La trahison de Marion Maréchal

Carla Montet: Sur les réseaux sociaux, nous trouvons deux reproches redondants et beaucoup de violence verbale  autour de Zemmour, le mettant en opposition avec Marion Maréchal: Le fait qu'il soit juif, et que cela serait en contradiction avec les intérêts de la France, mais aussi, dans une moindre mesure, le rejet de Sarah Knafo, sa compagne (favoritisme, trop jeune, etc).

Depuis quelques semaines, plusieurs journalistes avaient déjà signalé un profond désaccord entre Zemmour et Maréchal, mais il était difficile de distinguer le boulevard du réel. Marion Maréchal nous avait inspiré confiance, brillante dans ses discours, et le travail d'équipe soudé de Reconquête ne laissait en aucun cas penser à une scission pareille.

En début de campagne, après le pogrom du 7 octobre, Eric Zemmour s'était rendu en Israël pour exprimer sa solidarité, et parallèlement, ou en réponse, Marion Maréchal s'était rendue en Arménie pour soutenir les chrétiens d'Artsakh, pour attirer l’attention sur le sort des chrétiens, les épurations ethniques dans cette région.

En soi, ces deux déplacements sont louables, et nous trouvions de mauvaise foi ceux qui relevaient que Marion Maréchal avait organisé cette visite pour toucher un certain électorat qui applaudissait en opposition avec Zemmour, disant qu'elle défend les chrétiens, et Zemmour les juifs et Israël.

D'autres disaient que les déplacements parallèles étaient biaisés car Zemmour se sentait profondément affecté, tandis que pour Marion Maréchal, ces chrétiens persécutés servaient à  transmettre un message à un électorat compatible avec le RN.

Maréchal et Zemmour auraient pu se rendre ensemble sur les deux endroits pour montrer aux électeurs leurs unité, mais...

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Exiger que Reconquête ne présente aucun candidat pour ces #LegislativesAnticipées sans lui réserver des circonscriptions en échange, ça n’est ni plus ni moins que demander à Reconquête de signer son arrêt de mort et disparaître du paysage politique.
Parce que les #ElectionsLégislatives2024 sont celles qui permettent à un parti d’avoir du temps de parole dans les médias et des financements publics.
Ne pas présenter de candidats à ces élections c’est donc décider de crever la bouche ouverte. C’est évidement inacceptable.
Eric Zemmour a fait son maximum en décidant de ne pas se porter personnellement candidat, afin justement de n’être pas un obstacle à l’union. Cela a été refusé.
Le choix est donc entre se faire hara-kiri ou présenter des candidats partout pour continuer à faire vivre nos idées. Nous avons choisi de vivre parce que nos électeurs, nos militants, nos adhérents, nos cadres nous le demandent. Et contrairement à d’autres, nous ne les trahiront JAMAIS.

 

 

 

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TRAHISON - Marion n’a fait aucune alliance et aucune union.
Il s’agit d’une forfaiture et d’une escroquerie. Elle s’est ralliée, avec quelques cadres fêlons, au RN.

Elle ment : jamais il n’a été proposé à Éric une quelconque alliance. Le RN veut picorer chez R! ceux qui l’arrangent. Cela revient à demander une alliance en posant la condition d’une démission d’Eric, ce qui est évidemment inacceptable.

Eric n’a jamais refusé l’union. On ne lui a tout simplement JAMAIS proposé. Elle trahit : elle espère être ministre.

Pour mémoire, Marion avait rejoint Éric Zemmour en 2022.

Sa famille et son clan qu’elle dira prioritaires 2 ans plus tard, passaient alors après des sondages qui flirtaient avec les 20% en 2022.
Eric Zemmour lui a tout donné : une place de vice-présidente du parti, la tête de liste aux Européennes, l’embauche d’une équipe pléthorique payée par la campagne… autant de libéralités et de facilités à qui elle doit d’avoir été élue.

Une fois élue, une fois qu’elle a bien profité de la générosité et de la confiance d’Eric Zemmour, elle le poignarde dans le dos en se drapant des oripeaux de celle qui aurait prétendument assuré l’union des droites.

« Trahison jamais ne prospère », écrivait Lord Byron. « Et pourquoi ? », demandait-il. « Parce que si elle prospérait, on ne l’appellerait pas trahison ».

Reconquête vivra et se reconstruira sur de nouvelles bases. Des bases saines, bâties sur une vertu cardinale : la loyauté à ses convictions. Et ces convictions sont portées par Éric Zemmour qui, lui, n’a jamais varié.

Je lui renouvelle mon amitié et je continue à ses côtés, le combat vrai et authentique pour que la France reste la France.

9:51 PM · Jun 12, 2024

 

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Selon une source à CNEWS, l'entourage d'Eric Zemmour accuse Marion Maréchal de mentir. Le président de Reconquête n'aurait jamais eu l'intention de présenter des candidats partout face au RN. Une version des faits soutenue par le principal intéressé.
Preuve:

 

 

 

 

 

 

 

 

Affiche du 10 juin déjà sans Zemmour

 

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Mes chers amis, Aujourd’hui comme hier, comme depuis trente ans, je maintiens ma volonté de créer ce grand rassemblement pour la victoire. Et comme je l’ai dit hier, sans rien exiger pour moi-même. Je ne suis candidat à rien, je ne demande aucune circonscription, aucun poste. J’ai seulement conscience de l’occasion unique qui se présente à la France. Hier encore, Marion Maréchal tentait d’obtenir un accord entre partis auprès du Rassemblement national. Accord que je souhaitais ardemment, mais que Marion Maréchal, sans me consulter un seul instant, a échoué à obtenir auprès du RN, à mon grand regret. Ce matin encore, dans nos échanges du Bureau exécutif de Reconquête, nous affirmions que nous devions préparer le parti aux élections, tout en acceptant qu’en cas d’accord nous retirerions des candidatures Reconquête pour permettre le grand rassemblement pour la victoire. Cela reste évidemment d’actualité. Étonnamment, Marion Maréchal, Guillaume Peltier, Nicolas Bay et Laurence Trochu ont décidé de mentir devant toutes les caméras, dans une conférence de presse stupéfiante, pour me faire porter la responsabilité de l’échec de cette union, m’accusant de faire barrage à cette union que j’appelle de mes vœux depuis trente ans. Cette déclaration calomnieuse n’est que la première étape d’un ralliement des proches de Marion Maréchal au RN pour obtenir des circonscriptions, tel que nous l’apprenons déjà dans la presse. De ce fait, Marion Maréchal, Guillaume Peltier, Nicolas Bay et Laurence Trochu se sont exclus eux-mêmes de notre mouvement, Reconquête. Dont acte. Je suis écœuré et blessé, comme tous les militants, les sympathisants et les électeurs, par la trahison de Marion Maréchal à qui nous avons tous fait confiance, à qui nous avons tout donné : la tête de liste aux Européennes, les sacrifices des militants, les moyens de Reconquête. A peine 48 heures après avoir été élue par 1,3 million d’électeurs Reconquête, elle a choisi de vendre notre parti, d’estimer qu’il n’était plus légitime à porter ses idées, de nous attaquer par la calomnie. Comme les électeurs, les sympathisants et les militants de Reconquête, j’étais, je suis et je serai toujours pour le rassemblement. J’affirme que Reconquête et moi-même sommes prêts à retirer des candidats en cas d’accord avec le RN, Les LR et tous les autres partis de bonne volonté souhaitant la défaite d’Emmanuel Macron et des islamo-gauchistes. Je suis affligé de devoir commenter ces querelles intestines à l’heure où notre pays meurt, à l’heure où l’espoir peut enfin renaître. Pourvu que vive l’union, pour que vivent nos idées et que vive la France. Eric Zemmour

2 commentaires

  1. Posté par Nicole Lereg non vaccinée le

    Que la droite sera toujours la plus bête du monde. Ces idiots sont incapables de mettre leurs querelles d’égo au placard afin de former un groupe majoritaire. Marine s’étourdie avec ses 30% du parlement, elle risque de tomber de très haut, à vouloir faire la fine bouche. Ils se sont TOUS servis de la campagne de Zemmour comme socle de leur argumentaire, et maintenant ils le jettent comme un mouchoir en papier ! Cette politique-là, c’est de la merde et ceux qui la pratiquent ne valent pas mieux !

  2. Posté par Stéphane Montabert le

    La notion de « trahison » est bien élastique. La première trahison, si on en parle, a été commise par M. Zemmour lui-même en 2022, lorsqu’il a appelé au soir du premier tour de la présidentielle à voter pour Mme Le Pen. Il y avait une impulsivité liée au moment, comme en ce mois de juin. Mme Le Pen a royalement méprisé ce soutien inattendu, et Reconquête a foulé au pied son programme de campagne où il disait tant du mal du Rassemblement National. La seule qualité rédemptrice de cet appel était la logique politique elle-même, la fameuse « unité des droites » que M. Zemmour appelait de ses vœux.

    Retour en 2024. Mme Marion Maréchal n’a pas ménagé ses efforts des mois durant pour faire vivre la campagne électorale et noter les différences avec le RN. Reconquête a percé le plafond des 5% et réussi le tour de force d’avoir des élus au Parlement européen, un exploit! Exploit qui, il faut bien le dire, revient pour une large partie au travail de M. Maréchal, qui a continuellement travaillé pour ce résultat, comme tête de liste, avec une présence médiatique soutenue. Il faudrait être de la pire mauvaise foi pour accorder ces voix au seul crédit des diatribes talentueuses de M. Zemmour.

    Le Président Macron convoque dans la foulée une nouvelle élection législative. Le RN, fort de ses 31% des voix, n’a besoin de PERSONNE compte tenu du système électoral… Particulier, disons… qui a lieu en France pour les législatives. Il faut dire que ce mécanisme de scrutin, majoritaire à deux tours avec possibilité de triangulaires, a été entièrement conçu, et raffiné avec les ans, pour empêcher le passage des petits partis et favoriser l’accession au pouvoir des gros.

    Cela, la gauche l’a bien compris. Que fait-elle? Elle s’allie. Ainsi, les socialo-communo-écolo-islamo-gauchistes se rassemblent et s’attribuent des circonscriptions comme autant de chasses gardées, où UN SEUL candidat de ces quatre partis sera présent à chaque fois, sous l’étiquette de l’alliance, le Nouveau Front Populaire. Cela donnera lieu à d’âpres discussions et quelques petits coups de couteau dans le dos, mais c’est la différence entre la théorie et la pratique. Jusqu’à présent l’alliance n’a pas volé en éclats.

    Prenons ensuite les autres partis. Reconquête n’a strictement aucune chance de franchir l’obstacle du système électoral des législatives. Les Républicains, pas davantage. La Macronie elle-même risque d’être un parti croupion, à la taille humiliante pour le Président. Les seules alliances fonctionnelles envisagées au milieu de cette collection d’atomes était une énième alliance Les Républicains / Macronie. En face, le RN aurait pu, peut-être, oser du bout des lèvres une alliance avec Reconquête, mais il aurait alors été vilipendé par les médias à n’en plus finir. Cette alliance hypothétique aurait détruit les vingt ans de « dédiabolisation » consacrés à son mouvement par Mme Le Pen. Inimaginable.

    Vient le chien dans le jeu de quilles: Éric Ciotti. Le président des Républicains choisit de briser le piège mitterrandien du « cordon sanitaire » qui fait perdre la droite en France depuis quarante ans, et opte pour le mariage de raison avec le RN. Les voix apportées sont modestes, mais il y gagne la survie de son mouvement politique: le partage des circonscriptions électorales, avec des chasses gardées comme le Nouveau Front Populaire. Les caciques du parti hurlent à la mort, font des procès en sorcellerie, des tentatives ratées de putsch, mais ne veulent au font rien d’autre que la même chose, un mariage… En épousant la Macronie plutôt que le Rassemblement National. Maintenant que les listes sont déposées, il y aura des candidats LR « canal historique » contre des candidats LR « alliance de droite » ; nous verrons, avec le choix des électeurs, quelle stratégie sera gagnante.

    Déplaçons-nous vers la droite. Quel intérêt pour le RN de s’allier avec les Républicains? Quelques voix qui n’iront pas à la Macronie, certes, c’est déjà ça d’enlevé au Président Macron, mais le véritable cadeau est ailleurs. Il tient un mot: la respectabilité. La consécration d’une normalisation ou, à tout le moins, d’un pas vers cette normalisation. (Je crois pour ma part que cette normalisation n’arrivera jamais tant que les médias de grands chemin français n’auront pas été nettoyés des gauchistes qui y pullulent, mais c’est un autre sujet)

    Achevant sa quarantaine forcée en nouant enfin une alliance significative, premier parti de France, le RN termine enfin sa traversée du désert. Mme Le Pen peut savourer sa victoire ; si les choses tournent correctement, elle aura un Premier Ministre à Matignon. Dans ces conditions, pourquoi gâcher la fête, prendre le risque médiatique et d’image, et de se brouiller avec son tout nouvel allié, en étendant l’alliance à Reconquête? Ce n’est pas dans les plans de M. Ciotti, ni dans ceux de Mme Le Pen. Renaissance est la cinquième roue du carrosse. Fermez le ban.

    Fine analyste politique, Marion Maréchal – qui avait réussi à l’époque à être élue députée sous les seules couleurs du Front National – a bien compris ces équilibres fragiles, et la nécessité de préserver à long terme la perspective d’une future Alliance de droite. C’est pour cela que durant la campagne européenne elle retint toujours ses coups contre son ancienne famille politique, y voyant un futur partenaire de coalition, alors qu’Éric Zemmour les lardait des siens, voyant le RN comme un concurrent à abattre.

    Le jour des négociations venu, Marion Maréchal fut reçue à la table des vainqueurs. Elle n’avait à offrir qu’un maigre réservoir de voix et une réputation médiatiquement sulfureuse, une offre qui fut poliment mais fermement refusée. Elle appela néanmoins à voter pour cette alliance, sachant que jamais Reconquête n’aurait d’élu à l’Assemblée législative cette fois-ci, mais gardant entrouverte la perspective d’une future alliance de droite.

    Éric Zemmour cria à la trahison, la répudia, la radia, l’excommunia et l’insulta. L’auto-proclamé défenseur de l’alliance de droite vilipenda de toutes les façons possible sa principale championne, celle qui tenta envers et contre tout de continuer à la faire vivre, malgré toutes les humiliations. Tel un Iznogoud enragé, le Président de Reconquête ne trouva rien de plus intelligent de les chasser de son parti, elle et ses camarades élus aux européennes, perdant ainsi ses quelques élus si durement gagnés.

    L’hubris emporte bien des héros légendaires ; il emporte aujourd’hui celui de Reconquête, dont l’analyse politique a été obscurcie par une bien stérile colère. Éric Zemmour ne sera jamais Président de la République. Il n’aura pas de députés. Reconquête entame sa traversée du désert. Dans le meilleur des cas, ce parti réussira à subsister médiatiquement en espérant atteindre les deux chiffres dans les intentions de vote ; dans le pire, il s’étiolera jusqu’à l’insignifiance comme le Mouvement National Républicain de Bruno Mégret.

    Il y a une forme de noblesse dans l’intransigeance – un parfum de romantisme, quand le héros s’accroche contre vents et marées à un idéal inatteignable. Mais la politique n’est pas un roman d’aventure, c’est un drame. Dans la réalité, il faut transiger, sans cesse. Les citoyens français, soumis depuis des décennies au choix du « candidat le moins pire » à chaque élection, le savent mieux que personne. Pourquoi un fin commentateur de la vie politique depuis des décennies comme M. Zemmour s’en montre à ce point incapable?

    Parce que ceux qui ont voté pour elle aux Européennes comprennent sa logique et qu’elle ne s’est jamais éloignée de sa ligne idéologique malgré les alliances, Marion Maréchal a sans doute encore un bel avenir politique devant elle. Quant à Éric Zemmour et à Reconquête, ils survivront, aussi longtemps qu’ils le peuvent. Ils permettront des années durant à Mme Le Pen de répondre avec un sourire à la question d’un journaliste en disant: « Mais Monsieur, nous ne sommes pas l’extrême-droite ; l’extrême-droite, c’est Reconquête. »

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