Lausanne: journées de pseudo-débats sur le faux problème de la « haine »

À propos de la «Dispute» organisée au Palais de Rumine à Lausanne les 29 et 30 octobre sur le thème de la «haine»

Albert Coroz: Charles Kleiber, fondateur de l’Association Disputons-Nous, a choisi le thème fédérateur de la «HAINE» pour cette première rencontre de l’association, en affirmant qu’un thème agrégateur aide à débattre, à se parler et à mieux se comprendre. Kleiber se référait à la tradition de la dispute de 1536 à la Cathédrale de Lausanne entre catholiques et réformés.

Lausanne vient donc d’organiser deux jours de conférences interactives sur différents sujets autour du thème de la «Haine», dans le cadre de cette nouvelle forme d’événement culturel, animée par une belle brochette de gauchistes, qui se positionnent comme experts pour diriger les pseudo-débats.

Le diagnostic de Kleiber, pour le manque général d’affrontement des idées, c’est qu’il est dû à la conformité des Suisses, à la paix sociale, qui ont pour résultat qu’on ne débat pas assez. Il a annoncé que ces deux jours allaient permettre une confrontation des arguments pour mieux se comprendre et arriver à la capacité d’un vivre-ensemble constructif, où l’argument compte.

Comme il l’explique à Forum, Kleiber constate que la conflictualité sociale augmente, et que le besoin du débat pour éviter la haine se fait sentir. C’est pourquoi poser les questions autour de la haine est une mesure préventive, pour empêcher le passage à l’acte.

Le thème central choisi était l’accueil de l’Autre, avec des intervenants provenant du gotha romand, des bobos blancs, universitaires, disposant déjà de toutes les prérogatives pour se faire entendre dans nos médias et dans le monde académique.

Les conférenciers annonçaient une confrontation d’opinions, mais en réalité ils ont repris les méthodes de manipulation de la RTS, afin que la pensée unique demeure.
Cette technique consiste à laisser une personne «résumer» la manière dont il faut comprendre un sujet avant même que le débat commence: le résumé ne présente que le point de vue biaisé de l’envoyé spécial, de l’expert, etc., en mêlant présentation et opinion, et en se positionnant sur ce qui est juste et ce qui est faux, afin de poser un barrage mental aux captifs et de «baliser» la compréhension du sujet .

C’est une méthode orwellienne, qui a été utilisée au temps de la fin de l’empire soviétique, sous le nom de Glasnost, qui s’annonçait comme une ouverture vers le pluralisme d’opinions afin d’étouffer plus habilement la liberté d’expression.

 

Le sujet annoncé était de trouver un consensus par le dialogue face aux questions qui polarisent la société afin d’éviter l’explosion sociale.
Mais le choix des intervenants a défini l’horizon indépassable de la fenêtre d’Overton, aboutissant inéluctablement à la conclusion que le multiculturalisme est positif, enrichissant et inévitable, que l’Autre n’est pas différent de nous et que son rejet est la source de nos maux. C’est une des méthodes de fabrication du consentement qui font partie de la panoplie des techniques de manipulation dont use et abuse la RTS pour le dressage mental du bon peuple au politiquement correct.

Nous avons à faire tout au long à une imposture, où tout est mis en place pour ne pas s’écarter de la propagande officielle, et poser par là une nouvelle couche sur la chape de plomb qui empêche de nommer le réel. Organiser une escobarderie, sous prétexte de débat, voilà ce qui manquait aux Romands, alors que la pensée unique triomphe déjà partout depuis des décennies.

Lien vers le programme de la manifestation: https://disputons-nous.ch/wp-content/uploads/2021/10/211004_ADN-PROGRAMME2.pdf

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Les débats

Exemples des débats proposés à Rumine:

 

La haine dans les religions

• Quand la haine attise les bûchers: les procès en sorcellerie, Gwendoline Ortega (sujet à la mode que le néo-féminisme exploite pour étoffer son martyrologe)

• L’imaginaire de la radicalisation: un cas tiré de l’évangélisme, Philippe Gonzalez

• Que faire de la radicalisation en islam ?, Faker Korchane

• Mises en scène de la violence dans la Bible, Marie Cénec

L’animation de ces «débats» sur la haine religieuse était confiée au théologien bienpensant Pierre Gisel.

Souvenons-nous ici du comportement inqualifiable du professeur Pierre Gisel, organisateur il y a deux ans d’un débat sur «l’islam cépaça», dirigé contre son confrère Shafique Keshavjee (voir ici, ici et ici), après que ce dernier eut écrit un livre sur l’islam conquérant qui lui a valu sa mort sociale. Nous citons un extrait de l’article de Mireille Vallette:

«Pierre Gisel, théologien protestant, a proposé un débat à Shafique Keshavjee. Condition implicite posée par Gisel: le pasteur Keshavjee serait face au minimum à deux adversaires. Devant le refus de l’intéressé, pour le principe, Gisel a proposé d’autres configurations, toutes aussi déloyales [...] article complet:

Charles Kleiber avait donc invité une valeur sûre, réputée pour pratiquer des débats biaisés, afin que la parole reste sous contrôle, dans la même ligne idéologique.

Notons également que les deux intervenants, aussi bien la pasteure Marie Cénec que le professeur Philippe Gonzalez (Université de Lausanne, Institut des sciences sociales, Maître d’enseignement et de recherche), avancent tous deux que la vraie menace dans le monde, ce ne sont pas les paisibles adeptes de l’islam, mais que c’est parmi les évangéliques qu’on trouve les déviants, les sectaires, les extrémistes, avec une haine du corps, une haine de la femme, et surtout une haine de l’autre.

Philippe Gonzalez a publié par ailleurs chez Labor et Fides en 2014: «Que ton règne vienne. Des évangéliques tentés par le pouvoir absolu»

Chaque jour qui passe, depuis des années, la population occidentale est affectée par une criminalité dont l’origine est occultée par l’establishment. Une violence grave, haineuse et gratuite, raciste, qui va crescendo, commise majoritairement par certaines personnes issues de la civilisation musulmane. Il faut empêcher à tout prix que cela soit dit.
Notre quotidien est rythmé par des horreurs, dont voici trois exemples récents:

Nanterre (92) : Marine, 18 ans, agressée gratuitement à coups de pied et de marteau par deux hommes en survêtement et cagoule (MàJ : Elle témoigne)

Une jeune Allemande de 15 ans violée pendant des heures par une dizaine d’hommes issus de l’immigration

Un réfugié politique syrien de 27 ans poignarde quatre passagers d’un train

Tout ce bastringue n’a qu’un but, c’est d’empêcher que l’on fasse le lien entre l’islam, l’invasion extraeuropéenne et ses méfaits.

 

La haine sur les réseaux sociaux et dans les médias

• Une promenade sur les réseaux sociaux, Ricardo Chavarriaga

• Les beaux jours du complotisme, Sebastian Dieguez

• Les réseaux sociaux sont-ils une zone de non-droit?, Catherine Frammery

Sous les différents angles abordés, le fil conducteur de la conférence postule que si la société multiculturelle pose problème, cela proviendrait d’une fermeture de cœur et d’esprit des autochtones.

Cela en prétextant parler avec le haineux, qui reste le complotiste/ populiste/ xénophobe/ l’intolérant/ l’ignare, contrairement aux adeptes de la «société ouverte».

 

L’avenir de la haine

La pandémie, le désordre climatique, les nouvelles formes du capitalisme, les migrations, l’inévitable (sic) intégration européenne et la quête de nouvelles identités sont mis au menu par l’animatrice Agathe Birden (également animatrice de la Matinale sur la RTS), avec la participation de Yves Daccord (Directeur général du CICR), de Dominique Bourg (professeur à l’Université de Lausanne, militant Vert, dont l’exposé portait sur «Les haines et le désordre climatique»), et de Jean-Pierre Danthine.

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L’émission «Forum» en direct:

Le 29 octobre, la RTS, en direct du Palais de Rumine, a invité au micro à tour de rôle des intervenants de cette «première Dispute», pour donner un aperçu de leur débat du lendemain. Exemples:

«Pourquoi tant de haine dans les religions?»

Échange entre Faker Korchane, ancien journaliste, professeur de philosophie, théologien musulman, et Marie Cénec, théologienne et pasteure, porteuse du concept de l’écospiritualité, qui consacreront chacun leur conférence à démontrer que l’islam n’est pas plus violent que la Bible.
Les deux experts affirment que leurs religions se valent; et qui après cela oserait les contredire?

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Résumé de l'interview:

Renaud Malik, journaliste RTS: On va pas se mentir, dans l’imaginaire collectif il y a cette idée que le christianisme est une religion de paix et d’amour contrairement à l’islam. Est-ce que cela résiste à l’analyse des faits? Si on prend les textes chrétiens, est-ce que c’est vrai?

Marie Cénec: Si le christianisme, c’est la religion dite de l’amour, il doit travailler la haine. Il n’y a pas d’amour sans haine. Le christianisme n’est ni paix ni amour, il est aussi traversé par la violence, la haine et la radicalité. Dans la Bible, déjà au 4e chapitre de l’Ancien Testament, il y a le premier meurtre, celui d’Abel par Caïn. La religion permettant de mieux vivre ensemble, elle doit aller au plus profond de l’épaisseur humaine, et on y trouve de la haine. Le Nouveau Testament n’est pas davantage paisible et fait d’amour que l’Ancien Testament. Le judaïsme est pétri aussi d’amour, mais il y a des textes violents sur le jugement, qui promettent un châtiment. Il y a des problèmes relationnels dans les communautés: l’apôtre Paul, dans son épître aux Corinthiens, parle de problèmes de sexe, d’argent, de rivalités au sein de la communauté. La Bible est imprégnée de discours forts et clivants.

Renaud Malik: Est-ce qu’on parlait de la radicalité dans l’islam il y a cent ou deux cents ans, ou est-ce que c’est récent?

Faker Korchane ne répond pas à la question: comme toujours, rien ne sera approfondi concernant cette question trop brûlante.
Korchane commence par dire qu’il a déjà un problème avec le mot de radicalité, et explique qu’on ne peut pas associer l’islam avec la radicalité ou la violence, puisque l’islam est multiple et réaliste, on ne peut pas donc l’essentialiser de la sorte.
L’islam est proche du judaïsme, réaliste - contrairement au christianisme, qui idéalise la nature humaine. L’islam reconnaît, contrairement au christianisme, que la nature humaine est violente et dès la base, il cherche à juguler, limiter la violence.

Faker Korchane au sujet de la déradicalisation: C'est la loi de la laïcité qui empêche la déradicalisation. Il faut plutôt faire connaître le vrai islam pour éviter la radicalité. Les multiples visages de la charia sont à étudier, à enseigner pour contrer la radicalité.

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Les réseaux sociaux et la haine...

RTS: Savons-nous encore débattre? 14:56

Débat entre Grégoire Junod, syndic de Lausanne, Olivier Meuwly, historien et observateur politique de la Suisse, et Catherine Frammery, journaliste au Temps.

Questions: «Comment être Suisse sans se fermer aux autres? Comment s’ouvrir aux autres sans se perdre? La question de l’identité individuelle et collective, se pose brutalement « [...] (source)

Postulat: Les réseaux sociaux, qui font de la concurrence aux médias subventionnés, sont les principaux coupables de la diffusion de la haine et de la parole débridée et/ou complotiste.
Les haineux sur les réseaux sociaux rejettent le vivre-ensemble et les idées de gauche.

La conclusion des spécialistes: Il faut plus de censure pour que la haine disparaisse des réseaux sociaux.

Et cela s’appelle, bien entendu, «plus de dialogue».
Il faut légiférer davantage sur ce qui peut être dit sur la toile, afin d’éviter la diffusion de la haine et de la désinformation. Censurer, mettre en place plus d’instances, plus d’ONG, qui vont purger le web des paroles non autorisées, et tout cela, bien entendu, avec l’argent des contribuables, de même que l’establishment nous fait financer cette presse que plus personne n’a envie de lire.

Le non-dit: Les problèmes que l’idéologie progressiste a importés sur notre sol ne nous laissent pas beaucoup de choix. Plus exactement, le choix entre crever, disparaître - ce que la conférence suggère - ou se battre pour survivre - ce que l’establishment considère comme une idée criminelle.

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Le complotiste, cet ennemi du débat (06:05)

Interview de Sébastian Dieguez, Université de Fribourg, chercheur spécialiste du complotisme. Extraordinaire coïncidence, son livre a paru juste la veille, 500 pages avec «plein d’angles intéressants».

Sébastian Dieguez explique le lien entre haine et complotisme : Le complotisme, un terme péjoratif, mène à la haine, s’en nourrit, s’accompagne de ressassement et rumination. La cible doit être haïe en permanence. Le complotisme nourrit la haine. Et si l’ennemi ne fait rien de grave, c’est qu’il conspire dans son coin pour nuire.

Le terme de complotisme n’est pas scientifique, c’est un style cognitif qui recouvre une idée plus globale qu’une théorie.

Un complotiste est celui qui pense que quelqu’un s’est arrangé pour rendre notre vie insupportable.

On ne peut pas débattre avec le complotiste, qui fait semblant de débattre, usurpe l’idée, alors que rien n’est basé sur les faits.

Comment calmer le complotisme?

Il faut éduquer les gens. Les complots ont des cycles naturels.

Conclusion de Sébastian Dieguez: Il est impossible de débattre avec un complotiste.

Le non-dit, c’est que la définition de ce qui est ou n’est pas complotiste fait partie des prérogatives de la bienpensance.
Par exemple, si quelqu’un prétendait hier que le virus du Covid provenait du laboratoire P4 de Wuhan, c’était un complotiste.
Puis, depuis que le parti Démocrate des
États-Unis autorise cette hypothèse, l’idée n’est plus criminalisée.

D’une manière générale, ce que le politburo occidental - c’est-à-dire le parti Démocrate aux États-Unis - décide comme vrai doit devenir la vérité officielle pour l'Europe et le peuple suisse.

Ce qui aurait dû être débattu dans ces conférences sur l’information, c’est la manière dont la Gauche abuse de sa position dominante sur l’information, l’enseignement, depuis qu’elle a gagné la guerre culturelle. Le fait que les progressistes n’arrivent pas à maîtriser les réseaux sociaux et que leur toute-puissance pour définir le vrai est ébranlée, est présenté comme un souci pour nous tous, au nom de la chasse à la haine.

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L’esprit du PLR représenté par ses meilleurs éléments:

Titre de cette dispute dont la RTS n’a pas dit un mot:
«Réguler la haine par la démocratie? Le cas de la Suisse»

Ce débat était absent du programme imprimé, seul le programme online le contenait.

Nous ne pouvons que faire des suppositions sur ce que cette Dispute a pu donner face à Madeleine von Holzen, journaliste de la RTS, de Tamedia, rédactrice en cheffe LeTemps, Heidi.news – son pedigree en dit long...

Face à elle, deux intervenants de haute volée, deux PLR, Olivier Meuwly et Dominique Dirlewanger, des personnes qui ont certainement relevé le niveau de cette manifestation.

Olivier Meuwly est un intellectuel intègre, un érudit, avec une plume très élégante, mais qui ne sera jamais un UDC, même en étant un des meilleurs du PLR. Historien des idées politiques, porteur de l’idéal d’une Suisse unie dans la diversité, il prône la neutralité dans l’humanitaire, le fédéralisme et la capacité de faire des compromis.

Olivier Meuwly a dit par exemple qu’il comprend que l’initiative contre l’immigration de masse n’a pas été entièrement mise en œuvre. Mais pour lui cela ne veut pas dire que la volonté populaire n’ait pas été respectée, car il faut s’adapter à la réalité pour éviter des problèmes avec l’UE.

Meuwly pense aussi que la réalité et les choix politiques obligent le Conseil fédéral à éviter les problèmes entre la Suisse et l’UE. L’UE n’accepte pas la votation suisse et c’est un gros problème. La Suisse devrait s’adapter à la réalité. Il n’y a pas pour autant un déni de démocratie, car ce n’est pas la première fois que le résultat d’une votation n’est pas entièrement mis en œuvre. Pour différents sujets, comme la TVA, il y a un processus de maturation.

Quant à la question que les villes sont acquises à la gauche, Olivier Meuwly, lors d’une interview plus ancienne, livrait son analyse ainsi: C’est la droite qui est en retard sur les préoccupations des villes (féminisme, préoccupations écologiques...). Le PLR devrait mettre ces idées en lien avec l’idéologie libérale. D’autre part, le lausannois Meuwly déplorait que la Droite soit peu homogène, raison pour laquelle elle a de la peine à s’imposer. L’UDC, le PLR ne savent plus parler à l’électorat urbain, c’est pourquoi la Gauche gagne.

En réalité, Meuwly le sait mais ne le dit pas, c’est l’innommable trahison du PLR vis-à-vis de l’UDC, son manque de réciprocité dans la solidarité, qui est la cause de cette désunion. Sans parler de la diabolisation perpétuelle de l'UDC par les médias qui apeure les élus PLR .

Quant à l’autre participant à cette dispute, Dominique Dirlewanger, enseignant et historien talentueux et très en vue, il a également trop «une sensibilité de Gauche» pour représenter un vrai contradicteur de la bienpensance.
Dominique Dirlewanger a dit par exemple, lors de la votation sur l’initiative concernant la naturalisation facilitée pour la 3e génération, qu’on ne devrait même pas voter là-dessus, mais offrir la nationalité sans critères. Pour lui, le problème, c’est que la Suisse est trop restrictive comparativement aux pays qui offrent la nationalité à tout le monde au bout de 5 ans.

Même en tenant compte de ces deux intellectuels, nous ne voyons aucun intervenant, sur l’ensemble de ceux qui ont été amenés à dénoncer le règne de la pensée unique, qui s’oppose clairement à l’islamisation de notre pays, ou qui préfère notre souveraineté à la dépendance à l’UE.

Un PLR est une valeur sûre pour Kleiber, il sait que son invité fera tout pour être consensuel, que ses positions seront anti-souverainistes, mondialistes, écologistes, féministes, pro-UE, car être PLR, c'est s’allier sans ciller avec la Gauche si cela rapporte.
C’est cette trahison de la Droite qui a porté au pouvoir la pensée unique.

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La même émission de Forum abordait aussi des sujets d’actualité hors du programme de la Dispute. Parmi ceux-ci, l’immanquable séquence anti-UDC:

La pandémie renforce toujours plus les conflits au sein de la société selon un sondage de la SSR - 02:39

Etienne Kocher en direct de Berne. L’agressivité augmente. C’est le 9e sondage de la SSR sur la pandémie: un sondage Sotomo sur la polarisation de la société autour du vaccin et du certificat.

2/3 des Suisses se sont déjà disputés au sujet du Covid, la discorde traverse la société à tous les niveaux.

Les conflits autour du certificat Covid ou du vaccin sont la première préoccupation des Suisses, loin devant l’économie, la perte des libertés ou l’endommagement du système sanitaire.
La nouvelle est diffusée partout en long et en large, et l’émission Forum ajoute que la population garde sa confiance aux autorités.
La personne la plus populaire du Conseil fédéral est toujours Alain Berset, alors qu’Ueli Maurer a chuté à l’avant-dernière place, selon le sondage (dont la marge d’erreur est d’environ 1,1%), à cause de sa rupture de collégialité.
(Souvenons-nous de la tempête dans un verre d’eau soulevée par nos médias subventionnés à propos de son T-shirt.). Toujours 61% soutiennent le certificat Covid. Seul le temps dira si notre capacité à débattre et à vivre ensemble sera durablement endommagée après la pandémie.

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Visite guidée

La «dispute» autour de la notion de grand remplacement devait avoir lieu après les visites commentées par les trois animateurs, visites parcourant les différentes salles archéologiques depuis la préhistoire. En voici un exemple:

«La menace de l’Autre - dialogue autour de la notion de grand remplacement»

Une visite guidée muséale animée par Etienne Piguet, Lionel Pernet (le directeur du musée de Rumine en personne et un érudit en archéologie, de sensibilité Gauche) et Charles Kleiber.

Le groupe d’une dizaine de participants était formé de Blancs âgés, du genre «Grands-parents pour le climat», et d’une jeune femme métisse. Plusieurs d’entre eux se connaissaient préalablement.

Les trois animateurs ont illustré ce qu’est le mélange des populations depuis la nuit des temps.

L’accent était mis sur la relativité de la migration d’origine extra-européenne dans le contexte de l’histoire de l’humanité, histoire qui est faite, depuis toujours, d’enrichissement génétique et culturel.

Les intervenants ont renchéri devant les participants, pour dire à quel point c’est un fantasme né de la haine de l’autre que d’imaginer que nous sommes remplacés.

Et la haine, c’est mauvais, c’est la cause de toutes les guerres, de toutes les souffrances.
Il suffit donc de contextualiser l’immigration actuelle dans l’histoire de l’humanité pour relativiser les migrations actuelles, et d’accueillir à bras ouverts tous ceux qui fuient leur lieu d’origine, quelle que soit la raison de leur choix.

Les animateurs ont planté ainsi le décor, et leurs explications ne laissaient guère présager de place pour le débat.

Leur exposé pour nier l’existence d’un remplacement de population en cours prenait ses racines dans un contexte historique, une démonstration «scientifique», qui se voulait argumentée en faisant le parallèle entre les trouvailles archéologiques, les civilisations passées, et l’immigration extra-européenne actuelle, en affirmant que la haine vient de ceux qui parlent de grand remplacement.

Le directeur du musée explique l’époque paléolithique, le mésolithique, l’âge du bronze, comment a évolué l’humanité, ce que les fouilles archéologiques nous apprennent.

Les intervenants affirment que les peuples ne s’exterminent pas mais se mélangent, s’enrichissent mutuellement. Ce mélange est biologiquement nécessaire pour nos gènes.

Nos érudits mettent en perspective l’absurdité d’une théorie du grand remplacement, car tout serait relatif en matière de remplacement de population.
Les flux migratoires ont existé depuis la naissance de l’humanité. Les mammouths, les dinosaures ont remplacé d’autres espèces puis ont été remplacés, où est le problème?

Et comme toujours avec les idéologues de la Gauche, pour faire avaler le discours de l’amour pour les migrants extra-européens, le lubrifiant «haine de soi» est administré pour faciliter la déglutition:

S’il y a problème, c’est du côté des haineux, du côté de ceux qui refusent d’accueillir l’inéluctable…

Suite de la démonstration: Les mouvements de populations que l’archéologie nous montre nous obligent à nous remettre en question.
C’est avec l’apparition de l’homme (mâle) militaire et la créations d’armées structurées qu’a commencé la destruction de l’autre.
Cette idéologie systématique et la hiérarchisation sociale correspondent aux modèles coloniaux qui ont façonné l’Europe.

Les animateurs ont répété que le seul grand remplacement dans l’histoire de l’humanité est arrivé avec la colonisation par l’homme Blanc. Le refus du mélange, suivi d’extermination, est présent uniquement chez l’homme Blanc et colonialiste. Les Blancs ont éliminé les Indiens en Amérique, etc.
Le terme de grand remplacement serait complètement trompeur, il permettrait de détourner le regard de la vérité, car cela n’existe en réalité que par les actes colonisateurs de notre civilisation. Et là, une race a réellement exterminé et remplacé l’autre.

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Nous relevons ici que le grand connaisseur de la Gauche, Édouard Glissant, qui a théorisé la créolisation – terme de Gauche qui correspond au phénomène du grand remplacement – a conclu que le remplacement de population ne se fait pas sans violence, qu’il n’y a aucun exemple au monde où cela se soit passé pacifiquement:

Edouard Glissant: C’est-à-dire qu’il peut y avoir des créolisations sans violence, il me semble qu’il peut y avoir des créolisations sans violence. Pourtant, je cherche des exemples, et je n’en trouve pas. (source:)

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Puis les animateurs ont enfoncé le clou. Il n’y a aucun signe d’islamisation, même si le camp de Zemmour peint le diable sur la muraille. C’est juste la peur irrationnelle de l’autre. Il est vrai que depuis 20-30 ans l’immigration est plus soutenue vers la Suisse et que c’est une population qui vient des pays musulmans. Cette peur est déraisonnable, car il n’y a qu’une toute petite proportion des arrivées globales «qu’on peut qualifier de musulmane», entre 6 et 10 % vers la Suisse.

Les animateurs posent la question: y aura-t-il un remplacement, si la croissance des autochtones stagne, voire s’ils ne sont pas capables de se renouveler démographiquement?

Réponse du professeur: Admettons l’exercice mental selon lequel les nouveaux immigrés issus de pays musulmans feraient plus d’enfants. Même si cela se révélait juste – ce qui n’est pas le cas, précise le guide – cela prendrait plusieurs siècles. Il faut donc relativiser toutes ces inquiétudes. Ces immigrants s'assimilent, prennent de plus en plus leur place dans la société suisse. Puis, il rajoute:

On ne peut pas nier que dans les grandes villes, certains quartiers peuvent être un peu plus marqués par certaines pratiques culturelles. Mais il n’y a aucun signe qu’il y ait de plus en plus de pratiques culturelles allant dans ce sens, bien au contraire. Il s’agit plutôt de mélanges et d’adaptations des immigrants aux coutumes de la société d’accueil.

En Allemagne, il y a eu en 2015 des arrivées plus conséquentes et nous avons appris qu’il y avait un certain nombre d’arrivants qui réclamaient la loi islamique. Mais il s’agit d’une minorité dans la minorité sans importance. Car justement, ces migrants sont venus parce que nos pays offrent plus de liberté que leurs pays d’origine. Il n’y a aucun signe tangible de bouleversement de société à cause de ces nouveaux arrivés ni de phénomène de repli religieux. Si cela arrive, comme cela existe de toute façon ponctuellement dans toutes les religions, cela est facile à maîtriser.

Il n’y a donc aucun basculement de population et rien de tel n’est prévisible avec le mélange et l’adaptation des nouveaux arrivés à nos us et coutumes.

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Les trois guides ont déversé leur discours pour déconstruire le mythe du grand remplacement, avec des arguments qui suintaient les discours culpabilisants habituels, la diabolisation des malpensants, en dévalorisant notre civilisation et en présentant les migrants, sous l’angle d’un enrichissement indispensable à notre survie.
Le seul danger qu’ils ont pu identifier, c’est dans notre tête, non pas du côté de ceux qui nous enrichissent.

La présentation a glissé sans retenue des civilisations de l’antiquité au phénomène populiste «Zemmour» pour nous asséner le discours officiel:

Haïr les migrants, c’est irrationnel, car il n’y a aucun grand remplacement. Si Zemmour parle maintenant de remplacement de population, c’est que c’est la dernière mode mais cela ne correspond à rien.

Notons ici, que le camp du Bien, qui a organisé cette série autour du thème de la haine, cite Zemmour comme exemple de menace pour le dialogue et le vivre-ensemble. Et ceci alors que Zemmour et ses supporters ne menacent personne, alors que Zemmour est sous protection rapprochée, et menacé de mort par les islamo-gauchistes.

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Puis le groupe s’est avancé vers une statue de Moïse, où Moïse porte les cornes du diable en tenant les Tables de la Loi. C’est une des sculptures des piédroits (1901-1904), faite par Lugeon, s’inspirant de l’œuvre sculptée vers 1400 par Claus Sluter pour le Puits de Moïse à Dijon.
Le discours, prévisible, était de mettre en parallèle la diabolisation des juifs d’antan avec le rejet des musulmans actuellement, le refoulement des juifs d’hier et le refoulement des migrants en souffrance, pour conclure que les juifs d’hier sont les musulmans d’aujourd’hui.

N’étant pas suffisamment masochiste pour en entendre davantage, et gavé de propagande multiculturaliste jusqu’à ne plus pouvoir ingurgiter une miette de plus, nous nous sommes éclipsés.

La promesse d’une «dispute» ne ressemblait plus qu’à une fraude intellectuelle de plus, quelle que puisse être la suite.

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Et à présent, faisons-nous plaisir et imaginons à quoi devrait ressembler une vraie dispute et dans l’esprit de Calvin

Contexte du Musée archéologique de Rumine identique:
François Gervais et d’autres opposants au dogme climatique «incontestable» organiseraient une visite guidée au sujet des périodes que l’humanité a traversées depuis la préhistoire, comparant les températures de ces époques avec l’activité humaine.
Comme il y a des milliers de gens sur notre sol qui vivent (grassement) du bobard climatique, les contradicteurs de Gervais ne manqueraient certainement pas de se faire entendre.

Ce ne serait que justice et ce serait un minimum d’intégrité intellectuelle que de programmer pour une fois un débat de ce genre.

Mais dans la réalité, bien entendu, les opposants à l’arnaque écologiste sont réduits au silence. Nos Pastèques ne veulent même pas entendre les arguments les plus flagrants, comme le fait que le XIXe siècle, l’âge d’or du charbon et de l’industrialisation insouciante de la pollution, entraînant une augmentation de la production de CO2, a correspondu à une période de refroidissement.

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La nouvelle formule de la Dispute sera exportée à Genève, et le prochain thème déjà programmé sera «le Changement».

Notons que des «Disputes» avaient déjà été organisées par Charles Kleiber à Genève il y a quelques années:  

2016: Immigration: chance ou danger?

(voir TV5 Monde: «La Suisse doit accueillir plus d’immigrés»; Rapport annuel de l’IHEID, p. 62)

2017: Défis de la démocratie suisse

(voir Le Temps: Charles Kleiber: «La démocratie directe peut tuer le populisme»)

2018: La Dispute des médias

(voir Le Temps: Disputons-nous pour réinventer les médias!)

Il s’agissait alors de rendez-vous d’une seule journée, consistant simplement en conférences-débats entre gauchistes. Ce qu’il y a de nouveau dans cette soi-disant «première édition» à Lausanne, c’est l’ampleur donnée à l’événement, la formule est plus aboutie, comprenant projection de films et visites muséales avec les scientifiques.

Nous aimerions savoir combien ce bastringue a coûté aux contribuables, car il y avait d'énormes affiches, des logos ad hoc sur tout, un programme imprimé très chic, buffet à volonté... même les badges et les bracelets étaient luxueux.

Pour gagner la guerre culturelle, la Gauche a dû accaparer tous les espaces d'échanges d'idées existants (médias, enseignement, etc.), mais désormais, pour garder son hégémonie, elle n'a plus qu'à puiser dans la poche des contribuables.

7 commentaires

  1. Posté par Frederic Ebermann le

    Une Dispute entre gens qui sont tous du même avis, c’est évidemment plus commode. Cela évite le risque de controverse. C’est un peu comme un jeu truqué qui évite le risque d’incertitude… Ce summum de l’entre-soi est un formidable aveu de faiblesse. Les gens qui ont organisé ce fac-similé de débat sont hantés par la crainte d’être remis en cause et destitués de leur chaire de morale bienpensante. On aurait facilement pu trouver des voix pour leur porter une contradiction dévastatrice… mais voyez-vous, comme le réel est un gros facho, on a préférer se réfugier dans des fantasmes communs.

  2. Posté par kandel le

    Pour rappel:
    Le Liban — terre chrétienne — était en paix et prospère avant l’arrivée des Palestiniens.
    Nous connaissons la suite, un état de guerre civile continuelle entre « les chrétiens » et les « musulmans ».
    Avec le dernier ‘exploit’ du Hamas qui stockait, sans les précautions adéquates, 2’750 tonnes de nitrate d’ammonium qui ont finalement explosé au début d’août 2020 faisant des dégâts gigantesques dans la zone portuaire de Beyrouth.
    L’arrivée massive de musulmans en Europe occidentale transforme peu à peu tout ce continent en un « vaste Liban » appelé à des guerres civiles continuelles dans un avenir plus ou moins proche.

  3. Posté par Sonny Walker le

    Comment expliquer une telle misere intellectuelle de toute cette fachosphere adepte de la disparition de notre civilisation ? Tout mon soutien aux psychiatres et a tout autre soignant !

  4. Posté par Hexgradior le

    Pas de disputatio, ici. Rien que du vomi sociétale à l’odeur particulièrement nauséabonde et écœurante.

  5. Posté par Pierre-Alain Tissot le

    Le pire a été d’entendre la « pasteure » Marie Cénec, déverser sa haine des évangéliques, donc du christianisme en général…
    C’est avec de tels pasteurs que les Eglises réformées se vident de leurs fidèles, qui le plus souvent, vont dans les Eglises évangéliques, où le sel n’a pas encore perdu sa saveur.
    « Le sel est une bonne chose, mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il n’est bon ni pour la terre ni pour le fumier ; on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende »
    Luc 14 : 34-35

  6. Posté par Lucide le

    L’accueil de l’Autre, une diversion jusque-là très efficace utilisée par le gotha, les bobos blancs, universitaires, et autres bien-pensants occupant des postes hyper privilégiés, afin d’isoler ceux qui pourraient remettre en question leurs avantages exorbitants et indus, l’Autre, donc le migrant, n’ayant à coup sûr et actuellement pas voix au chapitre donc ne les menaçant pas.
    Bien sûr, la Haine de ce débat fait référence à Zemmour, qui est en train de faire trembler cette nomenklatura privilégiée et faussement, très faussement, du côté des faibles et du peuple.
    Le plus incroyable, c’est que tout le monde a bien compris qu’on va vers la charia à toute vapeur, mais ce qui compte pour certains, c’est de sauver encore pour quelques temps leur statut, en se foutant pas mal de ce qui va arriver à leurs petits enfants.

  7. Posté par Sergio le

    J’ai rarement entendu des propos d’une telle stupidité comme « Vous n’aurez pas ma haine ». Je voue ma haine, pleine et entière au terrorisme islamique qui assassine quotidiennement notre peuple. Je voue aux gémonies tous leurs sponsors et leurs soutiens.

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