Quand l’État Français éprouve à son tour un « sentiment d’insécurité »

Stéphane Montabert
Suisse naturalisé, Conseiller communal UDC, Renens

Dans l'affaire de "l'attaque au couteau à la Préfecture de Police" de Paris, tout a été tenté pour essayer d'étouffer dans l’œuf l'hypothèse de l'attaque terroriste islamique. Mais il suffit de lire Le Figaro du jeudi 3 octobre pour voir que la digue commençait déjà à se lézarder.

La préfecture de police reste extrêmement prudente sur la piste terroriste [pourquoi?]. Si cette hypothèse n’est pas écartée, la piste d’un différend d’ordre privé était aussi évoquée, sans qu’aucune source officielle ne le confirme. Dans une confusion totale, certains parlaient jeudi d’une «peine de cœur». D’autres affirmaient que l’attaquant, converti à l’islam il y a dix-huit mois, aurait été convoqué par sa responsable pour un entretien visant à savoir pourquoi il ne saluait plus les femmes. (...) Le procureur de Paris a indiqué avoir «ouvert une enquête (...) C'est bien pour le moment le parquet de Paris [Et non le parquet national antiterroriste] qui reste saisi», a-t-il ajouté.

À ce moment l'épouse de l'islamiste jouait déjà un double-jeu:

L'épouse de l'assaillant a été placée en garde à vue. Entendue par les enquêteurs, celle-ci a déclaré que son mari aurait eu des visions et entendu des voix la nuit qui a précédé son passage à l'acte, ont appris FranceInfo et BFMTV de sources proches de l'enquête. Toujours selon elle, son mari était alors incohérent. L'épouse de l'assaillant a également indiqué aux enquêteurs que son mari avait le sentiment de ne pas être reconnu par sa hiérarchie à sa juste valeur et n'avait pas eu, selon lui, la progression qu'il méritait, rapporte FranceInfo de source policière.

Las! Les menus détails s'accumulèrent assez vite. À Gonesse dans le Val d'Oise, un habitant vivant dans la résidence de l'assaillant assura aux enquêteurs qu'il aurait crié "Allah Akbar !" à deux reprises vers 3-4h du matin, la nuit précédant l’équipée meurtrière. Pas de chance, ce témoin était policier. Et l'information fut confirmée par un second voisin.

On apprit également, pêle-mêle:

  • que l'individu, Mickaël Harpon, était converti à l'islam depuis une dizaine d'années ;
  • qu'il avait été signalé à sa hiérarchie après avoir "célébré" l'attentat contre Charlie-Hebo en janvier 2015 ;
  • que ces quatre dernières années, le comportement de cet agent administratif avait plusieurs fois "attiré l'attention" ;
  • qu'il avait acheté, le jour même de son attentat un couteau de 33 cm de long avec une lame de céramique pour franchir les détecteurs de métaux des portiques (certains syndicalistes osèrent prétendre que c'était un couteau "pour son casse-croûte" !) ce qui implique la préméditation ;
  • qu'une des victimes, vraisemblablement la première, fut égorgée (des "blessures à la gorge" en novlangue) ;
  • qu'il se rendait régulièrement dans une mosquée du Val-d'Oise dont le prédicateur était connu de la DGSI ;
  • qu'il avait troqué depuis quelques mois ses tenues occidentales pour des habits musulmans traditionnels lorsqu'il se rendait dans cette même mosquée ;
  • que le matin de la tuerie il avait refusé de saluer les femmes, et que ses relations avec les femmes de son milieu professionnel s'étaient progressivement dégradées ;
  • qu'il avait fait l'objet d'une condamnation pour violences conjugales, avec dispense de peine, par le tribunal de Pontoise le 28 octobre 2009, suivie d'un blâme administratif ;
  • qu'il échangea 33 SMS "à connotation exclusivement religieuse" avec son épouse entre 11h21 et 11h50, moins d'une demi-heure avant l'acquisition des couteaux et une heure avant de passer à l'acte. Son dernier message: "Allah Ouakbar, suis notre Prophète et médite le coran".

C'est dans ces circonstances et après un examen "rigoureux et approfondi" que le Parquet national antiterroriste français décida que, oui, finalement, la piste terroriste islamique méritait bien d'être examinée...

Il n'est de pire aveugle...

Mis bout à bout, ces éléments - certains consécutifs au drame, mais bien d'autres, non - brossent un tel portrait de Mickaël Harpon qu'on se demande comment le service de Renseignement de la police a pu rester aveugle à ce qui se passait au sein de ses propres murs.

Paris-prefecture-de-police.jpg

Rappelons que M. Harpon travaillait depuis 2003 au service de maintenance informatique du département. Citant Le Point:

En charge de la maintenance des ordinateurs du millier de fonctionnaires du renseignement parisien, [le terroriste] avait accès à des informations ultrasensibles, entre autres celles en lien avec l'islam radical. Il disposait d'une habilitation secret-défense, situation qui impose une enquête administrative approfondie. « Il disposait notamment des adresses de chaque fonctionnaire », s'inquiète un policier. (...)

On devine que ces informations "ultrasensibles" ont dû être bien partagées au sein des milieux islamistes, permettant à beaucoup de gens de savoir à quoi s'attendre de la part de la police. L'attaque au couteau était meurtrière, mais que penser d'une faille de sécurité majeure, qui dure probablement depuis des années?

Les dénégations et les explications habituelles sur la base de l'incompétence et du manque de communication ne valent qu'un moment. Les journalistes du Point rapportent que des policiers auraient reçu des pressions pour ne pas dénoncer leur collègue:

Des policiers, sous couvert de l'anonymat, évoquent (...) des pressions sur des membres de la DRPP pour ne rien révéler des alertes passées sur le comportement de l'adjoint administratif. Quelques-uns en ont fait état à la Crim', refusant que leurs propos soient consignés sur procès-verbal.

Les autorités ont-elles cherché à minimiser la réalité ou, à tout le moins, retarder l'échéance de l'annonce d'un acte terroriste commis de l'intérieur ?

Quelle autre hypothèse, sinon? Tout le monde aurait évidemment préféré que cette tuerie soit l'œuvre d'un simple "dément", un "fou furieux" sans lien avec l'islam, qui, on le sait bien, "n'est pas ça". Un délégué syndical VIGI police confirma que "la Préfecture de police a essayé d’occulter la radicalisation. On a voulu nous orienter vers la piste de la démence."

Le sujet est éminemment politique.

FranceInfo révéla que la radicalisation au sein des forces de police concerne plusieurs dizaines de personnes:

"Le directeur général de la police nationale indiquait au mois de juin dernier que sur 150'000 fonctionnaires de la police nationale, 28 faisaient l'objet d'un suivi pour radicalisation" a précisé Jean-Charles Brisard [président du Centre d'Analyse du Terrorisme]. "S'agissant de la préfecture de police spécifiquement, l'ancien préfet de police, Michel Delpuech, indiquait quant à lui, que sur 43'000 agents, une quinzaine avaient fait l'objet d'un signalement, une dizaine pour suspicion de comportement radicalisé, et 5 cas de fonctionnaires en contact avec des milieux radicalisés."

Encore ne s'agit-il là que de la partie émergée de l'iceberg. Pour chaque individu fiché et surveillé, combien de Mickaël Harpon naviguent en eaux troubles?

castaner_sympa.jpgMais admettre cela, c'est admettre que les menaces viennent de l'islamisme et non des gilets jaunes ou de l'extrême-droite ; c'est admettre que les services de renseignement sont défaillants depuis des années ; c'est admettre que les politiciens le sont aussi (M. Castaner est assez symptomatique de cette caste où la morgue le dispute à la malhonnêteté, tant ces gens sont obnubilés par le fichage de leurs opposants politiques). Finalement, admettre cela, c'est reconnaître qu'il faut repartir à zéro, un chantier qui s'annonce immense et une remise en question qui laissera des traces.

Alors, sans surprise, on préfère mentir et privilégier, au forceps, la thèse de la démence. Comme c'est pratique!

Le déni n'offre aucune sécurité

Quelque chose me dit que les pouvoirs publics français vont se livrer à un profilage beaucoup plus poussé et beaucoup moins politiquement correct des personnes qui sont en mesure de côtoyer les puissants. Les chauffeurs, les cuisiniers, le personnel de chambre de l’Élysée et tutti quanti vont repasser au crible, et pas qu'un peu. Lorsque cela se saura, les accusations de racisme et les imprécations à base de Droits de l'Homme ne vont pas manquer, ce qui sera amusant à regarder.

Mais que vaut une vérification des antécédents faite par une organisation policière qui n'a même pas été capable de déceler un islamiste radicalisé au sein de son propre service de renseignement? Voilà la pensée qui va en empêcher plus d'un de trouver le sommeil. Et c'est salutaire. Les tours d'ivoire doivent être abattues, et leurs occupants redescendre sur terre. Il est temps pour certaines élites françaises de ressentir ce fameux "sentiment d'insécurité" dans lequel baignent les Français depuis des années.

Stéphane Montabert - Sur le Web et sur LesObservateurs.ch, le 6 octobre 2019

9 commentaires

  1. Posté par G. Guichard le

    ajout: et je reste persuadé que ce soit-disant regain de Daesh est une basse manœuvre politique qui s’inscrit dans la volonté de Macron d’attirer la vraie droite

  2. Posté par G. Guichard le

    Ben, avec un Macron ami des Audin, donc partie prenante des « débats » entre les clans bolcheviques, tout ceci semble naturel

  3. Posté par aldo le

    L’ÉTAT FRANÇAIS EST UN ÉTAT AUX MAINS DE CRIMINELS POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES QUI TIRENT PROFIT DE L’ANARCHIE DONT ILS SONT LES INSPIRATEURS-CONSPIRATEURS ET C’EST LA VIEILLE QUI TIRE TOUTES LES FICELLES, DONC QUI GOUVERNE LA FRANCE SANS AVOIR ÉTÉ ÉLUE.

    Pas besoin de faire trop d’analyses pour comprendre que le président et le gouvernement crypto-communistes représentent la criminalité bolchévo-fasciste intimement liée aux socialistes de même bois, à commencer par le parcours de Mitterrand (et de son fils « Papa m’a dit…)  » décoré de l’Ordre de la Francisque par Pétain qui fut la honte des imposteurs de notre époque lesquels cachent toutes ces saloperies à l’opinion avec la complicité de la presse à la botte et à la gamelle.

    Toute cette anarchie lucrative pour certains découle directement de la nature foncièrement communiste de la vieille macron, qui a fait ses « études » (en pédophilie communiste ?) à l’université d’Alger peu après la fin de la guerre d’Algérie, pour démontrer que les discours de son petit pantin son directement issu des luttes communistes exacerbées pour mieux nous leurrer, CONTRE LA COLONISATION, QUI SI ELLE AVAIT ÉTÉ MAINTENUE, N’AURAIT PAS VU LA DESCENTE AUX ENFERS DES ÉTATS CONCERNÉS, PAS PLUS QUE LA PRÉPARATION D’UNE GUERRE CIVILE CONTRE L’OCCIDENT SOUS LE COUVERT DE L’IMMIGRATION DE MASSE ORCHESTRÉE A COUP DE SURPOPULATION. Excellentes explications contradictoires que vous pouvez arbitrer grâce à votre niveau d’intelligence présumée : https://www.youtube.com/watch?v=p2wxB4uGQEI

  4. Posté par maury le

    Le bilan de Castaner est catastrophique !depuis les estropiés GJ jusqu’à maintenant; il accumule des mensonges,des erreurs ,des ordres iniques aux fonctionnaires de police!! Le progressisme est une verrues dans ce qui reste d’Etat.

  5. Posté par toni le

    On n’a jamais su comment l’assassin du couple de policiers en juin 2016 à Magnanville a pu se procurer leur adresse, il se pourrait que la réponse soit dans ce genre d’individu et si c’est la cas il y a du souci a se faire.

  6. Posté par Nicolas le

    Les tours d’ivoire doivent être abattues, et leurs occupants redescendre sur terre? NON!
    Ces sales cons de traîtres doivent rester en l’air… au bout d’une corde.

  7. Posté par Bussy le

    Et oui, une digue vient de s’effondrer, la caste des bien-pensants dominants ne peut plus faire semblant de ne rien voir, dans peu de temps elle va commencer à accorder une attention affectueuse à Zemmour…
    Depuis toujours, cette caste sait qu’il n’y a pas d’arrangement possible avec l’islam, mais elle chouchoutait les musulmans en espérant que ceux-ci les épargneraient quand ça tournerait mal, et là, elle se rend compte que l’ennemi est infiltré partout, qu’il se prépare au combat, et que c’est contre eux qu’il va commencer la lutte, la vraie lutte.
    Et manque de chance, il y a de la diversité partout, et les esclaves de la caste peuvent tous se transformer en djihadiste….. le concierge, le chauffeur, le vendeur du coin qui peut les empoisonner, etc.
    Effectivement, dans un premier temps, ça sera amusant à regarder, cette pauvre caste de dominants dominés et tétanisés de peur….. habitués au confort, à la lutte verbale mais pas physique, et puis, ça risque de dégénérer, et là ça sera mauvais pour tout le monde.
    En plus, on nous annonce que Daesch va lancer des attaques de grandes envergure, peut-être que les cibles ne seront plus des innocents et des enfants pris au hasard mais que les islamistes s’attaqueront aux bien-pensants dominants des villes.

  8. Posté par Léo C le

    Lorsque ça va risquer de faire des taches sur leur moquette, peut-être bougeront-ils un peu.

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