Italie : Conte II contre les politiques anti-immigration de Conte I

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C’est la majorité parlementaire de gauche qui a dit vouloir lever l’immunité parlementaire de Matteo Salvini pour permettre son jugement par le tribunal des ministres dans l’affaire du navire Gregoretti de la garde côtière italienne, et c’est cette même majorité qui aurait finalement voulu reporter d’un mois le vote en commission sénatoriale qui était prévu pour le lundi 20 janvier. Cette majorité, qui forme l’actuelle coalition gouvernementale autour de ses deux principales composantes, le Parti démocrate (PD) et le Mouvement 5 étoiles (M5S), a cependant échoué à faire reporter ce vote, tandis que le principal intéressé clame ne pas craindre un procès et être fier d’avoir bloqué les débarquements et défendu les frontières de son pays alors qu’il était ministre de l’Intérieur. Or, des élections régionales se dérouleront dimanche prochain en Emilie-Romagne et en Calabre, deux régions tenues par la gauche mais où la droite pourrait cette fois l’emporter sous le leadership de la Ligue de Salvini, trois mois seulement après avoir repris l’Ombrie après 50 ans de gouvernements de gauche. Et si le PD et le M5S s’attachent à découdre progressivement les politiques contre l’immigration illégale introduites par Salvini, ils craignent malgré tout les réactions des électeurs. Pour ce qui est de l’affaire duGregoretti, la hantise de la gauche est donc que la levée de l’immunité parlementaire de Salvini ne favorise une victoire de la droite aux régionales du 26 janvier.

Parallèlement, sous la direction de son secrétaire général Nicola Zingaretti, le PD tente de récupérer le mouvement contestataire des Sardines, qui organise des manifestations pour l’immigration et contre le « populisme » de droite, et plus spécifiquement contre la Ligue et son chef Matteo Salvini. Ceci pousse donc le PD à exiger comme ces Sardines (le poisson symbole de ces manifestations gauchistes) un procès contre Salvini, ce qui n’est d’ailleurs pas sans risque pour Giuseppe Conte, qui était déjà Premier ministre quand son ministre de l’Intérieur bloquait le débarquement des passagers du Gregoretti. Cela l’encourage aussi dans sa volonté de démanteler les mesures prises par Salvini contre l’immigration illégale. Le PD demande donc la réécriture des fameux « décrets Sécurité » afin de supprimer la possibilité de sanctionner les navires des ONG qui entrent dans les eaux italiennes sans autorisation et de réanimer le système d’accueil des immigrants illégaux. Il y a une semaine, on apprenait par ailleurs l’augmentation de l’allocation versée pour chaque immigrant hébergé en centre d’accueil, une allocation qui avait été réduite par Salvini pour assécher les bénéfices des organisations pro-immigration. De son côté, le ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese évoquait le 15 janvier l’éventualité d’une régularisation en masse des immigrants en situation irrégulière, tandis qu’un projet de loi d’initiative citoyenne en discussion à la Chambre des députés permettrait la légalisation du séjour « des étrangers déjà enracinés sur le territoire ».

Pas sûr que les électeurs italiens apprécient toutes ces initiatives qui ne peuvent que renforcer l’incitation à tenter l’émigration vers Italie alors que les espoirs de stabilisation de la situation en Libye semblaient bien illusoires à l’issue de la conférence de paix de Berlin du 19 janvier. •

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Un commentaire

  1. Posté par Vautrin le

    Quelle bande de traîtres ! Ils livrent leur pays à des hordes barbares, aux frais des citoyens. J’espère que le Peuple d’Italie leur fera mordre la poussière.

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