Fact checkers contre Liberté de la presse. La liste des acteurs médiatiques de confiance pour 2023
QUAND LA COMMISSION EUROPÉENNE ATTAQUE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE
Personne n’aime les fausses nouvelles ni la désinformation, ce sont de véritables plaies. Pour y remédier il existait deux solutions, laisser le bon grain chasser naturellement l’ivraie ou exercer un contrôle sur l’information, la Commission européenne a choisi le contrôle.
Imaginez un monde dans lequel de grands industriels de l’alimentaire se verraient confier par l’Etat la mission de contrôler la qualité des produits de tous leurs concurrents, et qu’ils auraient dans le même temps le pouvoir exclusif de les juger et de leur interdire tout accès au marché. Tout le monde aurait les cheveux qui se dresseraient sur la tête.
Face à un tel pouvoir (quasi judiciaire) concédé à ces grands industriels de délivrer arbitrairement les bons et les mauvais points à tous leurs concurrents c’est l’ensemble des consommateurs et des petits et moyens producteurs qui se soulèverait contre l’horreur d’un tel système. Ce serait ici l’image même d’une organisation totalitaire reposant sur une entente entre grands industriels et pouvoir politique. Personne ne l’accepterait. Et pourtant c’est exactement le système choisi (et imposé) par la Commission européenne pour désormais contrôler l’information et la presse en Europe. Difficile de faire plus abusif. Les citoyens européens, et les Suisses qui y sont aussi soumis, en ont-ils vraiment conscience ?
En 2018 la Commission de Bruxelles a édicté un Code de bonne conduite à l’intention des entreprises et des organisations qui voudraient se sentir concernées par la désinformation. [1]
Dans les faits, il s’agissait en réalité de mettre en place un manuel qui explique comment contrôler l’information, un manuel utilisable par toute entreprise ou organisation qui voudrait se lancer dans le fact checking. Et ce manuel est une véritable hérésie puisqu’il délègue ce pouvoir de contrôler l’information, ici rien moins qu’un quasi pouvoir de police, à des acteurs privés et commerciaux. Une situation dont on peine à comprendre comment elle a seulement pu être imaginée tant elle est fondamentalement illégale et viole les principes les plus élémentaires de la libre concurrence et de l’interdiction de la concurrence déloyale.
Il suffit en effet de voir qui sont les investisseurs de ces fameux fact checkers reconnus par l’UE. Comme par exemple le fact checker NewsGuard qui ne cesse de harceler le site des Observateurs.ch en lui adressant (sans droit) des questionnaires de contrôle. [2]
Parmi les actionnaires de NewsGuard on ne trouve rien moins que des personnes proches des grands milieux internationaux de l’investissements dans les médias et la publicité et le très édifiant groupe Publicis, l’un des trois plus grands groupes au monde actif dans la communication et le plus grand du monde francophone. [3]
Les liens et les conflits d’intérêt sont ici évidents. Comment l’un des plus grands groupes actifs dans la presse et la communication peut-il être en même temps un producteur de médias et le juge qui distribue les bons et les mauvais points concernant la fiabilité des autres médias ? La règle millénaire et universelle que l’on ne peut être à la fois juge et partie dans une même cause est ici incroyablement violée, et le pire, sur incitation de la Commission européenne. C’est le B.a.ba lui-même de toute réflexion éthique et juridique qui est écrasé ici avec de grosses chaussures.
La manière dont l’UE a construit sa police de l’information est un véritable scandale. La Commission européenne a livré à ces grands groupes médiatiques, donc à des acteurs privés et commerciaux, et sur un plateau, le pouvoir de discréditer tous leurs concurrents de la presse libre ainsi que le pouvoir de les faire exclure du marché publicitaire et de les faire enterrer tout au fond d’internet. Si nous ne sommes pas ici à la limite d’un système mafieux et de protection des grands monopoles, alors l’on ne sait pas ce que c’est.
La lecture de ce Code de bonne pratique de la Commission européenne est littéralement hallucinante. La Commission y enjoint ces grands groupes médiatiques non seulement à contrôler la qualité de l’information de leurs petits concurrents, mais aussi à leur faire interdire tout accès à des revenus publicitaires et à les déclasser dans les moteurs de recherche s’ils ne colportent pas la vérité décrétée par ces grands groupes. Il faut juste le lire pour le croire. [4]
Ces méthodes ne sont rien d’autres que des méthodes totalitaires, des règles de censure que la Commission européenne demande à des acteurs privés et commerciaux d’appliquer selon leur bon vouloir à leurs concurrents de la presse de réinformation. C’est tout simplement inimaginable. C’est un droit d’étouffer et de garrotter en règle qui leur a été octroyé. Et avec la caution et sur incitation de l’UE.
Si une telle démarche de censure n’existait pas l’on penserait juste qu’elle est inimaginable et ne pourrait figurer que dans des romans d’anticipation comme 1984. Sauf que cette démarche de l’UE est bien réelle et porte non seulement une atteinte incroyablement destructrice au principe de libre concurrence dans la presse mais elle représente purement et simplement une mise à mort de la liberté d’expression en Europe. La Convention européenne des droits de l’homme elle-même n’y a plus aucune valeur, et il ne vaut même pas la peine d’en parler tant tout cela relève ici désormais de la plus sombre et effrayante mascarade.
INVERSER LA VAPEUR. LA LISTE 2023 DES ACTEURS MÉDIATIQUES DE CONFIANCE EN SUISSE
Vus les systèmes judiciaires en place l’on ne se fait guère d’illusions sur les possibilités de contrer en justice cette entente réunissant Commission européenne et grands groupes industriels médiatiques, ou alors à un prix à payer qui serait plus exorbitant que de remonter ad vitam aeternam la pierre de Sisyphe. Il n’en demeure pas moins que des parlementaires de notre pays devraient se saisir de cette question parce qu’après tout nous sommes en Suisse et en rien soumis aux grands contrôleurs de l’information de l’UE et qu’il s’agit d’une question capitale pour la liberté de notre information.
Ou alors faut-il inverser la vapeur ? Et comme ces grands groupes commerciaux désormais décréter des listes d’acteurs médiatiques de confiance et décerner nous aussi les bons et les mauvais points et des petits drapeaux rouges ou verts sur la fiabilité ? Et soit dit en passant à bien moindre coût et sans aucun besoin de tous leurs soi-disant pseudo experts.
Pour l’UE et les États-Unis la liste est vite faite. Si l’on pose comme critère de respect de liberté de l’information la question de savoir quels médias ont donné la parole à la Russie dans le conflit Ukrainien, la parole à Trump dans les irrégularités de l’élection, la réponse tout le monde la connait. Elle est proche du néant. Ce qui en dit déjà long sur la soi-disant objectivité de l’information que la Commission européenne et ces industriels des médias prétendent défendre. Cela se passe de plus de commentaires.
En ce qui concerne la Suisse la liste est tout aussi rapide à faire. Si l’on pose comme critère pour figurer dans la liste suisse des acteurs médiatiques de confiance la question de qui a parlé ou parle du problème capital que constitue le régime anticonstitutionnel actuel qui refuse d’appliquer les dispositions du 9 février 2014 exigeant le retour de contingents pour l’immigration UE dans notre pays, la liste est tout aussi proche du néant. A l’aune de ce critère, des acteurs médiatiques de confiance il n’en existe pas dans notre pays, hormis quelques sites qui se comptent sur les doigts d’une main, comme Les Observateurs.ch. Et ne figurent en tout cas pas sur cette liste de confiance ni la RTS, ni Le Temps, ni Le Matin, ni la Tribune de Genève, ni le Blick, ni Heidi News, ni 20minutes, ni Watson, ni etc., ni aucun grand journal ni aucun groupe de presse dans notre pays, et encore moins NewsGuard qui sans rien connaître de notre démocratie arrive à adouber la RTS tout en harcelant les sites de réinformation de questions et de contrôles.
Vous voulez parler d’information, de désinformation, de réinformation, et maintenant de sanctions - puisque c’est bien de cela dont il s’agit - alors oui parlons-en. Mais parlons-en vraiment. Du point de vue de l’information nous vivons déjà dans un monde totalitaire, parce que lorsque l’ensemble des médias cachent une violation grossière du droit à l’autodétermination des Suisses, il n’y a pas d’autre nom pour cela.
Devrons-nous, nous aussi, en venir par exemple à faire des listes pour déterminer les annonceurs qui financent les médias non dignes de confiance dans notre pays ? Ces médias qui cachent que la volonté populaire est confisquée et les règles de notre démocratie violées ? Parce que dans le fond, si la police de l’information veut interdire que les médias de réinformation aient accès aux publicités payées par les annonceurs, alors pour ma part je ne vois guère pourquoi je continuerai à acheter des produits à ces annonceurs et à consommer chez eux s’ils soutiennent une police de l’information qui cache la vérité au peuple. En rappelant au passage que les Suisses qui défendent leur souveraineté constituent peu ou prou au moins, et l’on dit bien au moins, la moitié de la population. Veut-on vraiment en arriver là ?
La bonne nouvelle, puisque nous en avons besoin et que nous changeons d’année, c’est que d’autres solutions existent et seront présentées dans un livre à paraître sur notre besoin de renforcer notre Constitution, renforcement de notre Constitution dont la bataille pour l’information et la défense de nos libertés politiques sont précisément au cœur de la discussion. Le débat politique, la discussion des faits, doivent être sortis des mains des ententes entre pouvoir politique et grands groupes de presse. C’est une condition sine qua non pour l’avenir de notre liberté politique.
Je vous présente à tous mes meilleurs vœux pour 2023.
Michel Piccand
[1]
https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/library/2018-code-practice-disinformation
- également note 4.
[2]
[3]
Engagement de NewsGuard envers la Commission européenne
Liste des actionnaires de NewsGuard
https://www.newsguardtech.com/fr/a-propos/nos-actionnaires/
[4]
CODE DE BONNES PRATIQUES DE L'UE SUR LA DÉSINFORMATION
- OBJECTIFS
L'objectif de ce code est d'identifier les actions que les signataires pourraient mettre en place afin de relever les défis liés à la "désinformation". Conformément à la communication de la Commission, les signataires du code de bonnes pratiques reconnaissent l'importance des efforts pour :
…
(ii) Améliorer l'examen minutieux des placements publicitaires afin de réduire les revenus des fournisseurs de désinformation ;
…
(vii) … investir dans des moyens technologiques pour donner la priorité aux informations pertinentes, authentiques, exactes et faisant autorité, le cas échéant, dans la recherche, les flux ou d'autres canaux de distribution classés automatiquement.
[ORIGINAL]
EU CODE OF PRACTICE ON DISINFORMATION
- PURPOSES
The purpose of this Code is to identify the actions that Signatories could put in place in order to address the challenges related to "Disinformation" In line with the Commission's Communication, the Signatories of the Code of Practice recognize the importance of efforts to:
…
(ii) Improve the scrutiny of advertisement placements to reduce revenues of the purveyors of disinformation;
…
(vii) … invest in technological means to prioritize relevant, authentic, and accurate and authoritative information where appropriate in search, feeds, or other automatically ranked distribution channels.
SOURCE :
2018 Code of Practice on Disinformation (.pdf)
Le pdf est disponible ici en fin de page :
https://digital-strategy.ec.europa.eu/fr/library/2018-code-practice-disinformation

Bien vu. Encore mieux que dans le roman.
Dans 1984 la population est abreuvée de slogans comme « La guerre, c’est la paix. », « La liberté, c’est l’esclavage. », « L’ignorance, c’est la force. »
La commission européenne nous rajoute maintenant que les grands groupes de presse c’est la vérité.