Masques, tests, pas de confinement ni… de vie privée : le modèle sud-coréen, un exemple ?

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Chaque pays touché par la pandémie de Covid-19 a mis en place une stratégie et un plan d'action, parfois bien différents. Si bien que tous les pays contaminés ne connaissent pas le même destin face à l'épidémie.

En Corée du Sud, alors même que le pays était, fin février, le deuxième plus gros foyer au monde derrière la Chine, les courbes des contaminations et des décès liés au Covid-19 sont désormais relativement stables, avec 8 961 cas et 111 décès depuis le début de la pandémie, d'après les derniers chiffres du Centre de contrôle et de prévention des maladies (KCDC) du 23 mars.

Grâce à une impressionnante politique de lutte contre le virus, les autorités sud-coréennes semblent avoir réussi, jusqu'à présent, à endiguer la pandémie. De quoi faire des émules à travers le monde. Gianni Rezza, directeur de l'Institut supérieur de la santé (ISS), le principal organisme public de consultation scientifique italien, a érigé, dans un entretien avec le journal La Stampa le 23 mars, en exemple à suivre la méthode sud-coréenne de lutte contre la pandémie de Covid-19. Pour lui, les Sud-Coréens ont adopté «une stratégie efficace qui a permis de réduire la croissance de la courbe épidémique».

Retour sur les principales décisions prises par le gouvernement sud-coréen.

La stratégie des masques... pour tout le monde

Le gouvernement sud-coréen a tout d'abord fait preuve d'interventionnisme, d'une part, afin de soutenir la production nationale de masques, et d'autre part, vis-à-vis du rationnement pour la population. 

«Nous pouvons aller à la pharmacie une fois par semaine pour acheter 2 masques maximum par personne» à 1,10 euro l'unité, explique Aleyna, une habitante de la capitale sud-coréenne, Séoul, interrogée par Le Figaro. Elle explique ensuite que chaque Sud-Coréen porte un masque «depuis début février». Et de poursuivre : «Les gens qui ne portent pas de masque dans le métro ou dans la rue sont très mal vus. Il faut porter un masque pour ne pas contaminer les autres.»

Pour autant, malgré un approvisionnement en flux tendu, la Corée du Sud n'a pas connu de pénurie de masques, notamment grâce à une planification simple et efficace, décidée à l'aube de la crise sanitaire. Ainsi, chaque citoyen sud-coréen se voit attribuer un jour d'accès à la pharmacie, «déterminé par le dernier chiffre de l'année de naissance. Exemple : 1 et 6 le lundi, 2 et 7 le mardi, etc...» précise Aleyna pour Le Figaro. Une gestion politique claire dans un pays où le port du masque est perçu comme une prise en compte de l'intérêt collectif et du bien commun.

Plus de 300 000 tests réalisés à l'aube de la pandémie

La Corée, qui n'a pas pris de mesures de confinement, a en revanche tablé sur une stratégie de dépistages massifs à l'échelle du pays, et ce dès le début du mois de février.

Ainsi, plus de 300 000 tests ont été réalisés jusqu'à la mi-mars, contre 60 000 en France à titre de comparaison. Politique qui semble jusqu'à présent payante puisque la Corée du Sud n'a comptabilisé «que» 64 malades supplémentaires le 23 mars et moins de cent la veille, d'après le KCDC.

En outre, ces tests ont été faits selon des procédures adaptées au risque de transmission du virus. Les autorités sud-coréennes ont donc privilégié la méthode du drive-in, que bon nombre de pays utilisent désormais, consistant à dépister les conducteurs directement dans leur voiture, généralement sur un parking proche d'un hôpital ou d'une clinique. Ce dispositif évite d'une part tout contact entre le patient et le personnel soignant, et d'autre part, la propagation du virus et les files d'attentes au sein des hôpitaux et cliniques souvent surchargés.

Enfin, fin février, l'agence Reuters a révélé que les autorités avaient saisi une vingtaine de laboratoires privés pour leur demander de développer un test au plus vite. L'infectiologue coréen Kim Woo-Joo a estimé, dans un article de Science Magazine paru le 17 mars, que «cette expérience [avait] montré que les tests de laboratoire» étaient «essentiels pour contrôler une maladie infectieuse émergente».

La vie privée temporairement suspendue pour lutter contre la pandémie

«[Les autorités sud-coréennes] ont effectué des tests rapides, nombreux mais ciblés, utilisant la carte des déplacements de chaque personne testée positive, obtenue grâce à la géolocalisation des téléphones portables», explique le directeur de l'Institut supérieur de la santé (ISS), Gianni Rezza. Et de résumer : «Ils ont ainsi réussi à identifier et à isoler les sujets à risque» puis ils ont «créé des applications permettant aux citoyens de connaître les zones de plus grand transit de personnes contagieuses, afin de les éviter.»

Les déplacements des malades sont reconstitués au travers des images de vidéosurveillance, de leurs transactions bancaires et du bornage de leur smartphone

«Les réformes prises après 2015 ne se limitent pas à l'accélération des procédures administratives en cas d'épidémie. Elles donnent aussi autorité au gouvernement pour faire temporairement exception à la vie privée afin de faciliter le traçage des personnes infectées et de tester leur entourage à leur tour», indique Le Parisien.

Et de continuer : «Les déplacements des malades sont reconstitués au travers des images de vidéosurveillance, de leurs transactions bancaires et du bornage de leur smartphone. Les proches de toutes les personnes contaminées sont contactées sur leur téléphone, les invitant à se faire dépister. Des SMS sont envoyés aux Coréens lorsqu'un nouveau cas est détecté près de chez eux ou de leur travail.»

Toutefois, le nom du malade concerné n'est jamais divulgué, indique le Guardian. Le texte envoyé par SMS stipule tout de même le sexe, l'âge et le numéro de dossier de l'individu en question, tandis qu'un lien permet de consulter la liste de tous les lieux où il s'est rendu.

Enfin, tout comme en France, la plupart des bâtiments, tels que les commerces, restaurants, stades, églises, gymnases et lieux de divertissement, sont temporairement fermés. Le gouvernement sud-coréen a également largement incité la population à opter pour le télétravail lorsque cela était possible. En outre, des dizaines de rencontres (concerts de musique K-pop, matches...) ont été annulées ou reportées, d'après l'AFP.

 

Extrait de: Source et auteur

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Un commentaire

  1. Posté par miranda le

    BRUXELLES ET SES ETATS EUROPEENS devraient au moins avoir l’humilité de faire appel au SENS DE L’ORGANISATION dont sont particulièrement doués les asiatiques.

    Et de mettre en place des séminaires qui permettraient aux SERVICES SANITAIRES ET HOSPITALIERS AINSI QU’AUX POLITIQUES ayant en charge le pays, DE SE FORMER.

    A moins que dans l’esprit de nos politiciens mondialistes, le peuple n’a plus assez de valeur pour qu’on ose le sauver. Si c’est le cas, le peuple saura démontrer à ces politiciens qu’eux aussi n’ont plus assez de valeur pour nous représenter et non plus d’être sauvés en cas de révolte fulgurante.

    En n’ayant pas protégé les policiers, de ce virus dangereux, en méprisant l’armée et en la laissant se débattre face à l’ennemi avec un armement fait de BRIC ET DE BROC, ils ont déja fabriqué leur corde pour se pendre.. Car dans ces corps d’état, police ou armée, les hommes ne sont pas dénués de cerveau.

    Macron est le seul président ayant été capable de semer un sentiment d’insécurité profond dans le coeur de ses citoyens. Avec ses prédécesseurs, on avait au moins le sentiment d’être protégés et de voir quand-même des hommes à la hauteur de leur tâche.

    Le choix de Mr Macron par les mondialistes financiers révèle la platitude de leur niveau de conscience et d’intelligence. On ne peut même pas leur dire de « retourner à leurs chiffres » car avec ces chiffres ils s’appliquent AUSSI à semer le désordre.

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