Jean Tirole, prix Nobel d’économie, se ruine dans l’immobilier

Cenator  : Ajoutons à cette liste le grand économiste Samuel Bendahan, conseiller national socialiste,  qui enseigne l’économie à l'UNIL et à l’EPFL. Il conseille à la ville de Lausanne de profiter des taux négatifs et de s’endetter davantage alors que la ville cumule 4 milliards de francs de dettes. Simultanément, la gauche dépense sans compter et creuse la dette, et milite d’une manière étatisée pour l’hystérie climatique. De cette façon, elle parvient à détourner l’attention de sa dette abyssale et du remplacement de population, deux choses qui vont hypothéquer réellement l’avenir des jeunes.

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15 janvier 2020 - par

Aujourd’hui, on va se distraire un peu avec une histoire extravagante illustrant parfaitement la connerie ambiante. On va parler de 18 millions de dépassement sur un bâtiment dont le coût initial avait été estimé à 40 millions. Une synthèse de la faillite de nos élites.

Toulouse School of Economics, l’excellence à Toulouse. (En anglais s’il vous plaît, sans quoi ça ferait cassoulet. Insupportable pour les élégants qui nous dirigent.) On y enseigne sans doute des théories économiques de haut vol, mais confrontées à la réalité, dès les premiers pas, elles conduisent à la catastrophe. C’est ainsi que la construction du bâtiment destiné à recevoir cet établissement présidé par le prix Nobel d’économie, Jean Tirole, s’est traduite par un désastre financier. Une histoire inouïe, une synthèse de la dérive des élites françaises et de leur incapacité à appréhender le réel.

Phase 1 : Jean Tirole, prix Nobel d’économie en 2014. Il faut le reconnaître, sur le papier, son CV et ses références sont impressionnants. X-Ponts, docteur en mathématiques, diplômé en économie du MIT… bref, une sommité qui se verra attribuer le prix Nobel d’économie en 2014. La consécration pour des recherches qui se sont orientées vers la théorie des jeux et la théorie de l’information ; tout comme Varoufakis dont on a vu comment il s’est effondré, confronté à la réalité… Aux mêmes causes les mêmes effets, aux mêmes recherches fumeuses la même impuissance face au réel, aux mêmes théories hors sol, les mêmes catastrophes au final.

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Un libéral assumé. Il affiche des positions favorables à la privatisation des services publics, favorables au capitalisme financier, et favorables à la déconstruction du droit du travail. Pour lui, une augmentation du Smic n’est pas souhaitable. Il est également pour l’organisation d’un marché des droits à polluer. Bref, le prototype du nouveau « Chicago boy » ; d’où son casting pour le prix Nobel.

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Un immigrationniste affiché. Pour lui, les migrants sont une richesse pour le pays et ils ne font pas baisser les salaires. Il faut que les Français le sachent.

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Un opposant au Brexit. Européiste convaincu, il milite pour l’annulation du Brexit. C’est vrai, quoi, on ne devrait jamais laisser voter les gueux  Pas de chance pour lui, le Brexit aura lieu, et à la dure encore, malgré toutes les manœuvres et trépignements des eurolâtres de son espèce.

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Un macroniste fervent. Pour lui, la politique de Macron va dans le bon sens. Peut-être pas assez vite à son goût car il faut réformer et réformer vite.

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Le mépris de classe face aux Gilets jaunes. En janvier 2019 il publiera une tribune où il juge que les revendications du mouvement des Gilets jaunes sont « pleines de contradiction ».  Il estimera que : « les Gilets jaunes ne formulent aucune proposition concrète en réponse à deux facteurs qui alimentent principalement les inégalités en France : l’éducation et l’accès au marché du travail. »

https://youtu.be/MQqqsyrzsW4

Phase 3 la construction d’un bâtiment dédié à la Toulouse School of Economics. Ou comment se ruiner quand on n’y connaît rien.

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Un concours d’architecture dont le projet retenu sera celui d’un étranger.

C’est le cabinet irlandais Grafton Architects associé au cabinet toulousain Vigneux Zilio qui sera retenu. C’est vrai, quoi, on joue à l’échelle du monde, alors, pourquoi un chef de file français ? C’est vrai, quoi, le bon goût ne peut pas être français, il est nécessairement étranger. On est mondialiste ou on ne l’est pas. C’est une manie chez nous : les autres avant les nôtres.

Un bâtiment tordu à l’image des thèses de celui qui l’habite. Pas un seul angle droit dans ce bâtiment tordu, sorte de bunker fermé sur lui-même à l’image des thèses économiques de Tirole. La tuilerie retenue pour fournir les briques du parement de façade sera obligée de créer 20 prototypes de briques différentes pour habiller les fausses équerres et autres bizarreries de ce bâtiment. Un bâtiment sans aucune rationalité, un développé de façade totalement inutile, une place perdue en circulations extravagantes. Bref, un geste architectural injustifié. Tout le contraire de la règle classique qui voudrait que l’esthétique résulte de la fonction. Vous remarquerez qu’à l’inverse des bâtiments classiques, celui-ci ne présente pas d’entrée magistrale marquée, clairement visible depuis la rue. Juste un gouffre noir derrière une grille de défense. L’image parle d’elle-même. Le bâtiment est fermé sur lui-même comme l’est sans doute le mental du dirigeant psychorigide de cette école qui pourtant se veut ouverte sur le monde. Ce n’est pas l’un des moindres paradoxes de cet édifice anti-économique, anti-fonctionnel et ruineux à l’usage ; comme d’ailleurs tout ce qui se construit depuis un moment sous la commande publique. (BNF, Opéra Bastille…)

La commande publique vache à lait des majors du BTP. On va rappeler au prix Nobel Tirole, pour qui ces détails n’ont aucune importance, ce qu’est le seuil de rentabilité d’une entreprise. C’est le chiffre d’affaire qu’il faut réaliser a minima pour que la marge sur coûts variables couvre les frais fixes. Pour les majors du BTP, ce sont les donneurs d’ordres publics qui remplissent les carnets de commande en premier lieu et fournissent les marges suffisantes pour couvrir les frais fixes. Ce n’est qu’une fois leurs carnets de commande dûment chargés par cette manne qu’elles peuvent aller se battre sur les marchés concurrentiels où les marges sont souvent à zéro. La commande publique est la vache à lait des majors du BTP.

L’entente. Dans ces conditions, les majors du BTP se rencontrent chaque mois afin de se partager le farci pour ne pas casser les prix. Voilà comment on s’attribue les marchés publics entre soi sans se concurrencer. Celui qui s’est vu attribuer le marché à l’entente soumissionne au prix fort et les autres placent leurs offres au-dessus et le tour est joué. Trop trivial sans doute pour un esprit aussi élevé que celui de Jean Tirole.

Et voilà comment on se fait baiser : complexité inutile, gestes architecturaux injustifiés, bâtiment prototype à la gomme, architecture ruineuse, et majors du BTP qui vous voient le dessous de la semelle avant même que vous ayez levé le pied. Un vrai régal pour les gars du bureau d’étude de chez Eiffage.

Une regrettable erreur dans le dimensionnement des fondations. C’est le bureau d’étude parisien FRF GO + qui a réalisé les études de dimensionnement des fondations. Erreur lors de l’étude des sols ? Erreur dans le calcul des descentes de charges ?  Nul ne le saura jamais, puisque le BE a fondu les plombs… C’est donc Eiffage qui a découvert le problème en cours de chantier et a engagé un bras de fer avec la maîtrise d’ouvrage pour finir par reprendre les études à son compte et facturer sans retenue la solution de reprise qu’il aura lui-même prescrite. Un coup de maître.

Un exploit remarquable de la part des gens de chez Eiffage dont c’est la spécialité. Tout est analysé au millimètre avant de lancer un chantier ; notamment sur le dimensionnement des ouvrages où on sait que toute erreur se paye cash. Si jamais une erreur profitable est détectée dans l’un ou l’autre des documents contractuels, études ou plans, on peut choisir de ne rien en dire et de feindre la découverte à l’avancement pour bloquer l’affaire et engager le bras de fer. Une stratégie gagnante. Comment prouver qu’Eiffage, pourtant sachant et donc tenu de révéler ou d’assumer, n’a pas vu venir le coup dès l’étude du dossier technique ? Impossible à prouver.

18 millions de surcoûts sur un projet évalué au départ à 40 millions. Depuis l’EPR on n’avait plus vu ça. 18 millions repris sur du béton dans le trou… L’équipe de chez Eiffage qui a joué ce coup mérite d’avoir son portait affiché dans la salle du conseil d’administration du groupe.

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Kestananafout ? Qu’est-ce qu’ils en ont à foutre ? Rien du tout, il n’y aura ni responsable ni coupable, les décisions sont collégialisées. Tout le monde se tient et surtout, ils ne jouent pas avec leur pognon. C’est tout le pays qui est géré de cette manière. Pas étonnant dans ces conditions que les taux de prélèvement atteignent des records mondiaux alors que tout se dégrade. Le malheur, c’est qu’à part quelques seniors qui ont vu le pays en ordre, plus personne ne sait comment c’était quand tout fonctionnait. La mémoire du bon ordre des choses s’est perdue, ils peuvent faire ce qu’ils veulent.

La déconfiture des élites françaises. Bien entendu, Jean Tirole n’est pas le responsable direct de cette catastrophe. Ce n’est pas lui qui a commandité les travaux ni suivi l’exécution des études ni la construction de l’ouvrage. Néanmoins, il en est ce qu’il y a de plus beau dans l’espèce et la clé de voûte prestigieuse de tout un édifice universitaire hors sol et complètement déconnecté des réalités. Cette affaire est une synthèse de la manière dont le pays est géré par les élites. Rien d’étonnant à ce qu’elle se soit produite dans le sillage d’un Jean Tirole qui intellectualise sur la théorie des jeux.

Au jeu de la vraie vie, les réalistes du BE d’Eiffage ont baisé le prix Nobel.

Le malheur de ce pays, c’est que dans les sphères dirigeantes, les arrogants éthérés ont remplacé les humbles solides.

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Martin Moisan

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Un commentaire

  1. Posté par Fulgurance le

    Nous avons aussi Mr sannat Charles, économiste ou pas qui intervient justement à ce sujet en publiant 5 articles/jour !
    Lui est dans le rouge ! Son compte est a découvert depuis plusieurs semaines.
    Il fait donc une vidéo dans laquelle il explique que la banque est méchante, lui prends de l’argent, le tout avec un humour plutôt grossier du style « faux cul », c’est lui qui le dit…
    Donc le net reste le net et pas la vraie vie.
    * souvenons nous des déboires de la famille gave qui a voulu entrer en politique avec toutes les conséquences négatives que cela leur a offert, manière de dire.

Et vous, qu'en pensez vous ?

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