L’Université française creuse sa tombe

post_thumb_default

 


Enseignement supérieur: alors que la Ministre n’a toujours pas réagi à l’annulation d’une conférence avec Geoffroy Lejeune et Charles Consigny à Sciences Po Lille, Guilhem Carayon de l’Union nationale inter-universitaire (UNI) déplore que l’État cède plus que jamais à la tyrannie d’une petite minorité de gauche dans les facultés françaises.


Plus de cinquante ans après la révolte bourgeoise de mai 68, l’extrême-gauche gangrène toujours l’Université. Elle devrait être le creuset de l’émancipation intellectuelle pour les étudiants. Pourtant, de plus en plus d’enseignants sectaires semblent confondre leur militantisme politique avec l’enseignement qu’ils délivrent. La fascination pour les études postcoloniales ou les études de genre, héritées des campus américains, a de quoi inquiéter d’autant que ces théories sont diffusées sous couvert de vérité scientifique. Peut-être pire encore, les descendants des faux-héros de mai 68 rêvent de faire leur propre révolution, saisissant chaque mouvement social comme une occasion de bloquer les facultés, sous le regard impuissant de Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, et des doyens de faculté.

A lire aussi: Lyon 2: Eliott Savy dénonce l’indigénisme à ses risques et périls

Pénaliser les autres n’est pas acceptable

Ces dernières semaines, dans de nombreuses universités comme celles de Nanterre, Paris 4 mais également Rennes 2, des étudiants, souvent accompagnés de cheminots et d’enseignants en grève, ont empêché la tenue des partiels en bloquant leur université. Ces blocages sont toujours l’œuvre de petits groupes ultra-minoritaires qui privent la grande majorité des étudiants de passer leurs partiels. Les étudiants qui se disent « en grève » oublient que l’étudiant n’est pas un travailleur mais un bénéficiaire du service public qu’est l’université. L’article L.811-1 du code de l’éducation prévoit que les étudiants « disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels. Ils exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l’ordre public ». Or précisément, les blocages constituent bel et bien un trouble à l’ordre public et une atteinte aux activités d’enseignement et de recherche. Que certains étudiants se pénalisent eux-mêmes est une chose, pénaliser les autres est inacceptable. Les doyens d’universités doivent prendre leurs responsabilités et faire preuve d’autorité en sanctionnant ces gens qui n’ont rien à faire à l’Université.

A lire aussi: Marcel Gauchet: « l’université est devenue une immense Z.A.D.! »

Largement distancées dans les classements internationaux du Times Higher Education ou celui de Shanghai, les universités françaises n’avaient vraiment pas besoin de cela. Imagine-t-on les étudiants des universités d’Oxford et de Cambridge bloquer leur université ? Les étudiants bloqueurs se permettent tout car ils savent que leurs actes resteront impunis et que de toute façon, ce n’est pas leur argent qui est en jeu puisque leurs études sont financées par les contribuables. Une note d’information du ministère de l’éducation nationale avait révélé qu’une année universitaire coûtait à l’Etat 13 873 euros par an. Rien que ça., « Les socialistes sont généreux, mais avec l’argent des autres ».

Révolutionnaires en carton

Certains étudiants se croient tout permis, oubliant que la citoyenneté est un bloc, faite de droits mais surtout de devoirs. L’Université n’appartient pas aux étudiants, encore moins aux quelques révolutionnaires en carton qui refont le monde aux terrasses de Saint Germain des Prés ou du Panthéon. Les bloqueurs ne représentent pas les 3 millions d’étudiants qui se battent pour obtenir un diplôme et travailler le plus tôt possible. On parle souvent de « majorité silencieuse ». C’est tragique car l’Etat cède plus que jamais à la tyrannie des minorités. Ces dernières ont compris les failles d’un système dans lequel l’autorité n’existe plus.

 

Extrait de: Source et auteur

Suisse shared items on The Old Reader (RSS)

Un commentaire

  1. Posté par Bussy le

    Comme les élites bien-pensantes et leurs rejetons savent très bien se mettre à l’abri de la concurrence, ils savent qu’ils peuvent tout se permettre, même d’être mal formés, car ils ont un boulot assuré dans leur petit monde monoculturel hyper fermé.
    Sur le long terme, ils sont trop cons pour se rendre compte de ce que ça va donner…. mais les asiatiques peuvent déjà rigoler !

Et vous, qu'en pensez vous ?

Poster un commentaire

Votre commentaire est susceptible d'être modéré, nous vous prions d'être patients.

* Ces champs sont obligatoires

Avertissement! Seuls les commentaires signés par leurs auteurs sont admis, sauf exceptions demandées auprès des Observateurs.ch pour des raisons personnelles ou professionnelles. Les commentaires sont en principe modérés. Toutefois, étant donné le nombre très considérable et en progression fulgurante des commentaires (150'216 commentaires retenus sur 9'675'514, chiffres au 25 septembre 2017) un travail de modération complet et exhaustif est totalement impensable. Notre site invite, par conséquent, les commentateurs à ne pas transgresser les règles élémentaires en vigueur et à se conformer à la loi afin d’éviter tout recours en justice. Le site n’est pas responsable de propos condamnables par la loi et fournira, en cas de demande et dans la mesure du possible, les éléments nécessaires à l’identification des auteurs faisant l’objet d’une procédure judiciaire. Les commentaires n’engagent que leurs auteurs. Le site se réserve, par ailleurs, le droit de supprimer tout commentaire qu’il repérerait comme anonyme et invite plus généralement les commentateurs à s’en tenir à des propos acceptables et non condamnables.

Entrez les deux mots ci-dessous (séparés par un espace). Si vous n'arrivez pas à lire les mots vous pouvez afficher une nouvelle image.