Des musulmanes de Marseille et de Bruxelles en plein fanatisme

Publié par Mireille Vallette le 18 octobre 2019

Deux anthropologues ont voulu savoir quelle compréhensions les musulmanes salafistes ont du halal. Elles ont surtout découvert combien les plus radicales s’imposent aux autres.

Florence Bergeaud Blackler a décrit dans un livre remarquable, présenté ici, le paysage mondial du halal, l’imposture et la menace qu’il représente. Elle a voulu, avec la chercheuse Belge Fadila Maaroufi, examiner par une étude qualitative la compréhension par des musulmanes plus ou moins pratiquantes de cette nouvelle mode intégriste. La surprise n’est pas venue d’où elles l’attendaient. Le Soir a résumé le propos mercredi 16 octobre avant la parution de l’étude.

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Bergeaud-Blackler avait déjà relevé, comme d’autres observateurs, l’extension du terme halal à de multiples produits et comportements: «Avant l’invention du marché des produits islamiques, tout ce qui n’était pas interdit (haram) était permis (halal). Cela s’est inversé… » Ainsi, le marché halal du voyage, des cosmétiques, des aliments, des vêtements, etc. prennent une incroyable ampleur, alors que ces injonctions sont complètement détachées de la doxa, simplement inventées. Durant 14 siècles, seul l’interdit de manger du porc a existé.

Les deux anthropologues ont immédiatement été confrontées au fondamentalisme de certaines femmes. Pour justifier les châtiments tels que couper les mains des voleurs ou commettre un adultère, ces femmes avancent les mêmes arguments que celles que j’ai entendus à Neuchâtel ou à Genève: nécessité de témoins, dissuasion (les voleurs sachant ce qu’ils risquent renonceront à voler).

Quant au halal, il «descend du Bon Dieu» dit une participante qui oriente la discussion. Dès lors, «le halal, commente Florence Bergeaud, sera défini non comme une simple loi alimentaire, mais comme un «chemin de piété»: toute la vie doit être halal.»

Qu’il s’agisse de Marseille ou de Bruxelles, les musulmanes les plus intransigeantes s’imposent dans les groupes et rappellent leurs «sœurs» à leurs devoirs religieux. Une femme qui par une chaude journée s’est fait interpeller dans la rue par une dame qui qualifiait de «haram» (interdit) sa tenue trop légère, tente d’obtenir le soutien du groupe. En vain. Les participantes, au contraire, la mettent en garde contre d’autres péchés: «Ne pas porter le voile, se marier à un non-musulman, remettre en question la religion». Et tentent de ramener en douceur les pécheresses dans le droit chemin. Ce qui se traduit par: «Ma sœur, tu devrais t’occuper de tes enfants à la maison pour les éduquer dans l’islam ou éviter de fréquenter des lieux habités par le Shaytan (satan)…»

Les chercheuses ont constaté que les résistances à ces discours rigoristes sont faibles, et la peur de l’enfer puissante. Témoin Salma, professeure de danse orientale, qui admet sous les critiques que son métier est haram et qu’elle devrait le quitter. Ou encore Malika qui ne se voile pas, se maquille et sort en boite, mais projette de quitter un jour ce mode de vie et ressent une forte angoisse à l’idée de mourir subitement et d’aller brûler en enfer.
Pour Florence Bergeaud, «ce lavage de cerveau fait de chaque “endoctriné” un “endoctrineur”, partout et tout le temps. C’est là sa puissance. »

La Belge Fadila Maaroufi qui a passé deux ans en immersion dans des milieux salafistes, résume:

  • Plus une personne est religieuse, plus elle est considérée comme celle qui en sait le plus. «On se rallie donc aux personnes les plus radicalisées.» (A méditer par tous ceux qui cèdent aux revendications musulmanes, dont celle du foulard).
  • Les mêmes critères sont mobilisés : culpabilité, victimisation, peur de l’enfer, hassanats (bons points pour le paradis). En France, la victimisation est en rapport avec la colonisation de l’Algérie. En Belgique, le discours est plutôt de dire qu’on a exploité les parents. «Dans les deux cas, on crée et on entretient une rancœur, une haine vis-à-vis de l’autre.»
  • Les familles d’origine maghrébine fréquentent depuis des décennies des mosquées financées par les pays du Golfe «où se tiennent des discours de haine contre les juifs, contre les homosexuels, etc.»
  • Le voile imposé par les islamistes permet (aussi) de contrôler les déplacements des femmes.
  • Elles doivent faire du prosélytisme dans les mosquées, les associations de femmes, leur environnement professionnel (féminin de préférence).
  • Les deux chercheuses estiment que «cette figure du «musulman absolu», est aussi alimentée à l’université par les théories intersectionnelles.

Fadila Maaroufi fait «parfaitement la distinction entre les musulmans et les islamistes ». Mais comment réussit-elle cette prouesse, alors qu’elle affirme dans le même souffle que «la majorité des musulmans ne veulent pas des islamistes mais ils sont pris dans leurs filets, no¬tamment parce que certains partis à gauche passent alliance avec eux».

Enfin, les deux anthropologues font partie des adversaires de «l’extrême droite». Elles ne s’excusent donc pas d’être restées aveugles aux alarmes que ces méchants ont lancé bien avant elles. Ces courageuses prennent le risque de «faire le jeu de l’extrême droite», car reconnait Bergeaud-Blackler, depuis 30 ans que cette menace est brandie, on est arrivé à l’inverse de ce qu’on voulait: «On a abondé dans le discours victimaire dont les fonda-mentalistes usent et abusent pour prendre en otage toute la population musulmane. Pour contrer l’ex¬trême droite, il faut lutter activement contre le fonda¬mentalisme, et pour cela il faut saisir la façon dont il étend son emprise.»

Ces dames devraient lire les nombreux livres qui décrivent ce qu’elles pensent avoir découvert et qu’elles ne font que confirmer. Livres écrits entre autres par des adeptes de «l’extrême droite».

Je suis un peu bizarre, je sais. Mais je n’arrive pas à concevoir qu’en 2019 dans nos démocraties, on fasse paisiblement ce genre d’études sans se scandaliser de ce fanatisme, de ces préceptes absurdes, de ces discriminations, de ce sexisme sans appeler à des interventions majeures des pouvoirs publics. Et sans dire, sans hurler que cette religion d’idolâtres doit être réformée de toute urgence.

source: https://www.dreuz.info/2019/10/18/des-musulmanes-de-marseille-et-de-bruxelles-en-plein-fanatisme/

Un commentaire

  1. Posté par Anne Lauwaert le

    Aussi longtemps qu’on ne s’attaquera pas à la base du problème on tournera en rond. La base de l’islam c’est le coran. Les musulmans croient que le coran a été écrit par leur allah et est tombé du ciel tel quel, qu’il est parfait et inaltérable. Dans notre civilisation nous possédons un grand nombre de spécialistes : historiens, linguistes, archéologues, mathématiciens, arabisants, spécialistes de la langue arabe et araméenne et de l’hébreux ainsi que des langues du Moyen Orient etc. Ils ont étudié l’islam et ses textes, non pas pour sa théologie mais pour son historicité. Parmi eux les Luxenberg, Anne-Marie Delcambre et tant d’autres. Le plus « scientifique » est sans doute Jean-Jacques Walter qui a mis le coran sur ordinateur et l’a analysé selon la théorie des codes et en a conclu que le coran n’a pas été écrit par un allah mais par plusieurs dizaines d’auteurs différents sur un arc de + – 200ans.
    Alain Wagner explique les dessous des cartes de l’immigration musulmane en Europe contre du pétrole.
    De nombreux autres personnes dénoncent les dessous des cartes et des manipulations.
    La seule solution qui serait radicale, c’est de dire aux musulmans : « Vous êtes manipulés, trompés, exploités : votre coran n’est pas ce qu’on vous fait croire. Voici les preuves»
    Galilée a osé contredire les croyances religieuses de son époque, Giordano Bruno a fini sur le bûcher… parmi tant d’autres… Aujourd’hui nous sommes au même point avec d’autres croyances d’autres religions.
    C’est à nos autorités de dire aux nouveaux venus que leurs croyances sont invalidées par les études de nos chercheurs. Elles ne le font pas non pas parce que, jusqu’à présent, elles n’y ont pas intérêt. Le jour où nos autorités n’y auront plus intérêt elles diront aux musulmans que leur islam repose sur un coran qui n’est pas ce qu’ils croient et que donc leur islam n’est pas non plus ce qu’ils croient…
    Tout cela n’est qu’une question d’intérêt dont le business du halal n’est qu’une partie mais qui se chiffre quand même en milliards…

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