Sécurité, criminalité, circonstances aggravantes et peines plancher

Céline Amaudruz
Conseillère nationale UDC

Sécurité, criminalité, circonstances aggravantes et peines plancher

 

Le parlement est en session. Le coronavirus s'est invité au Palais fédéral qui semble bien grand compte tenu du peu de personnes qu'on y croise, parlementaires exceptés. Compte tenu du manque de distractions, j'espère que le Conseil national trouvera le temps de se pencher sur les deux initiatives parlementaires que j'ai déposées, l'une pour demander que les infractions commises au préjudice des femmes ou des agents publics soient considérées comme circonstances aggravantes et sanctionnées plus sévèrement et l'autre pour fixer des peines plancher dans ce même cadre. La commission compétente propose de rejeter ces textes, principalement au motif qu'ils violeraient l'égalité des citoyens devant la loi. En fait, je souhaite juste adapter les peines à la situation des victimes et non de l'auteur. Actuellement, le monde judiciaire est plein de prévenance pour les criminels alors que les victimes ne sont guère écoutées. J'estime que cela doit changer et que ce sont bien les victimes qui doivent être prises en compte lors de la fixation de la peine et non le confort de l'auteur. Une victime à qui on n'a pas rendu justice est deux fois victime, la première par l'auteur, la seconde par le législateur qui ne prend pas en compte son sort lorsqu'il rédige nos lois. Ces textes sont en quelque sorte le prolongement du débat sur la sécurité que j'avais proposé et obtenu lors de la dernière session. A cette occasion, le Conseil fédéral avait fait savoir qu'en Suisse, la sécurité est bonne et qu'il n'y a pas lieu de faire quoi que ce soit.

Ce dernier week-end vient de le confirmer. Vendredi, aux alentours de 4 heures du matin, un Turc et un Tunisien s'en prennent au distributeur de billets de la gare de Denges au moyen d'une meule. Pas de chance, le dispositif est sous alarme, le duo finit en prison. Ce même vendredi en début de soirée, deux individus cagoulés ont menacé l'employé d'une station-service à Givisiez au moyen d'un couteau avant de prendre la fuite avec un butin de l'ordre de plusieurs milliers de francs. Ils courent toujours. Le lendemain samedi un peu après midi et demi, des coups de feu éclatent à Grandson. Bilan, un mort et quatre blessés, fait divers vraisemblablement lié à la drogue.

Pour le Conseil fédéral, business as usual. Pour moi, un besoin urgent de corriger une situation qui fait de plus en plus de victimes, ces victimes qui demandent à avoir voix au chapitre lorsqu'une cour se penche sur ce qui leur a été infligé. J'aimerais simplement la leur donner.

Céline Amaudruz, 3.3.2020

7 commentaires

  1. Posté par Vincent Oberson le

    « …demander que les infractions commises au préjudice des femmes ou des agents publics soient considérées comme circonstances aggravantes et sanctionnées plus sévèrement… » Est-ce que cela signifie qu’en tant qu’homme, je vaux moins que les 2 cités. Sexisme ?

  2. Posté par Claude Haenggli le

    Madame Amaudruz a raison en ce qui concerne les peines plancher et tort lorsqu’elle veut favoriser certaines catégories de citoyens. Cette initiative pour demander que les infractions commises au préjudice des femmes ou des agents publics soient considérées comme circonstances aggravantes et sanctionnées plus sévèrement est maladroite et a déjà donné au Conseil fédéral un argument juridiquement valable pour ne rien faire.

  3. Posté par Chris le

    Peines planchers aussi pour l’alcool au volant et pressions sur fonctionnaires en appelant un ministre?

  4. Posté par Jeremiah le

    Des montagnes de lois ne feront pas avancer les choses. Ce qu’il faut c’est des juges moins débonnaires et moins à gauche. Mon ex-femme a fait des menaces d’infanticide, avait des pulsions ingérables de violence. C’est du pénal! Elle l’a finalement reconnu devant le SEJ et le juge, mais n’a pas été inquiété du tout! C’est les enfants et bibi qui ont ramassé et ramasse encore.

  5. Posté par LeVérificateur le

    « Pour le Conseil fédéral, business as usual… »

    « Allo Monsieur Parmelin. »

    « Bip, bip, bip, bip… »

  6. Posté par antoine le

    Que les juges appliquent déjà les lois en vigueur !
    Ils DOIVENT défendre les victimes et châtier justement les auteurs d’infractions quelle quelles soient …
    Si c’est trop difficile, alors ces juges doivent démissionner de suite !

  7. Posté par Sertorius le

    ‘En fait, je souhaite juste adapter les peines à la situation des victimes et non de l’auteur. Actuellement, le monde judiciaire est plein de prévenance pour les criminels alors que les victimes ne sont guère écoutées.’

    Le code pénal tout entier est à revoir ainsi que les règles carcérales. La justice en Suisse est aussi lamentable que la France. Les criminels ne passent pas assez de temps en prison malgré de lourdes condemnations comme pour des crimes violents.

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