Nous serons comme les Indiens d’Amérique

5 novembre 2019 - par

« Nous serons comme les Indiens d’Amérique »

Alors que le débat sur le voile a agité l’opinion publique, le JDD vient de publier un sondage Ifop qui révèle que 78 % des sondés jugent que la laïcité est aujourd’hui « en danger » en France et  61 % des sondés estiment que « l’islam est incompatible avec les valeurs de la société française ».

Mais que pensent les musulmans des Occidentaux qui séjournent dans un pays musulman ?

J’ai retrouvé dans mes archives un article paru dans les Dernières nouvelles d’Alsace (samedi 3 avril 2010) qui traite du regard porté par la population locale des Émirats arabes unis sur les touristes occidentaux.

Les Émirats arabes unis ont beau être le plus libéral des pays du Golfe, le spectacle de tenues légères des étrangers et les gestes amoureux en public dérangent et stigmatisent la population locale.

Des Émiratis se mobilisent contre les attitudes « répugnantes » des femmes occidentales et demandent que les étrangers respectent les coutumes locales…

Retranscription de l’article :

Émirats arabes unis/Malaise face à l’afflux d’étrangers

« Nous serons comme les Indiens d’Amérique »

 Les Émiratis, devenus minoritaires dans leur propre pays, cohabitent de plus en plus difficilement avec les étrangers, notamment les Occidentaux dont les mœurs les choquent.

À Dubaï, un couple britannique a été condamné à un mois de prison pour s’être embrassé sur la bouche dans un restaurant où il dînait. Le jeune couple, en visite dans le pays, avait été dénoncé par une mère de famille émiratie choquée.

Cette affaire illustre le malaise croissant de la population locale. À Dubaï, les Émiratis se retranchent dans des quartiers à la périphérie de la ville pour ne pas se mêler aux étrangers.

« Nous vivons pratiquement dans des réserves et si la croissance anormale se poursuit à ce rythme, d’ici 20 ans nous serons comme les Indiens d’Amérique », affirme Ibtissam al-Kitbi, professeur de sociologie à l’Université des Émirats. « Nous sommes entourés d’étrangers, la drogue se propage, le taux de criminalité augmente et nous avons peur pour nos enfants », ajoute-t-elle, faisant écho au sentiment de beaucoup de « nationaux ».

La peur de perdre son emploi accentue le ressentiment

 Il est fréquent d’entendre les Émiratis intervenir en direct dans les émissions radio pour se plaindre de croiser des Occidentales en tenues légères dans les parcs publics ou les centres commerciaux. Ou dénoncer le peu de restrictions à la vente d’alcool.

De fait, les boîtes de nuit de Dubaï n’ont rien à envier à celle de capitales branchées.

L’alcool coule à flots lors des événements sportifs et il n’y a pas de restrictions vestimentaires pour les femmes. Mais il arrive que la police intervienne.

En 2008, un autre couple britannique avait été condamné à trois mois de prison pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage sur une plage publique de Dubaï. Cette peine avait été ensuite infirmée en appel.

« Les Émiratis commencent à perdre beaucoup de leur identité, et la présence d’un aussi grand nombre d’étrangers mène à des comportements inacceptables qui ne sont pas conformes à nos traditions », affirme l’écrivain Abdel Khalek Abdallah. Il estime que « le gouvernement doit revoir sa stratégie de développement, réduire cette croissance ambitieuse » aujourd’hui freinée pour Dubaï, mais qui est encore d’actualité pour la capitale. Abou Dhabi.

Ce malaise est aussi lié aux effets de la crise économique à Dubaï, lourdement endetté. Des Émiratis commencent à critiquer la politique du gouvernement. Certains ont peur de perdre leur emploi, et le ressentiment à l’égard des étrangers devient plus marqué.

16,5 % de nationaux

En 1968, avant le boom pétrolier, les étrangers formaient 38 % de la population des Émirats. Aujourd’hui, la population du pays a atteint les six millions, dont seulement 16,5 % de nationaux. Pour Dubaï, la proportion d’Émiratis est de 5 % seulement sur un total de deux millions d’habitants, estime Chris Davidson, auteur d’un livre sur la ville-émirat intitulé « La vulnérabilité du succès ».

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En France, avec la censure gouvernementale, pourrait-on écrire un tel article en remplaçant Émirati par Français ?

« Les Émiratis Français, devenus minoritaires dans leur propre pays, cohabitent de plus en plus difficilement avec les étrangers, notamment les Occidentaux musulmans dont les mœurs les choquent. »

« Les Émiratis Français commencent à perdre beaucoup de leur identité, et la présence d’un aussi grand nombre d’étrangers mène à des comportements inacceptables qui ne sont pas conformes à nos traditions ».

« Nous [les Français] vivons pratiquement dans des réserves et si la croissance anormale se poursuit à ce rythme, d’ici 20 ans nous serons comme les Indiens d’Amérique ».

Je n’en suis pas vraiment convaincu vu les nombreuses lois qui ont été votées pour réduire les Français au silence. Bientôt on nous interdira aussi de penser librement et surtout différemment. Celui qui résistera et refusera d’obéir sera alors discrédité, méprisé, condamné, exclu, et cloué au pilori.

C’est ce qui est arrivé à l’AFD (Alternative pour l’Allemagne) qui avait utilisé, comme les Émiratis, l’image d’un Indien pour mettre en lumière l’immigration incontrôlée. Tout de suite, de nombreux responsables politiques allemands islamocompatibles ont condamné avec véhémence cette propagande populiste, raciste, xénophobe, islamophobe, stigmatisante et insultante pour les Amérindiens… En France, M. Marc-Olivier Bherer, vaillant journaliste au monde écrivait à ce sujet : « Le « noble Indien », une aubaine pour l’extrême droite. Les différents partis de droite radicale européens utilisent l’image des peuples premiers d’Amérique vivant dans des réserves pour mieux mettre en garde contre l’immigration »[1].

En Hongrie, le premier ministre Viktor Orban a aussi utilisé l’image des Indiens dans un discours prononcé en juillet 2016 :

« Les Hongrois ne veulent pas devenir un peuple d’esclaves. Ils ne veulent être ni un peuple d’esclaves d’un autre peuple, ni exister en tant qu’esclaves dans leur propre patrie. C’est aussi ce qu’on peut appeler la liberté. Il ne nous est pas indifférent de savoir qui sera le prochain président des États-Unis et ce qu’il pense de l’immigration. Cela va déterminer notre vie. Je ne veux pas critiquer les Américains, mais je tiens à dire clairement que ce qu’ils considèrent être juste nous tuera, et cela nous est insupportable. Cela n’aura donc pas notre soutien. La vérité est que je peux comprendre que, d’un point de vue américain, l’immigration soit perçue positivement, puisque les États-Unis se sont constitués de cette façon. Mais ils devraient aussi voir que, dans cette histoire, nous sommes les Indiens. »[2]

Sur le même thème, quelques exemples d’affiches de partis politiques :

 Une crèche en Allemagne interdit aux enfants de se déguiser en Indiens !

Les enfants aiment se déguiser et pas seulement lors du carnaval. Leur imagination ne connaît pas de limites. Cependant, début 2019 les dirigeants d’une crèche de Hambourg ont demandé dans une lettre aux parents que pour les fêtes de carnaval leurs enfants ne viennent pas à l’école avec un déguisement « discriminatoire ». Dans cette lettre les responsables de la crèche (qui accordent « une attention particulière à une éducation quotidienne, non discriminatoire et sensible aux préjugés culturels ») demandent aux parents que leurs enfants ne portent pas un costume qui utilise des stéréotypes tels que la couleur de la peau, le sexe ou la culture. Les enfants doivent donc éviter de porter un déguisement d’Indien ou d’Arabe pour éviter tout préjugé. En remplacement, les enfants peuvent se déguiser en animaux, superhéros, créatures mythiques, martiens, créatures marines… des déguisements qui ne ridiculisent ni ne déprécient un groupe en particulier. Ils critiquent également le fait que les filles se déguisent en princesses et les garçons en pirates car ce sont des « stéréotypes de genre ». La crèche fait référence à un article spécialisé de « Kids aktuell » de 2016 : « Fasching vorurteilsbewusst feiern ! (Célébrer carnaval avec conscience !)[3] ».

Pour les enfants se déguiser n’a rien à voir avec la discrimination, les préjugés et les stéréotypes. Il s’agit d’émerveillement, de fantaisie et de jeux de rôle. Est-il judicieux de limiter ces jeux enfantins aux règles du « politiquement correct des éducateurs » ?

Jusqu’où ira la dictature de la pensée unique ? Il est vrai qu’il faut tenir compte des sentiments des minorités, mais si nous continuons à interpréter strictement tous les préjugés et stéréotypes, à un moment donné, plus personne ne saura ce qui peut être dit ou fait.

Si ce sont les Émiratis qui disent : « Nous serons comme les Indiens d’Amérique » tout va bien… mais malheur aux autres !

Johan Zweitakter

source:

Nota : un article sur le même sujet est paru sur lepoint.fr en 2012.

https://www.lepoint.fr/monde/les-emirats-arabes-unis-reclament-de-la-decence-aux-femmes-occidentales-25-05-2012-1465110_24.php

[1] https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/07/19/le-noble-indien-une-aubaine-pour-l-extreme-droite_5333660_3232.html

[2] https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/07/19/la-metaphore-indienne-fait-un-retour-en-hongrie_5333655_3232.html

[3] https://www.ndr.de/nachrichten/info/fasching330.pdf – Brochure en allemand.

3 commentaires

  1. Posté par Antoine le

    @Marc
    Le  »réveil » commence par aller voter pour des représentants du peuple qui défendent réellement nos intérêts !
    L’interpellation par oral ou par écrit des députés ou autres représentants oblige ceux-ci de réponse ou de modifier leur attitude.
    La pire situation étant une élite qui dénigre leur peuple.
    Il y a eu les  »sans dents » de M. Hollande et autres remarques désobligeantes de M. Micron.
    Je respecte les Gilets Jaunes qui, de semaine en semaine, ont vaincus le froid, la pluie et la sarcasmes. Certains ont payés très cher !

  2. Posté par Marc le

    Antoine, certains se réveillent mais ils paient cher leurs engagement. En France ils perdent des membres ou un œil ou même la vie, ils sont emprisonnés, humiliés, fichés, amendés, perdent leurs emploie. Comme des bêtes ils sont traqués et punis. Pas facile de se battre contre le N.O.M. et l’élite qui a décidé que la folie est la nouvelle pensée unique. Je dois reconnaître qu’aillant une famille je me voit mal me mettre en avant et tout perdre, ma maison mon taff et finalement ma famille. Mais je supporte anonymement sur des réseaux même si ça ne sert pas a grand chose.
    Encore un grand bravo à tous ces gens qui donnent une parti de leurs vie pour sauver ce qui reste de nos pays que nos ancêtres ont aider à construire, et à protéger. Aujourd’hui l’ennemie n’est plus de l’autre côté d’une frontière, il est chez nous, il est au journal télévisé, à la radio, au gouvernement, dans les écoles.
    La bataille ne fait que de commencer même si la toile du N.O.M. s’est tissée depuis des décennies et qui est dans une phase intermédiaire, le changement des peuples (sa souche, sa fiertés, son patriotisme, son drapeau, sa langue, son intelligence) , son étranglement financé, son éducation. La 3em phase sera une possible guerre planétaire, mais ça c’est une question d’avenir. Peut-être que la phase #2 sera suffisante.

  3. Posté par Antoine le

    Big Brother is watching YOU !
     »Jusqu’où ira la dictature de la pensée unique ? »
    Si on ne se réveille pas maintenant, la chape de plomb nous empêchera de nous réveiller …

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