RTS – L’Europe vit-elle vraiment une nouvelle crise migratoire? Réponse: NON, il suffirait de tout centraliser.

Albert Coroz: À l'heure où nous terminons ce billet, les dirigeants du V4 sont en réunion pour échanger sur la plus grande crise migratoire que l’Europe ait jamais connue.

Orban a relevé l'attitude inqualifiable de Bruxelles, qui finance tout ce qui favorise l'invasion migratoire, labellisé sous l'appellation "pool factor", regroupant les ONG, les programmes d'intégration, etc., et tous les organismes qui travaillent pour aggraver la pression migratoire sur l'Europe.

L'UE est prête à dépenser des milliards pour une politique de peuplement destructrice et irréversible; pour le "pool factor" il y a de l'argent, mais pour les frais occasionnés par la défense des frontières, Bruxelles ne veut pas en entendre parler.
Orban relève avec fatalisme que le fardeau repose exclusivement sur les pays concernés, juste parce que la géographie et l'histoire les ont placés aux frontières de l’UE.

Il faut être conscient que sur un milliard d'Africains beaucoup sont prêts à arriver et également parmi un autre milliard  venant d'Asie et du Moyen-Orient musulman...

Les passeurs de clandestins continuent à travailler "pleins gaz" avec la complicité des réseaux d'ONG, et l'UE n'a toujours rien d'autre à proposer que de réglementer l'arrivée des migrants par une arrivée "sécurisée", sur le modèle du Pacte migratoire de l'ONU.

L'Europe est vulnérable au chantage politique des pays qui refusent de reprendre leurs ressortissants, tout comme elle est déjà en proie aux chantages de la Turquie ou de la Biélorussie.

Sans réaction adéquate de Bruxelles, la situation risque de devenir rapidement intenable, irréversible et tragique.

La grande majorité des migrants ne disposant pas des capacités nécessaires pour s'intégrer dans notre civilisation, vont développer immanquablement des sentiments de haine et de vengeance. Ils nous percevront comme étant les responsables de la perte des biens investis pour arriver en Europe. Mais aussi, de la perte leurs repères... et les effets de ces pertes représentent déjà à eux seuls un sérieux problème pour l'avenir des pays d'accueil.

La Gauche progressiste suisse et l'UE prônent une capacité d’accueil européenne sans limite, et proposent comme solution un couloir humanitaire "sécurisé" pour les acheminer et rien ne semble pouvoir les faire dévier de ces projets kafkaïens et suicidaires.

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Extraits de la conférence de presse du 23.11.2021 des V4

Jamais auparavant l'Union européenne n'a été soumise à une telle pression migratoire, jamais auparavant elle n'a été soumise à une pression provenant de trois directions à la fois, ce qui constitue un énorme défi pour l'ensemble de l'UE, a déclaré le Premier ministre hongrois lors d'un sommet des chefs de gouvernement des pays du groupe de Visegrád (V4) à Budapest, mardi. Viktor Orbán, Eduard Heger et Andrej Babiš ont exprimé leur solidarité avec la Pologne face à la situation migratoire à sa frontière orientale. Mateusz Morawiecki a déclaré que le terme de "crise migratoire" n'était pas suffisant pour décrire la situation.

L'Union européenne est confrontée à une pression migratoire sans précédent, non seulement sur le front sud mais aussi sur le front est [...]
Évaluant la situation, le Premier ministre hongrois a dit:

L'UE est soumise à une triple pression : au sud, il y a un flux continu en provenance de la région subsaharienne, "les bateaux des ONG transportent constamment des migrants à travers la mer vers les côtes européennes", et la route des Balkans occidentaux est à nouveau pleine. [...]

source: https://magyarnemzet.hu/kulfold/2021/11/orban-viktor-soha-nem-volt-meg-ilyen-migracios-nyomas-alatt-az-eu

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Forum - Frontière orientale de l'Union européenne: une crise bien gérée?

2 min. – 20.11.2021

Renaud Malik : L’Europe cherche encore une issue à la crise migratoire qui se déroule actuellement à la frontière entre Pologne et Biélorussie, où se sont massés des milliers d’hommes et de femmes instrumentalisés par le président biélorusse Alexandre Loukachenko. À Bruxelles, on se félicite pour l’heure d’avoir su contrer les plans de Loukachenko.

Alain Franco, correspondant à Bruxelles : Oui. Si, dans un premier temps, l’Europe a paru désemparée, elle a vite compris qu’elle ne faisait pas face à une vague migratoire classique, mais à une offensive d’un type nouveau, orchestrée par un État. Ce n’était donc pas la Pologne qui était attaquée, mais l’Europe tout entière que Minsk cherchait à déstabiliser, avec, pense-t-on ici, le soutien de Vladimir Poutine.

Dès lors, les 27 n’avaient plus le choix, le mot d’ordre s’est imposé : solidarité totale avec Varsovie.

Renaud Malik : Une solidarité qui peut étonner, étant donné le contentieux entre l’UE et la Pologne.

Alain Franco : Les 27 sont conscients que ne pas faire bloc avec la Pologne aurait donné la victoire à Loukachenko et aurait aussi pu servir d’exemple à d’autres. « La frontière extérieure de la Pologne, c’est la nôtre », dit un diplomate. « Sans solidarité totale ni fermeté, l’UE serait devenue l’idiot du village mondial, une cible pour tous les dictateurs. »

Renaud Malik : Solidarité accompagnée d’une vaste opération diplomatique.

Alain Franco : Oui, la Commission européenne a envoyé des émissaires dans tous les pays impliqués, avec le même message : l’UE est votre partenaire fiable depuis longtemps, qui vous donne soutien financier, commercial, diplomatique, alors cessez de vous rendre complices de ce trafic, qui instrumentalise des populations vulnérables. Ceci, plus des menaces de sanctions, ça a fonctionné : la plupart des pays et compagnies aériennes concernés ont suspendu leurs vols vers Minsk, l’Irak a commencé à rapatrier ses citoyens, et des migrants à la frontière sont réinstallés dans des centres en Biélorussie.

Renaud Malik : Quelles conclusions tire-t-on de tout cela à Bruxelles ?

Alain Franco : Que l’UE peut être efficace quand elle s’en donne les moyens. On apprend à développer une doctrine de gestion des frontières extérieures de l’UE. Les 27 travaillent justement à développer leur « boussole stratégique », c’est-à-dire leur doctrine de défense pour les années à venir, et ici on considère que la situation actuelle constitue une nouvelle forme d’agression contre l’UE.

Renaud Malik : Après, il y a aussi la question de la prise en charge de ces 2 à 3000 migrants. Est-ce que là aussi, l’UE fait preuve de solidarité et d’efficacité ?

Alain Franco : Non. La Pologne rejette toute ingérence européenne dans ses affaires, tout en demandant à l’UE de financer la construction d’un mur. 12 pays sont pour, autant sont contre, au nom des valeurs de l’UE. Mais tant que ces divergences subsisteront et que l’UE ne sera pas capable de s’entendre et d’appliquer un pacte migratoire commun, elle sera la cible de ce type d’agression.

source: https://www.rts.ch/audio-podcast/2021/audio/frontiere-orientale-de-l-union-europeenne-une-crise-bien-geree-25780135.html

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Forum - L'Europe vit-elle vraiment une nouvelle crise migratoire?

Débat entre Etienne Piguet et Bénédicte Pételle

10 min. – 20.11.2021

Renaud Malik : Est-ce que l’UE a raison de se féliciter de sa politique migratoire?

Etienne Piguet, géographe, vice-président de la Commission fédérale des migrations : Non! Le problème des migrations est mal géré.

Si on télétransportait au centre de l’UE, par exemple en France, ces migrants bloqués à la frontière polonaise, une bonne partie d’entre eux bénéficierait de l’asile, au vu de leur provenance. Donc il y a une sorte de schizophrénie européenne actuellement : on applique les droits humains s’ils arrivent qu’en Europe, selon les engagements internationaux (en tant que clandestins), mais on les empêche d’entrer en Europe. Ce que la Pologne fait est extrême, même si les migrants sont instrumentalisés.

Le problème de fond est qu'il n'y a pas de politique d'asile commune définie par l’UE, qui permette de dire qui peut venir, qui est assisté en dehors de l'UE, qui doit être renvoyé dans son pays d'origine. C’est à cause de cela, parce qu'il n'y a pas de politique commune, que des gens arrivent de partout. (!!!)

Renaud Malik : En France, une commission d’enquête parlementaire vient de rendre un rapport sur la migration, auquel Bénédicte Pételle, députée de la République en Marche, a contribué.

Bénédicte Pételle  propose de créer des voies de migration légales pour fluidifier les déplacements et réduire le pouvoir des mafias de passeurs.

Préparer en amont l’arrivée vers les pays européens. Ces couloirs existent déjà, mais concernent trop peu d’exilés. Pour l’Afghanistan, on a envoyé en août 2021, des troupes pour essayer de faire rapatrier  des interprètes, enfin de faire revenir, pardon, faire rentrer d'Afghanistan en Europe.
On a en Europe 123'000 demandeurs d’asile afghans qui ont été accueillis depuis août ...

Etienne Piguet : L’ouverture de couloirs humanitaire est une partie de la solution contre la schizophrénie actuelle. C’est aussi la proposition de la Commission fédérale depuis longtemps. En Suisse, il y a la solution du visa humanitaire.

La Suisse est le seul pays qui permet de déposer une demande de visa humanitaire dans les ambassades. C’est très restrictif, mais c’est une partie de la solution pour que les migrants ne prennent pas des risques inconsidérés pour arriver en Europe.

Ce sont des populations complètement différentes qui sont concernées par cela, par rapport à celles dont on voit les images à la télévision actuellement.
Cela concerne des petits groupes de population, qui ont des motifs d’asile, et pas des réfugiés de la survie, qui ont aussi des bonnes raisons de fuir, souvent de la violence, mais pour lesquels l’Europe n’est probablement pas la bonne manière de trouver protection parce que ces personnes sont extrêmement nombreuses.

Bénédicte Pételle : Nous sommes famille d’accueil avec mon mari et dans ces groupes, il y a aussi des intellectuels, des personnes qui sont d’un niveau… qui sont éduqués,, comme ces groupes qui peuvent partir avec ces visas humanitaires.

Les passeurs, on parle d’une nouvelle forme d’esclavagisme, une traite humaine, ces couloirs humanitaires pourraient être une solution très intéressante pour lutter contre eux.

Le rapport proposé par Bénédicte Pételle veut mettre sur pied une Agence Européenne de l’Asile, qui serait une agence compétente pour toutes les demandes d’asile en Europe.

Renaud Malik : Le problème de l’Europe est plus politique que technocratique?

Bénédicte Pételle Il faut un consensus, cela permettrait de rassurer les Européens.

Ce n’est pas une crise migratoire. Cela fait partie de notre histoire et il faut qu’on la gère ensemble. Le problème est qu’il y a des blocs de l’Est très durs, le bloc méditerranéen, qui sont les premiers pays d’accueil, et les pays comme la France ou l’Allemagne, un peu plus ouverts sur le sujet.

Cette Agence européenne existe déjà, proposée par le Parlement européen et la présidence du Conseil de l’Europe, mais pour qu’elle soit votée et fonctionne, il faut que les chefs d’État et le parlement de l’UE l’approuvent.

Etienne Piguet : Une Agence Européenne de l’Asile? Entièrement d’accord!  C'est la seule voie possible, une agence qui peut décider qui bénéficie de l'asile. Mais les critères de protection sont différents par pays. Un Afghan a plus de chances dans un pays que dans l’autre, c’est absurde. Il faut faire accepter cette solution d'uniformisation des critères d'asile par la population, et Étienne Piguet est certain que c’est possible.
Car la population est prête à comprendre que seule une politique d’asile uniforme permet de maîtriser aussi les flux migratoires quand ils prennent des proportions trop importantes ou quand ils concernent des personnes qui ne sont pas bénéficiaires du droit d’asile.

Renaud Malik : On vit une crise migratoire ou non? Qui dit vrai ?

Etienne Piguet : Pour moi, il y a une crise si les politiques sont incapables de trouver une réponse.

La crise est en grande partie politique. Mais c’est aussi une crise, pour parler en géographe, de la distance. La distance par rapport aux pays soumis à la violence ne cesse de se rétrécir.
Il y a beaucoup plus de personnes, actuellement, qui peuvent arriver jusqu’en Europe, que dans les années soixante. Ça, il faut le voir en face.

Du coup, les instruments juridiques acquis dans les années 60, comme la Convention sur les réfugiés, c’est un précieux acquis du droit international, il faut le conserver.
Mais il faut trouver aussi des solutions pour des personnes qu’on ne connaissait pas dans les années 60.

Renaud Malik:  Les tentatives de traversée de la Manche ont doublé les trois derniers mois, avec un pic cette semaine de 1600 personnes qui ont cherché à rejoindre les côtes anglaises en 1 jour à bord de petites embarcations. Comment cela s’explique ?

Étienne Piguet: Cela s’explique par l’absence d’une politique commune. Avec le Brexit, ça ne s'améliore pas. Ce qui est absurde.

La politique d’asile vise à protéger des personnes, sans forcément donner le choix du lieu de la protection. Mais si chaque pays fait sa propre politique, immanquablement vous allez avoir des gens qui arrivent par exemple à Buchs, comme c’est le cas actuellement pour des Afghans à la frontière suisse, mais ne souhaitent pas forcément déposer une demande d’asile en Suisse. Et on a tout intérêt à les laisser filer plus loin pour ne pas devoir supporter le fardeau de la protection.

Donc, la solution est que la politique doit être équitable pour tous, pour donner une protection, mais ce n’est pas laisser les gens dans le flou, sans aucune assistance. Et du coup, vu la situation en France, ils auront envie d'aller en Angleterre.

Renaud Malik: Que doit faire la France face à l’augmentation des traversées de la Manche qu'on observe depuis quelques mois?

Bénédicte Pételle : On doit trouver une politique qui soit plus cohérente. C'est un phénomène complexe, parce que cela fait 20 ans que ça dure. Les habitants de Calais ne veulent plus de la grande Jungle. Faire un accueil digne, et en même temps provisoire, puisqu'ils veulent repartir. On ne doit pas oublier dans cette situation le respect des droits humains.

source: https://www.rts.ch/audio-podcast/2021/audio/l-europe-vit-elle-vraiment-une-nouvelle-crise-migratoire-debat-entre-etienne-piguet-et-benedicte-petelle-25780136.html

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