En Thuringe, la vieille garde communiste de la RDA continue d’être au pouvoir – et la CDU veut collaborer avec elle

Claude Haenggli
rédacteur/traducteur, Berne, Suisse

En Thuringe, la vieille garde communiste de la RDA continue d’être au pouvoir - et la CDU veut collaborer avec elle

Pour les médias de grand chemin, c’est la victoire de l’AfD en Thuringe qui serait un danger pour la « démocratie ». Ils cachent par contre le fait que plusieurs ministres et de nombreux députés du parti « Die Linke » au pouvoir ont commencé leur carrière en RDA (République « démocratique » allemande), cet état totalitaire et sanguinaire. Par exemple, une ancienne fonctionnaire de l’organisation de jeunesse FdJ et du parti SED, Birgit Keller, est ministre de l’intérieur. Sa collègue, ministre du travail et des affaires sociales, Heike Werner, étudiait le marxisme-léninisme en tant que future fonctionnaire de la SED, lorsque le mur est tombé. Le chef de la fraction Die Linke, André Blechschmidt, a étudié le marxisme-léninisme, puis a été chargé d’imposer la ligne du parti aux églises de Thuringe. Il était aussi indicateur de la Stasi. Son collègue chargé du tourisme, Kurt Knoschewski, est entré au parti communiste de la RDA en 1979 déjà. Il était aussi fonctionnaire de la FdJ. Deux autres députés étaient membres de la SED, dont l’un en tant qu’officier de carrière dans la troupe qui tirait sur les citoyens voulant échapper à l’enfer communiste. Le record d’appartenance au parti SED (maintenant « Die Linke ») appartient toutefois à Gudrun Martha Lukin, qui en fait partie depuis 46 ans. Après avoir étudié le marxisme-léninisme en Union soviétique, elle a travaillé pour le maire communiste de Jena. Sa collègue Karola-Elke Stange avait un rang encore plus élevé dans la hiérarchie, en tant que fonctionnaire de la SED à Erfurt, car en RDA ce n’étaient pas les autorités civiles qui prenaient les décisions, mais le parti unique.

 

https://www.achgut.com/artikel/wahlsieg_der_alten_kader

 

Traduction (Claude Haenggli) : Tout cela ne joue aucun rôle dans les reportages sur les élections régionales en Thuringe. Beaucoup d’observateurs ne concentrent leur attention que sur le candidat de « Die Linke », imbu de pouvoir, Bodo Ramelow, qui vient d’Allemagne de l’Ouest et est par conséquent considéré comme non contaminé. Sa relation avec l’état de droit et la démocratie semble toutefois être avant tout de nature tactique et cela non seulement parce qu’il avait en 2010 illégalement empêché une manifestation à Dresde, ce qui lui avait valu une enquête pénale de la part du ministère public. Il parle, lorsque cela lui paraît utile, de la RDA comme d’une dictature, mais d’autres fois il se refuse de la désigner comme un état de non-droit. Ramelow n’a pas eu non plus de scrupules à accepter que deux anciens indicateurs de la Stasi appuient son gouvernement : les députés de « Die Linke » Ina Leukefeld et son collègue de fraction Frank Kuschel. Tous les deux ont été plusieurs fois déclarés comme indignes de siéger par le parlement de Thuringe, car ils avaient espionné des personnes ayant demandé de pouvoir quitter le pays. En dépit de cela, le candidat de la CDU, Mike Möring, a déclaré qu’il allait entamer des négociations avec Ramelow, qui ne peut former un gouvernement à lui seul.

Claude Haenggli, 5.11.2019

 

4 commentaires

  1. Posté par kandel le

    Nikita Khrouchtchev aux ambassadeurs occidentaux lors d’une réception à l’ambassade de Pologne à Moscou le 18 novembre 1956 : En fait, la phrase originale fut déformée et sortie de son contexte qui était : « Que vous le vouliez ou non, l’histoire est de notre côté. Nous vous enterrerons. »

  2. Posté par kandel le

    La Nation n° 1936 – 9 mars 2012 : […] La RDA, comme les autres pays du bloc communiste, vivait dans le mensonge, au point de se mentir à elle-même. Un rapport alarmant sur l’état catastrophique de l’économie, remis à Honecker, valut à son auteur la plus sévère réprimande. À l’extérieur, même illusion: l’Allemagne de l’Est passait pour le modèle de la réussite collectiviste, la vitrine du communisme. Lorsque la frontière s’ouvrit, il n’a pas fallu un an pour que tout s’effondre: derrière la vitrine, il n’y avait rien. Sauf, bien sûr, les 90’000 agents de la Stasi et ses 170’000 indicateurs.

  3. Posté par toyet le

    Enfer communiste? tout était gratuit en DDR, un bien meilleur communisme que le pays de Vaud hors de prix pour la classe moyenne.90% des femmes bossaient en DDR contre 60% à 50% dans le canton de Vaud et 20% d’esclaves.

  4. Posté par SD-Vintage le

    Ce n’est pas Angela Merkel qui elle-même a collaboré avec la Stasi ?

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