Démocratie et fraudeurs, quand la Jeunesse socialiste vaudoise conteste la première et soutient les seconds.

Yvan Perrin
Ancien Conseiller national

Démocratie et fraudeurs, quand la Jeunesse socialiste vaudoise conteste la première et soutient les seconds.

Manifestement, la Jeunesse socialiste vaudoise ne s'est toujours pas remise de la votation sur la loi concernant la surveillance des assurés. Le texte, rappelons-le, avait pour but de mettre en place les dispositions légales nécessaires afin de s'assurer que les prestations sociales vont bien aux personnes qui en ont besoin et non aux abuseurs. On peut comprendre le courroux des jeunes pousses roses, il n'est pas dans l'ADN socialiste de veiller à une utilisation judicieuse des deniers publics. Elles sont donc vent debout contre leur Conseillère d'Etat Rebecca Ruiz, chargée de traduire dans la législation cantonale la décision populaire évoquée plus haut. Selon Le Temps du jour, celle-ci a déclaré il y a peu au 19h30 de la RTS que "la population doit avoir un système de sécurité sociale qui octroie des prestations de manière due et de manière juste" et que "pour assurer cette crédibilité, on doit pouvoir faire des enquêtes lorsqu’il y a des soupçons de fraude."

On ne voit pas d'emblée où est le problème, on dirait plutôt que c'est la moindre des choses mais pour la Jeunesse socialiste, il s'agit d'une "sur-application" du texte. Il est vrai que l'usage de GPS pourrait permettre de faciliter la mise au jour d'activités frauduleuses, ce qui est vraiment "orwellien". Il faudra tout de même passer par un juge pour obtenir pareille latitude, ce qui risque de freiner fortement les éventuelles velléités intrusives mais c'en est encore trop.

Pire encore, il se trouve que dans un éclair de lucidité, le groupe socialiste au Grand Conseil a soutenu sa ministre, ce que la relève vit manifestement mal. Elle le fait savoir par le biais d'un communiqué de presse dont voici un extrait : "C’est pourquoi la Jeunesse socialiste vaudoise condamne non seulement cette mesure excessive de surveillance de personnes déjà précaires mais également la façon dont celle-ci a été mise en place, contournant presque complètement le débat public, mis à part les interventions de quelques député·e·s." On notera au passage l'écriture inclusive, marque d'une gauche progressiste qui n'hésite pas à torturer notre langue au profit de l'égalitarisme.

Il faut aussi relever l'allusion au débat public qui aurait été contourné dans le cadre de la décision parlementaire. On voit bien là à quel point la votation populaire est mal passée chez les auteurs du communiqué. Le débat public a bien eu lieu, lors de la votation fédérale, ces jeunes ont eu l'occasion de dire tout le mal qu'ils pensaient du texte, ils l'ont fait et ils ont perdu. La population suisse leur a donné tort. La suite relève de la simple logique démocratique, les cantons traduisant dans leur législation interne les lois fédérales en vue de les mettre en œuvre.

Au vu de leur attitude, on ne peut que constater et déplorer le peu de compréhension que la Jeunesse socialiste vaudoise a du fonctionnement démocratique de notre pays. Sur leur site internet, les intéressés se présentent comme "un parti politique de jeunes indépendant qui se bat au quotidien pour ses valeurs."

Donc acte, les valeurs de la Jeunesse socialiste vaudoise comprennent le déni démocratique et le soutien aux fraudeurs. Magnifique ! Pendant que j'y pense, a-t-on des nouvelles d'Elias Sottas, ce jeune socialiste vaudois qui s'est présenté comme menacé par des extrémistes genevois ? Le délire victimaire est-il aussi une valeur de la Jeunesse socialiste vaudoise ?

Yvan Perrin, 11. 2. 2020

 

 

3 commentaires

  1. Posté par Bussy le

    En matière sociale surtout, faciliter la tâche des fraudeurs équivaut à nuire gravement aux personnes en situation précaire, le laxisme augmentant les cas de fraude et augmentant parallèlement les cas de fraude mis à jour tout cela donnant à penser aux contribuables qu’on les vole.

  2. Posté par Pascal le

    Toujours magnifique, merci Yvan !

  3. Posté par antoine le

    Merci M. Perrin pour votre billet !
    la Jeunesse socialiste vaudoise :
     »un parti politique de jeunes indépendant qui se bat au quotidien pour SES valeurs. »
    Pour que ce parti se batte pour SES valeurs, il faudrait que SES valeurs correspondent à celle du Peuple !
    Que désire le Peuple ? Payer le moins possible de primes d’assurance maladie par exemple !
    Pour que les primes baissent (ou n’augmentent pas …) il faudrait que TOUS les assurés soient honnêtes et ne commettent pas d’abus !
    Connaissant la nature humaine, il y a TOUJOURS des fraudeurs donc les contrôles sont nécessaires !
    Si les socialos ne l’ont pas encore compris, il faudra changer de fonds en comble la mentalité et le but de ce parti (jeunes ou moins jeunes dans le même panier !)

Et vous, qu'en pensez vous ?

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