Médias. Le Courrier déplore qu’en Italie, 80% des gynécologues refusent de pratiquer des IVG

Albert Coroz:  Ce que l'auteur de l'article ne dit pas, c’est quelle est la part estimée des enfants en parfaite santé qui sont venus au monde grâce aux gynécologues qui ont convaincu leurs patientes de garder leur bébé et qui sont actuellement aimés, acceptés par leur mère ou leurs parents. Les bébés, les enfants heureux d'être en vie, alors qu'ils auraient pu être arrachés du ventre de leur mère pour des raison de commodité personnelle.
Ce que le camp pro-avortement ne dit pas non plus, c'est les regrets irréparables, les crises de conscience et de culpabilité de celles qui ont avorté et de ceux qui ont pratiqué l’intervention chirurgicale. La bienpensance refuse de considérer un autre point de vue.

Cela dit, le taux de natalité est extrêmement bas en Italie depuis des décennies, avec un taux de natalité très élevé des Remplaçants. L'Italie a un des taux de reproduction les plus bas d'Europe, le peuple risque simplement sa disparition. C'est ce problème qui devrait être empoigné, ce que Salvini aurait fait s'il n'avait pas été évincé du pouvoir.
Cette réalité doit être examinée non pas du point de vue marxisto-féministe, mais du point de vue de la survie d'une civilisation qui est le fleuron de l'humanité.

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Quand le droit d’avorter devient un privilège

Dans la péninsule italienne, 80% des gynécologues refusent de pratiquer des IVG. Souvent plus par facilité que pour des raisons éthiques, souligne Emma Sofia Lunghi. Conséquence: on estime entre 15 000 et 20 000 le nombre d’avortements clandestins effectués chaque année.

Dans le monde entier, le droit et l’accès à l’avortement continuent d’être entravés. Un élément explique les difficultés accrues que rencontrent de nombreuses femmes pour accéder à une interruption volontaire de grossesse (IVG): les médecins ont le droit de refuser de pratiquer une intervention médicale si celle-ci va à l’encontre de leurs croyances. En Italie, la reconnaissance de ce droit a comme conséquence que, dans certaines régions, il est devenu presque impossible d’accéder à une IVG. En conséquence le droit d’avorter cesse d’en être un et se transforme en privilège réservé aux femmes qui vivent dans des villes progressistes, qui ont les moyens de voyager ou qui ont la possibilité de chercher de l’aide. Le droit d’avorter est donc soumis au droit de retrait pour des raisons dites éthiques: le refus de «mettre fin à une vie», de commettre un acte de violence.

D’après les données recueillies par Laiga (une association italienne de gynécologues pour l’application de la loi de 1978 légalisant l’IVG), l’Italie compte une moyenne de 70% du personnel soignant qui est «objecteur de conscience», et ce pourcentage augmente à 80% lorsque l’on considère la seule profession des gynécologues.

Dans la culture conservatrice et catholique italienne, l’objection de conscience en 2021 est la norme, malgré le fait que le nombre de catholiques pratiquant·es flotte autour des 10%. Autant dire que dans de nombreuses structures hospitalières, le personnel gynécologique choisit l’objection de conscience bien plus par convenance politique et par facilité que pour des raisons éthiques. De plus, ne pas invoquer l’objection de conscience est perçu par de nombreuses·eux gynécologues comme un risque pour leur propre carrière. Prescrire des pilules et pratiquer des IVG est considéré comme moins intéressant qu’un accouchement ou le traitement de pathologies. Ainsi, sous l’influence des médecins plus âgé·es, les étudiant·es en médecine apprennent très tôt dans leur carrière qu’il est plus avantageux d’être objecteuse·eur.

Le boycott d’un droit. Le résultat, c’est qu’il n’existe plus que 291 structures hospitalières où il est possible d’accéder à une IVG, et ceci à condition de demander le traitement pendant les heures de travail des rares gynécologues non objecteuses·eurs. Dans certaines régions, le pourcentage de médecins qui refusent de garantir le droit aux interruptions de grossesse dépasse le seuil du 80%, comme au Molise où 93,3% des médecins refusent de pratiquer une IVG. De nombreuses régions gouvernées par la droite boycottent ouvertement le droit à l’avortement en plaçant les gynécologues non objecteuses·eurs dans d’autres services qui ne pratiquent pas d’IVG, ou encore en prolongeant les démarches administratives nécessaires afin de dépasser le délai pendant lequel une IVG peut être pratiquée.

Cette situation s’est drastiquement dégradée pendant la crise liée à l’épidémie de Covid-19. De nombreuses structures qui garantissaient l’accès aux IVG ont alors fermé pour faire face à l’urgence, sans être rouvertes depuis. Enfin, certaines structures ne garantissent plus l’accès à l’IVG, car le ou la seul·e gynécologue non objecteuse·eur est parti·e à la retraite.

D’après une estimation effectuée par l’Institut supérieur de la santé en 2012, il y aurait entre 15 000 et 20 000 avortements clandestins effectués annuellement en Italie. Les médecins italien·nes ont une claire responsabilité dans cette situation désastreuse. En refusant de faire correctement leur travail, ils et elles condamnent chaque année des milliers de femmes à recourir à des pratiques dangereuses, antihygiéniques et parfois mortelles. Au vu de tous ces éléments, l’Italie ne peut plus être considérée comme un pays où l’accès à l’avortement est un droit. Les manifestations de la droite «provie» sont de plus en plus importantes, et la loi sur le droit à l’avortement est chaque jour fragilisée davantage.

Paru dans Pages de gauche n° 180, été 2021, pagesdegauche.ch

source: https://lecourrier.ch/2021/07/16/quand-le-droit-davorter-devient-un-privilege/

Pays Taux de natalité (naissances/1.000 habitants) Année
Turquie 15 2020
Islande 13 2020
Albanie 13 2020
Irlande 13 2020
Norvège 12 2020
Suède 12 2020
France 12 2020
Royaume-Uni 12 2020
Luxembourg 12 2020
Monténégro 12 2020
Belgique 11 2020
Danemark 11 2020
Pays-Bas 11 2020
Chypre 11 2020
Moldavie 11 2020
ex-République yougoslave de Macédoine 11 2020
Finlande 11 2020
Suisse 10 2020
Liechtenstein 10 2020
Malte 10 2020
Ukraine 10 2020
Biélorussie 10 2020
Lituanie 10 2020
Autriche 10 2020
Estonie 9 2020
Slovaquie 9 2020
Lettonie 9 2020
Pologne 9 2020
République tchèque 9 2020
Hongrie 9 2020
Serbie 9 2020
Saint-Marin 9 2020
Espagne 9 2020
Croatie 9 2020
Slovénie 9 2020
Allemagne 9 2020
Bosnie-Herzégovine 9 2020
Roumanie 8 2020
Italie 8 2020
Bulgarie 8 2020
Portugal 8 2020
Grèce 8 2020
Andorre 7 2020
Monaco 6 2020

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