RTS Forum du 1er janvier 2020 – un concentré de désinformation et de misère intellectuelle

Cenator : Sur la RTS, à l’émission Forum, les sujets tournent en boucle : climat, ONG, droits de l’Homme, promotion de l’UE, multiculturalisme, féminisme. Émission totalement vouée à la mise en valeur des gauchistes Verts et de toutes les nuances de rouge, des élus, des professeurs d’université gauchistes et des penseurs de la gauche.

C’était ainsi depuis des décennies, durant toute l’année 2019, 2018, 2017... et ça continue en 2020.

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Forum du 1er janvier 2020 : https://www.rts.ch/play/radio/forum/audio/forum-presente-par-esther-coquoz?id=10963086

Au programme :

  1. Vœux de Simonetta Sommaruga: débat entre Olivier Français et Elisabeth Baume-Schneider
  2. La Croatie prend la présidence de l'Union européenne
  3. Echanges de certificats d’émission de CO2 entre la Suisse et l'UE: interview de Philippe Thalmann
  4. Quel impact ont les interdictions de plastique à usage unique? Interview de Sébastien Humbert
  5. Du temps où la pédophilie n'était pas jugée scandaleuse: interview de Pierre Verdrager
  6. Le grand débat - Les perspectives économiques en 2020
  7. L'invité politique - Vincent Maître, conseiller national PDC genevois

 Débat autour du message cul-cul de Nouvel-An de Simonetta Sommaruga

Journaliste : Son année sera particulièrement observée, sous le prisme de l’écologie et de l’UE.

Simonetta Sommaruga s’est mise en scène dans un environnement sain (boulangerie de quartier) : Le pain, c’est un aliment de base. Je suis heureuse que chez nous tout le monde puisse s’en acheter. Mais il faut que les agriculteurs soient payés au juste prix. Nous allons bien si les autres vont bien.

Débat : Olivier Français souligne qu’il faut le juste prix pour tous. Il s’attendait à un autre message, ce que dit la nouvelle présidente n’est pas assez développé. Il aurait aussi fallu parler du futur, vers où on va, car il y a des challenges importants. Il n’y a pas eu de message politique.

Elisabeth Baume-Schneider sert la soupe à Esther Coquoz : Contrairement à l’UDC, et au président précédent avec qui on est dans une logique isolationniste, Simonetta Sommaruga est dans une logique où il faut construire, co-construire avec nos voisins, un projet qui soit équitable, un projet qui permette au peuple de voter favorablement. Une Europe plus équitable plus sociale, moins isolationniste.

Esther Coquoz à Olivier Français : On dit qu’Ignazio Cassis n’était pas très actif sur le dossier européen, mais plutôt occupé par sa réélection. (encore une question orientée)

Olivier Français : Il n’y a pas de divergences de personnes. Ce sera un dossier crucial. Il y aura des votations extrêmement importantes prochainement.

Elisabeth Baume-Schneider chante les louanges de SS sur ses capacités de gestion des problèmes. Elle doit être le moteur des questions d’environnement. Il faudra concrétiser le mouvement de la rue. (SS dit que sa priorité en tant que Présidente de la Confédération, c’est le réchauffement climatique.)

L’allocution de Simonetta Sommaruga occupe la RTS pendant des jours. Au Forum du 5 janvier, long débat sur le sujet. Au TJ de 19h30, Nicolas Bideau, Monsieur Image de la Suisse, interviewé par Jennifer Covo, affirme que le message dans une boulangerie, c’est génial, tout comme la fin du secret bancaire. (A voir absolument!)

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 La Croatie prend la présidence de l'Union européenne

Esther Coquoz interviewe Jean-Arnault Dérens, correspondant de la RTS dans les « Balcons ».
Ce sont des pays extrêmement pauvres. Le contexte est difficile : la crise de l’UE, le chômage, l’exode de la population. Les jeunes fuient ces pays. En Croatie, il ne reste que le tourisme, mal rémunéré, saisonnier, parfois pas déclaré. La Croatie, comme beaucoup pays de l’UE, va très mal.

Ndlr : Aucun réel problème n’est abordé concernant  la libre circulation. La remise en question de la construction de l’Union européenne n’est jamais abordée, c’est un sujet tabou également.

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Échanges de certificats d’émission de CO2 entre la Suisse et l'UE

Interview de Philippe Thalmann, professeur à l’EPFL, spécialiste en économie de l'environnement et du climat.

Esther Coquoz : Le marché du carbone est-il une aubaine pour l’économie et l’environnement ?

Philippe Thalmann : Les entreprises suisses produisent beaucoup de CO₂ mais sont exposées à la concurrence internationale. La taxe CO₂ les affaiblirait, c’est pourquoi la Confédération les en exempte jusqu’à un certain plafond d’émissions polluantes. Au-delà, elles doivent acheter des certificats (des contingents). D’autres entreprises en vendent.

Esther Coquoz : Depuis aujourd’hui, elles peuvent aussi acheter ces « droits de polluer » en Europe. Est-ce une bonne chose ?

Pour l’instant, les certificats sont moins chers en Suisse que dans l’UE (18 CHF/25 euro), grâce à ces contingents gratuits offerts par la Confédération. Mais les prix suisses vont monter. A mesure qu’on abaissera le plafond pour les entreprises suisses, elles achèteront davantage de certificats à l’étranger et pollueront davantage en Suisse. Pour le climat ça ne change rien, mais il y a aussi d’autres pollutions : une usine qui fait attention de moins émettre de CO₂ émet aussi moins d’autres polluants atmosphériques. En plus, chaque pays va devoir décarboner drastiquement, donc ce n’est pas une bonne idée de retarder la transition énergétique en Suisse.

Esther Coquoz : L’aviation est désormais aussi concernée par le régime des quotas en Suisse, dès le 1er janvier.

Philippe Thalmann : Ce n’est pas une décision de la Suisse, mais c’est parce que nous devons reprendre les lois européennes. Les compagnies devront acheter des certificats si elles émettent plus que le contingent qui leur a été attribué. Ces contingents sont assez généreux. Les recettes de la vente de ces contingents [par la Confédération, donc les frais d’achat pour les compagnies] sont dans une fourchette de 5-6 millions de francs, donc 1% du prix des billets, rien du tout.

Estsher Coquoz demande son avis au nouvel élu Vincent Maître (PDC Genève), invité de l’émission, sur le commerce des droits de polluer.

Vincent Maître : Le climat, la pollution étaient le thème phare de la campagne électorale. Ces mesures n’ont aucun effet sur l’émission [totale] de CO₂. Les entreprises doivent rester compétitives et ce n’est pas facile. Ces certificats CO₂ ne sont pas satisfaisants. Comme cela a été dit, il faut prendre le taureau par les cornes.

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Quel impact ont les interdictions de plastique à usage unique?

Interview de Sébastien Humbert, expert en bilan écologique chez Quantis.

Sébastien Humbert : Les emballages en plastique ne représentent que 1% des émissions de CO₂ en Suisse. Ce n’est pas beaucoup, mais si on veut être neutre en 2050, il faut s’attaquer à toutes les sources de CO₂.

Et si on n’est pas capable de gérer les emballages, on ne sera pas non plus capable de gérer des problèmes complexes (ndlr : comme supprimer les chauffages aux énergies fossiles, ou les voitures à essence).

La production nourriture émet encore plus de CO₂ (culture, élevage, transport). Le contenu est encore plus grave que l’emballage. Dans tous les take-away on devrait venir avec des boxes réutilisables (comme cela a commencé à se faire).

Vincent Maître : C’est un excellent premier pas. On sait qu’un Suisse produit deux fois plus de déchets que la moyenne des pays au monde. Nous sommes un des grand fléaux environnementaux.

Les océans sont pleins de micro-plastiques, et d’autres déchets plastiques. Mais l’ONG « Ocean Eye » – nouvelle ONG suisse – a prouvé que le même le lac Léman l’est aussi. Alors qu’on s’était vanté d’avoir un des lacs les plus propres au monde, il est finalement comme les océans, avec leur « 7e continent ». Les plastiques à usage unique sont une hérésie de consommation et une hérésie en termes d’économie. Les gens doivent être incités dans leur façon de consommer. [...]

Sebastien Humbert : Il y aura toujours une exception où le plastique à usage unique pourra difficilement être remplacé. Mais 90% peuvent être remplacés par des réutilisables. Sur le campus de l’EPFL, la plupart des food trucks ne servent plus de plastiques à usage unique, il faut venir avec des boîtes réutilisables.

Ndlr : Le plastique est hygiénique, économiquement il représente une victoire irremplaçable dans bien des domaines. Par  exemple, en médecine l’usage du plastique est incontournable, sinon gare aux infections. Beaucoup de détaillants ont des stocks qui vont devoir être incinérés, suite à l’interdiction d’usage.

La Suisse s’empresse de se faire un hara-kiri écologique avant les autres, car les médias ont fait croire au peuple suisse qu’il est coupable de tout et doit devenir un exemple de perfection (selon les critères de la gauche) pour l’humanité entière.

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Du temps où la pédophilie n'était pas jugée scandaleuse: interview de Pierre Verdrager

Interview de Pierre Verdrager, sociologue, auteur de "L'enfant interdit: comment la pédophilie est devenue scandaleuse" (Armand Colin).

L’annonce du livre de Vanessa Springora, « Le consentement », à paraître le 2 janvier, a déclenché ce qu’on appelle « l’affaire Matzneff ». L’auteure y dénonce la relation que l’écrivain ouvertement pédophile Gabriel Matzneff a eue avec elle il y a 30 ans alors qu’elle n’avait que 14 ans.

Pierre Verdrager : Cette affaire marque un tournant important dans l’histoire de la pédophile. Celle-ci n’était pas scandaleuse dans les années post-68, où il y a eu une mode littéraire pour la valoriser, lui donner un sens, la légitimer comme une forme de sexualité parmi d’autres.

Esther Coquoz rappelle que dans le monde des lettres, il y a eu de nombreuses personnes comme Sartre, Beauvoir, Jacques Lang, qui ont demandé la dépénalisation de la pédophilie

Pierre Verdrager : La littérature, les arts, le monde de la création étaient orientés par la singularité, le refus de la norme. Dans ce contexte, la pédophilie est c’est qu’on peut avoir de mieux comme singularité.

Esther Coquoz rappelle aussi que Bernard Pivot avait reçu Matzneff à plusieurs reprises. Avant de s’excuser, Pivot a dit dans un premier temps sur Twitter que tout ça était le produit d’une époque.

Pierre Verdrager : En tout cas, c’était le produit d’une certaine catégorie de gens, des élites culturelles, qui ont pensé qu’une telle entreprise de légitimation politique était possible.

Ndlr : On connaissait « l’islam cépaça », voici « la gauche cépaça »...

Ici, avec l’affaire Matzneff, le mot « gauche » n’est jamais prononcé – tout comme, dans l’affaire du scandale des enfants violés, abusés, exploités, détruits par dizaines de milliers durant des décennies en Grande-Bretagne – un non-événement pour la RTS – le mot « musulman » n’est jamais prononcé.

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Le grand débat - Les perspectives économiques en 2020

Débat entre Stéphane Garelli, professeur d'économie à l'IMD,
Marie Owens Thomsen, cheffe économiste chez la banque Indosuez, et
Philippe Thalmann, professeur à l'EPFL, spécialiste en économie de l'environnement et du climat.

Ndlr : Sur Stéphane Garelli, voir aussi :« Il est temps de réhabiliter la globalisation » – Le Temps; « Un autre capitalisme » – RTS.

Stéphane Garelli : Donald Trump a une attitude qui a fait sa fortune dans l’immobilier dans le Qeens. Pour sa campagne électorale, il a besoin de montrer des résultats. Il inquiète tout le monde, notamment en Europe. Avec Donald Trump on ne sait jamais où on va.

Esther Coquoz : Même le patron de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, a affirmé la semaine passée : les entreprises agissent trop lentement contre la crise climatique, au risque de créer des dégâts irréversibles pour leurs propres affaires. Est-ce que vous êtes d’accord avec ça ?

Philippe Thalmann : Oui. L’extraction des énergies fossiles est condamnée. Mais on voit encore beaucoup d’investissements dans les pipe-lines pour le gaz, et d’extraction d’énergies fossiles qui sont en principe condamnées. Donc on investit dans des choses qu’on ne ne devrait plus du tout utiliser !

Esther Coquoz : Dans les portefeuilles d’investissements, faut-il diminuer la part des entreprises polluantes ?

Marie Owens Thomsen : Nous ne sommes pas directifs mais nous attirons l’attention des gens sur les risques.

Esther Coquoz : Est-ce qu’en investissant dans les industries jugées polluantes on risque de perdre beaucoup d’argent ?

Marie Owens Thomsen : Oui.

Esther Coquoz : Tout le monde ne partage pas encore cette conviction qu’il faut agir ?

Stéphane Garelli : Oui, les grands pollueurs, la Chine, l’Inde, etc. ne le font pas, il faut le reconnaître. En 2020, nous allons sortir de l’angélisme. Il y a un coût social. Si on ferme les usines de charbon, qu’allons nous faire des gens sans travail ? Toute une région peut être dévastée. En culpabilisant les gens on scinde la population en deux. La dérive actuelle est très émotionnelle, ce n’est pas très sain.

Esther Coquoz : Une politique pro-environnementale sans perte d’emplois, c’est possible ?

Philippe Thalmann : Le nouvel « European Green Deal » est possible.  Le plan prévoit des mesures de compensation, par exemple par des taxes sur les énergies fossiles, ce qui sera la solution pour sortir de ces activités. Potentiellement, il y a assez d’emplois pour tout le monde.

Stéphane Garelli ne veut pas des solutions avec des taxes mais des solutions technologiques. Un avion taxé continue à polluer.

Esther Coquoz : L’année 2020 sera difficile pour la Suisse ?

Marie Owens Thomsen : La politique monétaire est moins importante que les autres politiques économiques. En Suisse, la politique monétaire est très accommodante et la politique fiscale très peu accommodante.

Esther Coquoz : La Suisse devrait profiter des taux bas pour investir plus ?

Marie Owens Thomsen : Les banques centrales ne peuvent pas tout résoudre.

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L'invité politique - Vincent Maître, conseiller national PDC genevois

Portrait par Camille Degott :

Vincent Maître voulait être snowboarder professionnel. Mais la famille Maître n’est pas n’importe qui. Son grand-père et son père Jean-Philippe étaient tous deux conseillers nationaux. Ils sont également tous devenus avocats, comme son arrière-grand-père. Côté politique, Vincent Maître a un parcours classique : parlement communal, puis cantonal, et depuis 2018 président du PDC genevois.

Sa vision pour le parti : il veut moderniser. rajeunir et féminiser le PDC. Il défend par ailleurs l’adhésion de la Suisse à l’UE, le mariage pour toutes et tous, et une politique climatique équilibrée, à mi-chemin entre la redistribution sociale et une économie compétitive, notamment pour les PME.

Interview de Vincent Maître par Esther Coquoz :

Son modèle, ou l’un de ses modèles, c’est Robert Badinter, parce qu’en termes d’abnégation, il a mené une carrière hors du commun. Avocat, il était un fervent défenseur des droits humains et combattait la peine du mort et, comprenant qu’il n’y parviendrait pas sans accéder au pouvoir politique, il est devenu Garde des Sceaux pour faire abolir la peine de mort.

Vincent Maître ne suit pas forcément les traces de son père et de son grand-père, il a ses convictions personnelles. Il se considère comme un vrai PDC, mais a des oncles et tantes qui sont au PS ou enseignants à Genève avec une certaine idée de l’État éloignée de la sienne.

Vincent Maître : «On pourrait continuer avec l’accord cadre, mais – n’en déplaise à certains – « je n’ai toujours pas compris comment on pouvait participer à un match de football sans en accepter les règles, et qu’il y ait un arbitre, et c’est pourtant ce que prévoit l’accord cadre.»

Esther Coquoz ponctue ces dires de « hmm » appréciateurs.

Un commentaire

  1. Posté par Pierre-Alain Tissot le

    Un triste exemple de l’équilibre des points de vue sur la RTS, via Forum du 8 janvier, dans le débat sur  » Weinstein, l’arbre cache-t-il la forêt ?  »
    Un homme, normal, face à deux féministes extrêmes …

Et vous, qu'en pensez vous ?

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