Aux antipodes du Nouvel Observateur qu’il a fondé, Jean Daniel regrette entre autres l’abandon du modèle d’assimilation dans son livre posthume

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« Je ne pardonnerai jamais à ma famille, la gauche, d’avoir abandonné la nation aux nationalistes, l’intégration aux xénophobes et la laïcité aux communautaristes. »

Déplorant qu’un débat mal mené sur l’identité nationale ne cesse de déchirer la France, Jean Daniel partage dans ce livre posthume sa conviction que la nation française ne survivra qu’en retrouvant le sens de son histoire : la démocratie s’enracine dans un territoire, la France fabrique des Français avec les étrangers et la laïcité est le combat même de la République. Mais face à cette ambition retrouvée se dresse un triple défi : l’immigration, l’Union européenne et la mondialisation.

Conviant au fil des pages Renan, Michelet ou Braudel, Tocqueville, Lévi-Strauss ou Sartre, Barrès, Camus et Malraux, Jaurès, Blum, souvent Mitterrand, mais, avant tous, de Gaulle, Jean Daniel revient dans le style d’un mémorialiste sur les grands événements de l’histoire de France. Quand, apaisée avec ses racines chrétiennes, elle était fidèle à sa Révolution qui l’arrimait à l’Europe et à l’Universel. Quand, aussi, elle était meurtrie par la collaboration de Vichy, le drame de l’Algérie et l’offensive de l’islamisme.

Aujourd’hui, pour réconcilier la France, rien ne lui paraît plus urgent que maîtriser l’immigration pour rétablir l’intégration et combattre les racismes tout en réaffirmant la laïcité. 

Éditions de l’Observatoire


L’écrivain et philosophe Bérénice Levet a lu le livre posthume de Jean Daniel. Aux antipodes de certaines positions prises par son hebdomadaire, le fondateur du Nouvel Observateur, que l’on découvre sous un jour nouveau, y regrette notamment l’abandon de notre modèle d’assimilation.

La gauche n’a pas seulement perdu le peuple au sens sociologique du terme, elle ne l’a pas non plus perdu seulement en tant que réalité politique, communauté historiquement constituée cimentée par des souvenirs, une langue, des mœurs, elle a perdu l’homme, les hommes, conspuant depuis plusieurs décennies, le besoin d’histoire et d’histoires même, de passé, de racines, de continuité historique.

Tel est le sentiment, poignant, qui nous gagne et nous étreint en refermant le livre de Jean Daniel qui paraît aujourd’hui aux Éditions de l’Observatoire, «Réconcilier la France. Une histoire vécue de la nation».

[…]

Le Figaro


Jean Daniel était un des rares intellectuels français qui, à gauche, ne condamnaient nullement le débat sur l’identité nationale. Mieux : il ne pardonnait pas aux siens de l’avoir abandonné à la droite, pas plus qu’il ne pardonnait à la droite de l’avoir posé dans les termes d’un nationalisme qui aboutissait à diviser les Français au lieu de les réunir. Son vœu : trouver le récit national qui, aujourd’hui, saurait faire place aux nouveaux enfants de la République tout en restant intransigeant sur son indivisibilité et sa laïcité. […]

Le Monde

 

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