Immigration-invasion : le gouvernement entre gesticulation et communication

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Les abords de la porte de la Chapelle débarrassés subitement de leurs bidonvilles dignes d’une ville du tiers-monde, un préfet de police de Paris qui fait les gros yeux et assure que plus jamais ne s’installeront en ces lieux des campements de clandestins, le tout sur fond de protestations des associations pro-migrants : le grand coup médiatique programmé jeudi matin, au lendemain de l’annonce par le gouvernement d’un plan faussement « musclé » contre l’immigration (voir Présentdaté du 7 novembre), aura peut-être produit son petit effet auprès des bobos parisiens et des journalistes des grands médias. Mais il n’aura pas trompé l’immense majorité de nos compatriotes, qui ont bien compris que la soudaine « fermeté » affichée par l’Etat à l’égard de l’immigration était exclusivement électoraliste.

« Un enfumage assez traditionnel »

Macron le sait bien : le problème migratoire, par son ampleur et la gravité de ses conséquences, sera inévitablement au cœur de la prochaine campagne présidentielle. Il sait aussi que nos compatriotes attendent depuis longtemps déjà davantage de fermeté de la part du gouvernement. Alors il communique. Il communique encore et toujours. Sans semble-t-il vraiment convaincre. Car, à en croire un récent sondage Odoxa-Dentsu Consulting, 73 % des Français ne seraient « pas convaincus » par la politique globale menée en matière d’immigration. Et si une majorité d’entre eux estiment que les dernières mesures annoncées vont « dans le bon sens », ce sondage précise que « beaucoup de Français auraient également souhaité que le plan […] comprenne une mesure sur le regroupement familial ». En somme, ils ne se sont pas laissé prendre à la propagande du gouvernement. Et ils ont eu raison. Car, comme l’a très justement déclaré mercredi Marine Le Pen sur Europe 1, ce plan n’est rien d’autre qu’« un enfumage assez traditionnel ». En effet, a expliqué la présidente du RN, « il faut que l’on arrête de confondre les mots et les actes. […] Idéologiquement, Macron considère, dans la foulée d’ailleurs du MEDEF et des libéraux dont il fait partie, que l’immigration est […] un atout économique. Donc, il n’envisage pas en réalité une diminution mais une augmentation de l’immigration. » Et Marine Le Pen de rappeler alors : « Il y a des moyens à mettre en œuvre. Le premier étant de couper […] les pompes aspirantes de l’immigration, tout ce qui fait que la France est attractive pour un immigré clandestin. »

Rififi au sein de LREM

Cependant, aussi ridicules et insuffisantes soient-elles, les 20 mesures sur l’immigration présentée par le gouvernement n’en suscitent pas moins des remous dans les rangs de la majorité. Notamment celles ayant trait à la santé. C’est ainsi que 11 députés LREM, dont beaucoup n’avaient déjà pas voté la loi asile et immigration en 2018, tels que Martine Wonner, Jean-François Cesarini ou encore Sonia Krimi, ont cosigné jeudi une tribune pour s’opposer aux mesures annoncées par le gouvernement, et en particulier celles concernant l’AME. Appelant à ne pas céder « à l’urgence et à la facilité », les signataires expliquent notamment – sans peur du ridicule – qu’ils ne peuvent « laisser croire que réduire cette aide aux dépens de la santé des plus vulnérables soulagerait notre système de solidarité nationale ». Aussi, avertissent-ils, « si nous devons contribuer à redéfinir, dans une époque qui change, ce que doit être l’immigration, nous, députés de la nation, refusons de le faire en laissant croire qu’elle serait uniquement un poids pour notre pays, ou encore que la fraude y serait la règle ». Une initiative qui n’est pas sans agacer Raphaël Gauvain, coordinateur du groupe de travail « immigration » au sein de LREM, qui avait tenté auparavant de déminer le débat en organisant un groupe de travail rassemblant une quarantaine de députés. Ni ce député de la majorité qui, sous couvert de l’anonymat, confiait jeudi : « Jean-François Cesarini était membre du groupe de travail, et il n’est presque jamais venu aux réunions »… •

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