Dennis Prager: C’est peut-être l’Europe de l’Est qui sauvera l’Occident

"Je sais que cela peut paraître choquant venant d'un Européen de l'Ouest ou d'un Américain, mais si l'Occident doit être sauvé, ce sera peut-être par l'Europe de l'Est",

nous a dit Dennis Prager, un des commentateurs conservateurs américains les plus connus, invité au festival du Mathias Corvinus Collegium à Esztergom, le "MCC Fest".

- Pourquoi avez-vous accepté l'invitation du Mathias Corvinus Collegium (MCC) à Esztergom ?

- Je savais que le MCC était fortement engagé dans les valeurs conservatrices, que je partage. Je pense que ce sont des valeurs internationales, notamment la croyance en l'individu et en la liberté. La gauche n'aime ni l'un ni l'autre. Aujourd'hui, la gauche est la plus grande menace pour le monde occidental.

- Êtes-vous déjà venu en Hongrie ? Pourquoi vous intéressez-vous à nous maintenant ?

- Je suis ici pour la cinquième fois. Je vous ai rendu visite deux fois sous János Kádár, car ma spécialité était le communisme et surtout sa version est-européenne. J'ai aussi appris le russe. Aujourd'hui, je pense que si l'Occident doit être sauvé, ce sera par l'Europe de l'Est. Je sais que cela peut paraître choquant venant d'un Européen de l'Ouest ou d'un Américain. Quand j'entends aujourd'hui les orchestres américains dire que s'ils jouent du Beethoven, ils cèdent à la suprématie blanche, je ne sais pas si l'Occident peut encore être sauvé, bien sûr. C'est un truc de malade. Je ne crois pas que lorsqu'on joue Liszt en Hongrie, on pense la même chose. C'est peut-être à vous de nous sauver.

- Vous avez écrit l'autre jour que l'Amérique a déraillé, et vous en rendez responsables les médias et les universités. Pourquoi ?

- Ne me dites pas que vous lisez ma chronique ici ? !

- C'est difficile de se cacher à l'ère de l'internet...

- Ah voilà ! Dans l'article, je cite donc les commentaires de lecteurs du New York Times. Certaines personnes sont fières que leur fils ne veuille pas d'enfants parce que nous sommes menacés par le changement climatique et le réchauffement de la planète. Est-ce normal ? Quelque chose de très malade s'est produit ici. Et tout cela est repris par les médias et les universités. C'est pourquoi je parle de déraillement.

- Qu'est-il arrivé à l'Amérique ? Pourquoi est-elle en ébullition depuis des années ? Il fut un temps où nous vous considérions comme un phare de la démocratie.

- Ce qui se passe est ce qui est arrivé à l'Europe de l'Est lorsque la gauche a pris le pouvoir. C'est là que la liberté prend fin. Il n'y a aucun exemple historique de liberté épargnée quelque part après une prise de pouvoir par la gauche. Je ne parle pas seulement des pays aujourd'hui, mais aussi de Facebook, YouTube, Instagram. La liberté d'expression est éradiquée dans les universités.

- Comment ? Par la culture de l'annulation, la cancel culture?

- Oui. Je suis sûr qu'il sera bientôt inscrit dans la loi qu’il est interdit de dire certaines réalités.

- Que pensez-vous des six premiers mois de la présidence de Joe Biden ?

- Biden n'est rien. Il ferait n'importe quoi pour le pouvoir. Je ne peux pas penser à quelque chose en quoi il croit. En fait, Joe Biden croit en Joe Biden. Il s'adresse à la gauche parce qu'elle a beaucoup de pouvoir au sein du parti démocrate.

- Et qui viendra après lui ? La Présidente Harris ?

- Je ne pense pas, car personne ne l'aime. Mais cela ne fait absolument aucune différence de savoir quels Démocrates dirigent le pays. Citez-moi un seul Démocrate américain qui croie en la liberté ! Je n’en connais pas un seul, sauf si vous comptez mon frère. Il y croit.

- Chuck Schumer, le leader démocrate du Sénat ?

- Évidemment.

- C'était une blague.

- C'est pourquoi je dis "évidemment".

- Un tournant conservateur est-il possible lors de la prochaine élection présidentielle ? Avec ou sans Trump à nouveau ?

- Absolument. Mais nous devons nous attendre à une pression accrue de la part des médias. Je viens d'écrire un article pour le Wall Street Journal sur YouTube, dans lequel je soutiens que les entreprises technologiques sont la plus grande menace pour la liberté dans l'histoire américaine. Ils vont également corrompre le processus électoral, par exemple en Californie.

- Avez-vous personnellement fait l'expérience de la censure des médias ?

- Aujourd'hui, si quelqu'un prétend que les hommes n'accouchent pas, Twitter peut le bloquer. C'est maintenant considéré comme un discours de haine. Il y a deux ans, on se moquait de ceux qui disaient ça, tant c'était évident. Des centaines de vidéos sur ma plateforme, Prager University, ont été soumises à des restrictions. Sur Facebook aussi, notre présence a été rendue difficile. Mais nous sommes toujours aussi forts, avec plus d'un milliard de visites par an. L'espoir est dans la jeunesse. Mais il faut du courage ; beaucoup ont peur. La peur de perdre leur emploi, de perdre leurs amis ou que leurs enfants ne leur parlent plus.

L'identité est devenue un jeu politique. La politique qui met trop l'accent sur les identités est mauvaise, car l'égalité aux yeux de Dieu est tout ce qui compte. Tout ce qui va au-delà est un jeu politique, a souligné Dennis Prager hier lors de sa conférence au MCC Fest à Esztergom. Selon lui, la politique de gauche ne s'intéresse pas à la nation à laquelle appartient une personne, qu'elle soit hongroise, américaine ou roumaine, mais au fait qu'elle soit noire ou blanche ou au genre auquel elle appartient. (MCC)

 

Source: https://magyarnemzet.hu/kulfold/2021/08/onok-lehetnek-a-nyugat-megmentoi-1

traduction: Cenator

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