée critique face au conformisme

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pensée critique

Par Lucas Nunes1.

La théorie du complot est un concept à la mode maintenant utilisé contre quiconque ose remettre en question un récit dominant. Ceux qui sont préoccupés par certains événements ou idées sont traités comme des hérétiques qui devraient brûler sur le bûcher s’ils osent interroger le gouvernement, les médias mainstream, le monde académique, les grandes entreprises et autres autorités.

Cet article n’a pas pour but d’approuver les théories du complot ou de nier leur existence : elles existent bien. Mais il est important de rappeler à quel point il est dangereux de devenir un « théoricien de la complicité », c’est-à-dire quelqu’un prêt à se soumettre à tout récit diffusé par n’importe quelle « autorité », sans tenir compte de la véracité de son contenu.

Un suivisme de la population pour l’information

Comme l’a démontré le psychologue social Stanley Milgram, les êtres humains sont susceptibles d’obéir à l’autorité. Son expérience a démontré que la plupart des gens se soumettront et obéiront aux autorités.

Il est peu probable que la majorité enquête sur les sources des journaux, des grandes entreprises, des politiciens, etc. La plupart ne creusera pas dans les données des articles scientifiques, chacun étant souvent bien trop occupé à gérer d’autres problèmes.

Au lieu de cela, elle fera simplement confiance à l’interprétation des données par les autorités, comme les médias, les scientifiques, les gouvernements, les fact-checkers ou contrôleurs d’information etc. et ne s’intéressera jamais aux sources pour vérifier leur exactitude et leur degré de précision.

Cela signifie que nous vivons dans un monde basé sur la confiance. Nous l’accordons aux moyens de communication de masse, aux politiciens, aux entreprises et autres autorités réputées.

On parle beaucoup de diversité ces jours-ci, mais la diversité de pensée et la diversité d’opinion sont en danger. Nous sommes poussés vers l’idée qu’un seul récit doit être accepté, le récit officiel approuvé par les autorités ou les autorités autoproclamées, comme les fact-checkers – qui se sont mis récemment à vérifier même les opinions. De cette façon, le discours officiel est répété encore et encore, comme de la propagande, aussi absurde que cela puisse paraître, peu importe le nombre de questions laissées sans réponse.

Fake news des gouvernements et propagande

Il y a quelques décennies, les autorités allemandes (gouvernement, scientifiques et médias) faisaient la promotion de l’eugénisme national-socialiste et de plusieurs autres fausses théories raciales. Ces idées ont abouti aux camps de concentration et à la Seconde Guerre mondiale. En URSS, les campagnes de désinformation étaient constamment encouragées et ceux qui n’étaient pas d’accord étaient sévèrement punis.

Dans les régimes totalitaires encore en place, comme la Chine, Cuba et la Corée du Nord, les campagnes de désinformation sont promues par les autorités et la vérité est massivement effacée pour construire une rhétorique dans l’intérêt des autorités ; par exemple le tragique massacre de la place Tian’anmen, dont l’évocation est fortement censurée par le gouvernement chinois.

Les régimes totalitaires ne sont pas les seuls à pratiquer la désinformation.

L’un des plus récents et emblématiques remonte à 2003, lorsque les États-Unis de Bush ont envahi l’Irak, accusant à tort ce pays du Moyen-Orient de posséder des armes de destruction massive. Des centaines de milliards de dollars provenant des contribuables ont été dépensés pour financer cette guerre. Environ 460 000 vies ont été perdues en Irak entre mars 2003 et mi-2011, selon une étude statistique publiée dans le journal de médecine PLOS (Public Library of Science). Au bout du compte, aucune arme de destruction massive n’a été trouvée, a admis Charles Duelfer, le plus haut inspecteur des armes de la CIA dans le rapport final de la CIA en 2005.

Combien de désinformations sont actuellement diffusées par les gouvernements, les médias, les grandes entreprises et les experts ? Comme nous pouvons le constater, historiquement, tous peuvent simultanément se tromper et ces échecs se produisent fréquemment, parfois à cause de leur propre ignorance et de leur incompétence ; mais ils peuvent aussi être à l’origine d’une désinformation délibérée en vue d’obtenir des avantages politiques et économiques à travers des lois et des régulations qui profiteront à des groupes spécifiques au détriment de la majorité de la population.

Retrouver la pensée critique

Nous ne pouvons pas revenir à l’époque de Galileo Galilei, lorsque le pouvoir établi déterminait arbitrairement ce qu’était la vérité, cette sombre période où poser des questions et proposer des théories pouvant ébranler le statu quo entraînait une sanction. Nous avons besoin de la liberté d’expression et de la liberté de pensée pour continuer à progresser.

La majorité de la population mondiale est sortie de la pauvreté au cours des deux derniers siècles lorsque nous avons commencé à jouir d’une grande liberté d’association, de pensée, de création et d’entreprenariat.

Nous devons maintenir ce système si nous désirons la prospérité et la paix. Un monde plein de technocrates et d’autocrates existait auparavant et existe toujours dans les endroits les plus oppressifs de la planète où sévissent pauvreté et tyrannie.

Avant d’accuser quelqu’un d’être un théoricien du complot, chacun doit se demander honnêtement s’il n’est pas lui-même un théoricien de la complicité manipulé par de grands joueurs. La véritable pensée critique s’accompagne de questionnements, de recherches et d’une réelle compréhension basée sur des preuves factuelles.

Si vous n’êtes pas autorisé à remettre en question un sujet que vous ne comprenez pas parfaitement, alors vous devriez vous méfier de celui-ci. Nous ne devons jamais nous faire avoir par le raisonnement fallacieux de l’argument d’autorité.

  1. Lucas Nunes est le fondateur du site Libertarian Europe.

 

Extrait de: Source et auteur

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