RTS : Radio Télévision Socialiste : la promotion d’Etienne Piguet, professeur à l’Université de Neuchâtel, spécialiste des migrations

RTS, Sous les pavés, 3.11.2019 – Une émission d'Anik Schuin, avec la collaboration de Nicole Corpataux.

Lien vers l'audio: Etienne Piguet: Asile et réfugiés, repenser la protection (56 mn)

Etienne Piguet, professeur à l’Institut de Géographie de l’Université de Neuchâtel et spécialiste des migrations

Résumé de l’émission et commentaires (en italiques) : Cenator

Etienne Piguet (EP) est souvent l’invité de la RTS. Il est interviewé aujourd’hui à propos de son dernier livre : «Asile et réfugiés, repenser la protection».
EP n’aime pas le terme de « migrant », c’est trop mal défini pour lui et il préfère le terme de « réfugié », moins dans l’air du temps. La protection est l’objectif de tout l’édifice de l’asile. Plus tard dans l’interview, EP revendique que la distinction entre réfugié économique et politique soit abolie.

Après avoir entendu cette émission, toute personne qui dispose encore d’un minimum de jugeote réalise à quel point notre système d’asile est pourri, puisque ce professeur est une référence intellectuelle dans ce domaine.   

L’interview est interrompue par un reportage sorti de nulle part :

Une voix africaine : « Souvent on ne mange qu’une fois par jour. Souvent, on ne mange même pas un jour.
On était 120 personnes. Tous ceux qui n’ont pas 20'000 sont abattus comme des chiens.
Beaucoup coulent en Méditerranée.

Voix d’une femme: « Ce n’est pas assez. On devrait faire beaucoup plus pour ces gens-là. On serait bien content qu’on s’occupe de nous s’il nous arrivait des malheurs pareils.
Tout le monde a peur de ces gens alors qu’ils ne sont pas plus méchants que nous.
Quand je vois tout ce qu’eux nous apportent, nous, on est vraiment petits. »

Voix d’un homme âgé, le raciste de service : « C’est des communistes. C’est des gens arriérés. »

Voix de jeune fille : Je serais intéressée de voir comment sera la Suisse dans dix ans, parce que les personnes qui arrivent apportent un autre point de vue, un autre type de vie, et du coup, chacun va devoir s’adapter à l’autre et ça va donner autre chose.

Cenator : Le décor est désormais planté. Les Européens sont les égoïstes, les migrants les martyrs, nous ne faisons pas ce que nous devrions pour eux alors qu’ils meurent de faim et sont des agneaux paisibles. Dans une situation pareille, eux nous viendraient certainement en aide.

Et ils vont s’adapter à nous, tout comme nous devrons nous adapter à eux. Aucune remise en question de la part d’EP, aucun souci quant à la ruine économique prévisible, l’islamisation, le communautarisme… Nous allons simplement « devenir autre chose »

La journaliste (J), Anik Schuin, par ses questions orientées, suggère les réponses attendues, toutes radicalement pro-invasionnistes, anti-suisses, culpabilisatrices et dogmatiques.

Changement de sujet : les morts récemment découverts dans la banlieue de Londres dans un camion frigorifique transportant des clandestins.

J : Les passeurs c’est à la fois le résultat de l’inefficacité internationale et c’est un fléau.

EP : Les morts, c’est dramatique. Des centaines meurent en Méditerranée. On a des avancées européennes pour éviter ce genre de choses. Les passeurs travaillent avec deux types de populations : les gens qui cherchent protection, les autres, du travail...

Non, c’est un mensonge répété en boucle par nos médias et nos gauchistes. Les migrants qui cherchent protection se contentent du premier endroit où ils seraient en sécurité. Beaucoup de ces envahisseurs n’ont qu’un but, c’est de s’offrir une vie de rêve, ce qui implique la mise en esclavage des contribuables et une menace civilisationnelle. L’avantage géographique de la Suisse est de ne pas avoir de frontières maritimes, c’est pourquoi nous ne devrions accepter Aucun faux demandeur d’asile. Mais au lieu d’exploiter cet avantage, l’asile business et la gauche se ruent pour prendre chez nous encore plus de migrants que les autres pays d’Europe.

J : C’est vain de faire la distinction [entre ceux qui cherchent protection et ceux qui cherchent du travail], mais les gens fuient la violence qui peut être économique.

EP : Je conteste l’idée que d’un côté il y aurait un grand groupe de réfugiés économiques et de l’autre côté un grand groupe de réfugiés politiques et qu’il s’agirait de distinguer entre les deux. Le nombre des personnes qui viennent pour des motifs purement économiques est restreint. Les Vietnamiens dans le camion l’étaient. Ils doivent aussi être protégés. Mais actuellement, il y a beaucoup de gens qui fuient une violence endémique. Absence de perspectives, absence de droits. Ils ne sont pas les réfugiés politiques au sens d’une persécution individuelle, on peine à trouver les bonnes réponses pour eux.

J : Faiblesse du système d’asile. Que faire, quelles sont vos propositions ? Le visa humanitaire ?

EP : Dissiper l’illusion que simplement en luttant contre les passeurs, on va résoudre cette problématique. Les passeurs ne font, après tout, que répondre à une demande. Le passeur rend parfois un très grand service à ceux qui cherchent à fuir, mais il devient aussi un facteur attractif. Ces personnes décédées dans le camion étaient destinées à des emplois peu qualifiés, extrêmement peu payés sur le marché du travail britannique. Il faut permettre de fuir sans devoir recourir aux passeurs et protéger ces employés contre l’exploitation. Le visa humanitaire pour la personne menacée serait délivré par son ambassade et ainsi elle trouverait abri et protection, sans devoir traverser la Méditerranée. La Suisse a déjà mis en place un visa humanitaire.

J : Il n’y a pas de queue devant les ambassades…

EP : Au début, cela avait peu de succès mais désormais cela a pris une certaine ampleur. Mais ça ne résout pas le problème de toute une série de personnes. Ça peut être une forme de réponse pour des personnes directement menacées.
Ceux qui ne réussissent pas à arriver par leurs propres moyens restent dans des zones intermédiaires.
Ce sont les milieux anti-immigration, « anti-arrivées de réfugiés », qui proposent de l’aide sur place et de ne pas les accueillir en Suisse.

J : C’est ça. Payons ailleurs et…

EP : Oui, payons ailleurs et débarrassons-nous de ces personnes. Il y a une complémentarité à trouver. Renforcer les infrastructures sur place et accueillir ceux qui en ont besoin. On a vu en 2015-16 que l’UE a baissé son aide dans les camps et qu’il y a eu d’une manière concomitante une augmentation des arrivées en Europe. Pas de protection en Turquie, pas de minimum vital, ils ont dû venir en Europe. Finalement, on a dû les aider plus après l’arrivée massive.

Nous avions cru que c’était l’appel irresponsable et délirant de Mme Merkel qui avait déclenché l’invasion de 2015, mais non, c’est la radinerie de l’UE !

J : Et permettre d’accueillir des groupes de personnes selon un contingent directement depuis les zones de crise ?

EP : Ce serait mieux accepté par la population. On s’est dit : il y en a déjà bien assez qui arrivent, on ne va pas en plus les chercher dans les camps sur place. Mais cela permet aux personnes dont la vie est en danger de gagner la Suisse. C’est le HCR qui les sélectionne. C’était ainsi avec les boat people du Sud-Est asiatique et la Suisse en a accueilli des milliers en allant les chercher sur place. C’était une très bonne solution.

J : Lutter contre les passeurs, c’est dans le Pacte de l’ONU sur la migration et la Suisse n’a pas signé.

EP : La Suisse n’a pas ENCORE signé. Elle avait peur que certains droits soient donnés aux migrants plus qu’aux réfugiés, ce qui obligerait la Suisse à accueillir plus de monde qu’elle n’en accueille déjà. Peur que cela lui fasse perdre son autonomie en politique migratoire. La Suisse a participé à la rédaction du pacte et cela aurait été une magnifique victoire de le signer. C’étaient de fausses peurs. Pour la bonne collaboration entre les pays d’accueil et les pays de départ, je ne crois pas du tout qu’il y ait une prise de risque à ce niveau.

J : Dans votre livre, vous écrivez [...]

EP : En Suisse, on a la mémoire courte sur les épisodes migratoires qui ne sont pas ceux des dernières décennies. La Suisse est un grand pays... d’accueil pour des migrants économiques et d’asile. Remontons plus loin. À l’époque de la Grèce antique, à l’époque romaine, au Moyen-âge, se sont progressivement mises en place toute une série de bases du droit d’asile actuel. Et il y a un devoir d’accueil. Sous certaines conditions pour les sociétés, ç’a été progressivement étayé par les philosophes politiques. J’ai retracé cela modestement dans mon livre...

J : Le devoir d’accueil existe encore, mais en Suisse la question est très revendiquée : la Suisse est une terre d’accueil, nous avons la Croix-Rouge internationale, etc. Vous pensez que c’est toujours vivace et va nous obliger à continuer ?

EP : La tradition d’accueil repose sur un mythe du 19e siècle – on a voulu mettre en avant notre générosité – mais aussi sur des épisodes bien réels.

(EP vient de faire remonter notre tradition d’asile à l’Antiquité, puis il se contredit en disant qu’elle ne date que de cent ans.)

Il y a eu les Huguenots, les Bourbaki à la frontière jurassienne en 1870, les réfugiés des révolutions libérales en Europe au 19e siècle. On revendique cette tradition et d’être à l’avant-garde de l’accueil, même si ça ne veut pas dire qu’il faut accueillir tout le monde.

J : La crise de 2015-2016, c’était une crise ?

EP : Certains disent que l’Europe a créé sa propre crise en n’arrivant pas se mettre d’accord. Pour moi c’est bien une crise parce que l’ampleur était considérable. Avec des milliers de morts dans la Méditerranée, c’est une crise.

J : Rappelez-nous le contexte. C’est un pic. 2'500'000 demandes d’asile, 0,25% du taux de la population européenne, ça semble possible mais c’est un pic tout de même.
Des gens qui quittent leur pays en masse – des mots comme ça ne devraient pas être utilisés, n’est-ce pas – disons : en nombre, on en a déjà vu. Pourquoi « crise » ? Parce qu’ils viennent en Europe ?

Rappelons que des dizaines de millions d’Africains rêvent de venir en Europe et d’y rester.

EP : En un laps de temps court, il y a eu une augmentation exceptionnelle. C’est vrai qu’en regardant les chiffres, en remontant aux Huguenots, en proportion de la population, ce n’est pas inédit, mais c’est vrai que tout à coup, on a dû faire face, dans certains zones, à des besoins d’assistance considérables. Puis la réponse politique a été incohérente à l’échelle européenne. D’un côté Mme Merkel, l’ouverture remarquable, de l’autre côté les précautions de coordination avec les autres pays n’ont pas été prises, et des pays comme la Hongrie se sont complètement fermés, elle n’est pas la seule…

J : Et physiquement fermés ! Quasiment le mur !

EP : Une répartition équitable n’aurait pas déclenché de grandes réactions de rejet. Mais certains pays ont reçu trop de demandes d’asile dans cette courte période. À cause de cela, Merkel a dû revenir en arrière et il y a eu le Brexit. Il y a eu une crise politique à cause d’une crise humanitaire.

J : Vous faites le lien directement avec le Brexit ?

EP : Plusieurs travaux le font. C’est lié. Lié aux campagnes très agressives qui mettaient en scène l’arrivée massive de réfugiés à la frontière.

J : Chez nous, on l’a vue aussi [la campagne agressive], mais on est déjà en dehors de l’Europe. Mais la Suisse n’a pas été affectée. Pourquoi ?

EP : Les admissions provisoires ont rendu la Suisse moins attractive. La Suisse a poursuivi une politique migratoire dure, et selon les accords de Dublin, elle a renvoyé les demandeurs d’asile dans le premier pays d’accueil de l’UE. Bref, la Suisse a profité de sa position géographique : pas de côtes maritimes, et elle n’est pas sur la route des Balkans. Ainsi, la Suisse a échappé à une très forte augmentation de demandeurs d’asile.

(39'500 demandes d'asile en Suisse en 2015, cela semble peu pour le professeur Piguet !)

Notre politique migratoire novatrice peut amener beaucoup à l’UE (exemples : visas humanitaires, répartition entre cantons – la Suisse pratique déjà ce que l’Europe cherche à faire entre pays – les algorithmes de répartition). On va dans la bonne direction. Les chercheurs en migrations s’associent aux améliorations.

J : Vous êtes vice-président de la Commission fédérale des migrations.

EP : Oui, c’est une commission extra-parlementaire formée de représentants de la société civile, dont des experts, et pour moitié des personnes ayant un antécédent migratoire. Cette commission conseille le Conseil fédéral. Les sans-papiers, l’asile, les naturalisations... c’est un organe précieux .

Pause musicale : Rachid Taha chante en arabe la migration. Ambiance de mosquée. C’est le choix musical d’EP !

Retour sur la carrière d’EP. 25 ans de travaux. Livres, enseignement à l’université, émissions à la RTS.

EP : Il y a une rupture entre le 20e et le 21e siècle. La globalisation concerne la protection. Les voyages sont devenus plus faciles, même si – c’est le paradoxe, il y a des milliers de morts. Au 20e siècle, presque personne ne pouvait arriver en Europe, il n’y a eu que peu de réfugiés (Biafra, pays de l’Est). On partageait avec eux l’idée que le communisme est inférieur à notre système.
[…]
Actuellement, il y en a qui sont en Suisse depuis 15 ans et ne trouvent pas de travail parce qu’ils ont une admission provisoire.
Dans la population d’accueil, certains pensent que les migrants sont nécessaires pour notre démographie et notre marché du travail, et c’est vrai d’autres pensent qu’ils sont inutilement à l’assistance. Il y a le problème de la langue, il faut des politiques d’intégrations, il faut tout mettre en place. Ça coûte cher au début parce que ce n’est pas facile pour un réfugié de s’intégrer sur le marché du travail. Mais à long terme, c’est tout bénéfice pour le pays d’accueil.

J : À quoi va ressembler la Suisse dans dix ans?

EP : Une transformation se fait à cause de la mobilité, de la migration. L’asile est minoritaire comme voie d’immigration, il y a aussi les Européens par exemple. C’est vrai que le melting pot pose des défis mais il est porteur d’une richesse extraordinaire.
Plutôt d’un appauvrissement assuré : la faillite de notre système de sécurité sociale bâti durant des siècles, la perte de notre identité, la dissolution d’un peuple grâce au taux de fécondité des « richesses», et tout le conflit civilisationnel et la criminalité que cela amène. Eux ne seront jamais comme nous et nous cesserons simplement d’exister.

J : Êtes-vous souvent confronté à la pensée populiste ?
Ah, encore ces damnés populistes !

EP : J’aimerais bien être confronté un peu plus. J’ai une position médiane. Pour certains, toute forme de peur est une xénophobie, un racisme. Pour moi, elle est compréhensible. Ce n’est que relativement récemment qu’on s’est mis à véhiculer officiellement l’idée de l’accueil, du traitement indifférencié, de l’absence de discrimination. Il y a tout un travail à faire pour expliquer à la population qu’effectivement c’est une bonne direction, que c’est favorable à tous d’aller vers l’ouverture, tout en rassurant la population sur le fait qu’il y a des critères d’admission clairs. La migration doit faire l’objet d’une gestion.

J : Mais pain bénit, ça marche bien, pour la pensée populiste !

EP : C’est un sujet qui marche formidablement bien…

J : … qui alimente les peurs, la « faute à l’autre et à l’étranger », ce n’est pas tout neuf non plus, mais peut-être qu’en termes de migration, c’est plus récent.

Rebelote sur le dernier livre d’EP :

J : Le livre n’est pas très épais, 178 pages, on ne va pas faire peur aux auditeurs. Vraiment passionnant ! Courts chapitres. Chacun empoigne une question et tente d’y répondre ou émet des hypothèses. Un chapitre concerne la migration climatique. Là on joue sur deux peurs, la migration et le climat

EP : Les réfugiés climatiques sont devenus presque mon thème de prédilection dans mes publications un peu plus scientifiques(sic) et pointues internationalement. Les conséquences du changement climatique sont dramatiques et la peur est malheureusement justifiée. Mais l’idée de flots de réfugiés climatiques qui viendraient s’ajouter aux réfugiés de guerre et économiques, idée très répandue, est injustifiée. Il n’y aura pas de déferlement de réfugiés climatiques car ce sont des paysans pauvres, qui ne voyagent pas loin. Ils ne vont pas tenter à tout prix de venir en Europe, il faudra les assister sur place.

J : On accueille ou on paie ?

EP : Les deux, mais l’accueil est sélectif, sous certaines conditions. Accueillir toutes les personnes en détresse est irréaliste à l’heure actuelle, voire contre-productif. Il faut trouver d’autres formes d’aide, sur place.

Il faut supprimer la distinction entre vrais et faux réfugiés. Ces derniers n’existent pas. Ils n’ont pas essayé de tricher. Ils avaient une détresse profonde et ont essayé de trouver une solution pour eux et leurs familles. En aucune manière ils n’ont essayé d’abuser de notre hospitalité.

Il faut, parfois, refuser le statut de réfugié à certains, tout en leur ménageant des alternatives, en Suisse ou ailleurs. Il faut un programme complet, cohérent.
... qui mettra la population en esclavage pour entretenir grassement les nababs du genre Piguet, l’armada des fonctionnaires et des lobbyistes de l’asile business et leurs protégés.

J : Vous êtes un doux rêveur ?

EP : Une politique d’asile commune, en Europe, peut être un moyen de faire diminuer la pression des partis populistes. Ce n’est pas totalement irréaliste, si on veut éradiquer la pauvreté dans le monde ou en Europe : une bonne politique d’asile et de l’aide sur place.
Il est modeste notre professeur, il veut juste éradiquer la pauvreté dans le monde en accueillant une partie du monde en détresse en Suisse et en aidant le reste sur place. Personne n’abuse de personne dans cette situation. Oh, non, vraiment, que des gagnants !

J : La Grèce, l’Italie, n’en peuvent plus ! En tant que citoyenne je trouve choquant de payer la Turquie pour empêcher les réfugiés de venir en Europe ! Trois milliards en 2018. Et on va remettre ça !

EP : Le pire est que c’est une tentative de réparation après une erreur politique majeure. Les budgets d’assistance dans les camps en Turquie ont été réduits parce qu’on voulait économiser, et ensuite ça coûte beaucoup plus cher. En plus, ça donne des armes à la Turquie pour faire pression sur l’Europe. On a fait le lit des populismes dans ces pays [Allemagne, Italie], on aurait dû mettre en place une solidarité européenne pour faire face à cette crise migratoire.

J : Rien n’est perdu ! Je renvoie les auditeurs à votre dernier livre : «Asile et réfugiés, repenser la protection». Un autre a très bien marché, celui de 2017 : «L’immigration en Suisse, 60 ans d’entrouverture», qui en est à sa 4e édition, également aux Presses polytechniques et universitaires romandes, collection «Le Savoir suisse».

Ici, toute personne un peu éveillée se demande : comment ce livre peut-il en être déjà à sa 4e édition ?

La réponse peut se trouver entre autres dans les anciennes cabines téléphoniques transformées en dépôts de livres. Si vous fréquentez ces cabines, vous avez autant de chance de tomber sur un livre de Mathieu Bock-Côté que de gagner le gros lot à l’Euromillions. En revanche, on y trouve régulièrement des livres de Piguet, soit flambant neufs, comme s’ils n’avaient jamais été ouverts, soit stabilobossés et annotés comme le font les étudiants pour les examens. Et c’est là que réside le secret des ventes records : les livres de Piguet sont lecture obligatoire pour de nombreux cours dans le réseau asile business et dans nos écoles sociales et universités. Non seulement la totalité des médias romands font une promotion imméritée et démesurée de ses ouvrages, il est la référence à la RTS en tant que spécialiste des migrations, les bibliothèques en Suisse romande achètent automatiquement ses ouvrages ; mais en plus le gros des ventes provient de l’étendue de l’enseignement du multiculturalisme sous toutes ses formes.

Le business de l’asile a pris de telles proportions en Suisse qu’il est comparable à la place que l’Eglise occupait au Moyen-Age. Il a son catéchisme, il fait vivre une armée de parasites et il forme annuellement ses dignitaires qui seront adoubés par nos médias.

Pour dénoncer ce courant mortifère pour la Suisse – les autres avant les nôtres – il n’y a que l’UDC, diabolisée, et quelques voix d’opposants très peu audibles.

******

EP a donné d’innombrables interviews à la RTS et dans notre presse romande. Ne citons que la dernière, du 4 novembre, dans Le Temps, pour la promotion de son dernier ouvrage, article intitulé Etienne Piguet: «On maintient les réfugiés à distance».

******

Ci-après, un petit extrait des « formations » qui sont possibles en Suisse romande :

Forum suisse pour l'étude des migrations et de la population

(Education et migration)

CAS en migrations et sociétés plurielles (Formation Continue UNIL-EPFL)

Mention développement et migrations (Master)

Spécialiste de la Migration - PARTENAIRE FORMATION.CH

https://www.orientation.ch/dyn/show/1900?id=1431

https://partenaire-formation.ch › spécialiste-migrations

Formation dans le domaine de l'asile ou de la migrations

https://www.vd.ch/themes/population/integration-des-etrangers-et-prevention-du-racisme/ressources-pour-les-professionnel-le-s-et-les-associations/

Spécialiste de la migration (SpM)
https://fachperson-migration.ch/cms/mod/book/view.php?id=12

https://www.osar.ch/formation.html

Brevet fédéral de spécialiste de la migration

https://www.ifage.ch/offre/commerce/sante-social/brevet-federal-specialiste-migration

Centre Suisse pour la Défense des Droits des Migrants

https://centre-csdm.org/ Requérant-e-s d’asile érythréen-ne-s : [...] la Suisse viole le droit international (15.05.2019). Nous avons saisi les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à propos de la pratique des autorités suisses de nier la protection internationale aux ressortissant-e-s érythréen-ne-s. [...]

CAS Santé mentale, migration et culture: évaluer et soigner

https://www.unige.ch/formcont/cours/cassmmc

Santé et migration - Au-delà des frontières

https://www.reiso.org/plateformes/formation/4085-sante-et-migration-au-dela-des-frontieres

 

10 commentaires

  1. Posté par Dominique le

    Il est intolérable que notre pays devienne comme la France voisine un dépotoir grands bras ouverts aux bons à rien, aux tarés, aux vicieux, aux délinquants, aux criminels… et que notre budget social et hospitalier soit dilapidé au profit d’indésirables, alors que nous devrions rembourser toutes les dettes de L’Etat-nation parce qu’elles sont immorales puisqu’elles devront être payées par nos descendants.

  2. Posté par Gérard Guichard le

    « Pas besoin d’attendre 10 ans pour voir la catastrophe »
    Tout à fait: en France, ça fait 40 ans qu’on subit et il suffit de voir les désordres (mais enfin, nous on avait des colonies, puis la Françafrique et les meilleurs d’entre nous avaient déjà leur petite idée)

  3. Posté par Rictus le

    Contrairement aux personnes qui s’expriment sur ce sujet en des termes outranciers, j’ai lu le livre du professeur Piguet. Il s’agit, pour l’essentiel, de constatations objectives reposant sur des statistiques et des analyses incontestables. Quant aux propositions de l’auteur en vue de résoudre les problèmes que pose l’afflux de demandeurs d’asile, elles sont d’une grande modération et n’ont à rien à voir avec le cataclysme que prédisent quelques agités.

  4. Posté par Bussy le

    Parlons aussi du fait que l’arrivée massive d’analphabètes permet d’avoir des esclaves, exploités dans les cuisines des restaurants par exemple, ou des nounous pour les gosses….. et bien sûr les élites bien-pensantes sont super contentes d’avoir un plat du jour de moins en moins cher, une nounou payée au lance-pierre, et les charges pour l’entretien des esclaves sont aussi payées par ceux qui ne peuvent pas se payer ni plat du jour ni nounou, donc tout bénéf !
    Et j’en reviens à l’accueil, et je signale juste que certains peuvent se montrer très ouverts et généreux parce que d’autres font le sale boulot….
    Enfin dans populiste, il y a « peuple », peuple qui a jusqu’à maintenant beaucoup enduré…. mais ça craque de partout, et pas seulement en Europe….. et personnellement je crois que l’intelligence, le bon sens et l’honnêteté intellectuelle sont du côté du peuple, je dirais des gilets jaunes pour être plus précis, pas des racailles bien sûr.

  5. Posté par Zoe le

    En termes de promotion, à voir absolument:

    https://m.youtube.com/watch?v=FDJHFva_XeQ

    Ce tribunal met des années pour traiter une demande d’asile mais ne manque visiblement pas de temps pour sa propagande!

  6. Posté par Palador le

    C’est souvent la même ritournelle: vive le vivre ensemble et l’accueil de nouvelles richesses, mais pas dans les beaux quartiers, comme ceux qui s’inquiètent et manifestent contre les immenses antennes des télécoms et qui ont tous smartphones et natels. Not in my Backyards !

  7. Posté par Bussy le

    « Favorable à tous d’aller vers l’ouverture »…. quelle ouverture ? Comme c’est parti, ouverture à la charia peut-être ?
    « Il n’y aura pas de déferlement de réfugiés climatiques car ce sont des paysans pauvres, qui ne voyagent pas loin »…. ah bon, donc actuellement, on accueille des riches ? C’est vrai qu’ils sont tellement pauvres qu’ils peuvent payer très cher des passeurs, des montants que beaucoup d’ouvriers européens n’ont pas en compte en banque !
    « Accueillir toutes les personnes en détresse est irréaliste à l’heure actuelle »…. et donc après, quand ça sera réaliste, l’Europe accueille 1.5 milliard d’Africains et 1 milliard d’Asiatiques ?
    Rien que pour les Erythréens, on dépense environ 1.5 milliard par année, vous imaginez ce qu’on pourrait faire de cet argent en aidant les vrais pauvres sur place ?
    Mais comme les faux réfugiés vont vider les caisses, même les pauvres européens ne seront plus aidés, ce qui est déjà le cas à bien des endroits, donc pour ce qui est d’aider des étrangers sur place, une Europe devenue un shithole (c’est en cours, ouvrez les yeux !) ne pourra plus aider personne.
    Plus grave, une Europe appauvrie ne pourra rien faire pour financer la transition écologique.
    Mais bon, les Américains ont toujours eu peur d’une Europe forte…… ils doivent être émus par certaines élites européennes….
    Quant à dire qu’il fallait les répartir… en espérant qu’ils se voient moins ?
    Enfin, dernière petite chose, M. Piguet habite-t-il dans un quartier à forte densité d’immigrés ou fait-il partie de ces élites faux-cul qui prônent la diversité…. pour les autres, c’est-à-dire les pauvres, ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir parasiter le système ?

  8. Posté par pépé le moko le

    Ou l’ on apprend qu’une gamine depuis la Suisse se marie par téléphone avec un gulu en Syrie et qu’ensuite le mariage est acté par notre pauvre pays et que le dit époux peut venir en Suisse rejoindre sa bien aimée.
    La Suisse en déliquescence, mise devant le fait accompli nos autorités acceptent tout et matraque par contre ses habitants !

  9. Posté par Antoine le

    Etienne Piguet (EP) est (très ou trop) souvent l’invité de la RTS !
    Encore un qui veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes :
     »C’est vrai qu’en regardant les chiffres, en remontant aux Huguenots, en proportion de la population … »
     »La tradition d’accueil (en Suisse) repose sur un mythe du 19e siècle … »
    Le journaleux (complice) ne le contredit même pas !
    – Étrangers : env. 2’148’000 personnes en 2018 cela doit représenter environ 25% de la population suisse, et c’est pas assez ?
    https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/population/migration-integration/nationalite-etrangere.html
    – Immigrés :
    Entre 2009 et 2015, la Suisse a accueilli env. 70’000 réfugiés par année ! Et c’est pas assez ?
    https://www.travailler-en-suisse.ch/10-chiffres-immigration-emploi-frontalier-suisse.html
    – Frontaliers, environ un tiers de millions de personnes (env 318’000 en 2016) et c’est pas assez ?
    https://www.travailler-en-suisse.ch/10-chiffres-immigration-emploi-frontalier-suisse.html
    Les merdias sont COMPLICES et ce soi-disant journaliste est à recycler comme archiviste dans les archives de la Confédération pour qu’il apprenne les chiffres qui reflètent la RÉALITÉ !

    Quelle magnifique comparaison que de remonter à l’Édit de Nantes et aux Huguenots !
    Il doit y avoir un très petit pois à la place du cerveau ! Ou de la m..rde dans les yeux et les oreilles …
    Les Huguenots étaient des Européens et chrétiens !
    Les envahisseurs (migrants économiques) sont des Africains (Maghreb ou Afrique Noire) et muzz.

  10. Posté par Antoine le

     »Je serais intéressée de voir comment sera la Suisse dans dix ans, parce que les personnes qui arrivent apportent un autre point de vue, un autre type de vie, et du coup, chacun va devoir s’adapter à l’autre et ça va donner autre chose. »
    Pas besoin d’attendre 10 ans pour voir la catastrophe; il suffit d’attendre 2-3 ans ou se rappeler comment était Lausanne ou la Suisse Romande il y a 10 ans …
    La mémoire humaine est subjective et partielle. Il suffit de se renseigner :
    – Nombre de dealers au mètre carré
    – Nombre de vols
    – Nombre de viols
    – Nombre d’agression
    – Nombre de personnes aux services sociaux
    – Nombre de personnes et proportions dans nos prisons
    – etc …
    C’était MIEUX AVANT !
    Avant quoi ?
    2015 et l’immigration de masse illégale voulue par Mme Merkel la bolchévik tremblotante !

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