Women in Black

Stéphane Montabert
Suisse naturalisé, Conseiller communal UDC, Renens

La photo de la semaine nous vient d'Afghanistan, où les talibans "mettent en scène leur vision de la femme", nous explique Le Figaro.

Les maîtres de l’Afghanistan ont organisé le 11 septembre dans une université de Kaboul une réunion de femmes soutenant leur conception de la religion et de la séparation des sexes.

La précision du sexe des participantes est importante tant il est difficile de reconnaître quoi que ce soit dans l'assemblée.


Des Nazgûls? Des Seigneurs Sith? Des Mangemorts de Harry Potter? (Image Kaveh Rostamkhani/kaveh-rk.net)

Raffinement supplémentaire, on nous apprend que les talibans ont inventé une nouvelle tenue: "il s’agit d’un niqab doté d’un sitar, c’est-à-dire d’un tissu qui recouvre les yeux, assez fin pour laisser transparaître le monde. À défaut de sitar, certains niqabs sont équipés de larges œillères qui camouflent tout autant le visage."

Le niqab n'était pas suffisant ; il faut une étoffe "assez fine pour laisser transparaître le monde." Un bel humanisme de nos barbus, qui pensent tout de même au danger de percuter des obstacles lors des déplacements.

Les internautes du Figaro se déchaînent:

"7 différences se sont glissées entre les niqabs. Sauras-tu les retrouver? Solution en page 124."

"Demain j'enlève le haut"

"Au bal!
Au bal mosquée ohé ohé!"

"Houssons les femmes, chantait Patrick Juvet..."

"Les jours de marché à Kaboul, ça ne doit pas être simple de retrouver chacun sa ou ses chacunes... À moins d'un suivi GPS. Une bonne idée au pays de la startup!"

Mais derrière l'humour pointent aussi des critiques. Pendant que les femmes afghanes doivent se déguiser en fantômes sous peine de subir des sévices que nous n'imaginons même pas, en Occident, féministes et gauchistes mettent en garde contre notre société patriarcale et misogyne en sirotant des cocktails devant la diffusion de “la servante écarlate" sur Netflix. Le silence des féministes sur le sort des femmes afghanes est assourdissant.

Si ces chantres du vivre-ensemble faisaient un tour dans certaines banlieues ou même à Paris dans les quartiers nord, ils y croiseraient des femmes et des jeunes filles couvertes de tchador, al-amira, khimar, hijab et parfois niqab, de plus en plus nombreuses. Ces accoutrements de l'islam politique permettent à leurs familles d'exprimer leur rejet voire leur haine des valeurs universalistes de l'Occident.

Il n'y a nul besoin d'aller à Kaboul pour apercevoir de telles assemblées. "Dans quelle ville française a été pris ce cliché? La Courneuve? Saint-Denis? Aubervilliers?" demande l'un d'eux. À moins qu'il ne s'agisse du "forum indigéniste non genré de l'UNEF à Paris 13", rétorque un autre. À l'université d'été des verts en France, il y avait aussi des “ réunions inclusives en mixité choisies”. Réunions interdites aux mâles prédateurs, et voiles bienvenus...

Car la perception de l'homme hétérosexuel comme une menace est le point de convergence entre les musulmans radicaux et les gauchistes radicaux. Pour "protéger" les femmes de ces odieux mâles cisgenres, les premiers ont la solution simple du niqab et de la surveillance permanente. Les seconds préfèrent pour l'instant théoriser leurs visions en novlangue, comme la “perspective décoloniale intersectionnelle", mais posent un regard bienveillant sur les premiers. Il suffit de discuter avec des progressistes sur le voile pour voir émerger cette convergence - notamment lorsqu'on vous raconte sans ciller que les femmes, comme ici les femmes afghanes, sont satisfaites et volontaires de s'habiller ainsi.

À partir du moment où la pression sociale et les maltraitances exercées sur les femmes sont suffisamment fortes pour que non seulement elles se vêtent comme l'exigent les mollahs mais en plus qu'elles prétendent que c'est leur choix lorsqu'on le leur demande, nos gauchistes de service n'y voient plus rien à redire.

Voilà en quoi cette photo ne diffère finalement en rien du monde woke que nous vendent les progressistes. Comme le résume un Internaute, "ces vêtements en sont l'aboutissement logique: safe-space féminin, participantes intersectionnelles qui ont toutes fait le choix conscient et éclairé du port du voiler intégral, choix faisant partie intégrale de l'expression de leur liberté. Voilà."

Stéphane Montabert - Sur le Web et sur LesObservateurs.ch, le 19 septembre 2021

3 commentaires

  1. Posté par monde-tombé-sur-la-tête le

    Je réagit au commentaire de Juju sur le scandale de cette nomination passée sous silence – 3 juges d’extrême gauche pastèque issus du milieu de l’asile…
    Quel bon choix ! la justice impartiale et a-politique ne pourra qu’en bénéficier!!
    Non mais comment est-ce possible dans notre pays???????

  2. Posté par antoine le

     »Le silence des féministes sur le sort des femmes afghanes est assourdissant. »
    Où sont les Manon Schick ou autres féministes ?
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Manon_Schick
    C’est des manifestations  »spontanées » et à la cartes en Occident, mais RIEN concernant ces millions de femmes opprimées par l’islamisme radical …
    A moins que s0r0s ait donné des ordres … il est peut-être copain comme cochon avec l’islam, allez savoir …

Et vous, qu'en pensez vous ?

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