Grève des femmes du 14 juin 2019. Retour sur une journée d’instrumentalisation. Rediff. 13.8.2019

La grève des femmes du 14 juin a été présentée comme une journée dédiée aux droits des femmes et à leur défense. Alors autant le dire d’emblée, j’ai été choqué par son ampleur. Non pas que le sort des femmes me laisse indifférent, bien au contraire, mais parce que cette journée a été érigée au nom d’arguments qui sont des insultes à l’intelligence tant ils relèvent de jugements à l’emporte-pièce et sur une réalité des faits qui n’a plus cours aujourd’hui, ou qui ne relève plus de comportements d’hommes suisses dont le respect général des femmes est un des plus avancé au monde. Personnellement je ne sais pas d’où sortent toutes ces femmes battues, violées et discriminées, pour ma part je n’en connais aucune.

Si personne ne saurait contester qu’il existe des incompréhensions entre les hommes et les femmes, il n’a cependant jamais été démontré que les hommes éprouvaient plus d’incompréhension vis-à-vis des femmes que vis-à-vis de leurs congénères masculins, constat également vrai pour les femmes. L’incompréhension entre individus n’a jamais été spécifique à la différence de genre sexuel, elle relève de la difficulté des relations sociales, et si les incompréhensions entre hommes et femmes paraissent parfois, et l’on dit bien paraissent parfois, plus exacerbées et plus profondes, c’est parce que les engagements que se donnent mutuellement les hommes et les femmes sont parmi les plus forts et les plus intimes que les êtres humains puissent concevoir, et que lorsqu’il y a rupture le mal ressenti en est d’autant plus profond. On se demande comment il est possible de l’oublier.

Déformer cette réalité pour l’exploiter et en faire une journée politique relevait tout simplement de l’ignoble.

La grève des femmes du 14 juin a été présentée par ses initiatrices comme une journée dédiée aux droits des femmes, sauf que si l’on y regarde de près la vraie nature de ce rassemblement a montré une instrumentalisation majeure des femmes de ce pays. La femme y a tout simplement été utilisée comme un objet utile et politique. La tromperie y a atteint un sommet inégalé, un marché de dupe alimenté par un discours rompu à la manipulation des consciences et qui suggère aux femmes que le moindre problème qu’elles pourraient rencontrer dans l’existence provient du sexisme et de la domination de la société par les mâles.

Le discours féministe qui a prévalu ce jour-là est typique des pratiques de la gauche, dont il n’est plus à démontrer les méthodes de confiscation de la réalité et comment elles sont utilisées pour réduire tous les problèmes à leur agenda politique. Quelques exemples suffisent aisément à le démontrer. On assemble et amalgame tous les problèmes individuels et personnels pour en faire un problème général et politique. On dit aux femmes qu’on les comprend mais dans le but de leur soutirer un consentement politique.

Ainsi le discours des femmes syndicalistes organisatrices de la journée du 14 juin déclarait ceci : « Nous toutes* sommes confrontées, sous diverses formes, au sexisme, aux discriminations, à la violence et aux stéréotypes. Sur notre lieu de travail, à la maison, dans la rue. »

A lire cela on pouvait avoir l’impression ou la certitude que toutes les femmes sont opprimées dans notre pays, les femmes non victimes n’osant alors contredire ou se sentant obligées d’y adhérer sous peine de se voir elles-mêmes clouées au pilori. Mais toutes ces femmes savent-elles qu’à Genève il y a aujourd’hui plus de femmes juges que d’hommes au tribunal de première instance ? Savent-elles que les femmes qui touchent des salaires équivalents aux hommes sont désormais privilégiées par rapport aux hommes puisqu’elles ne sont soumises à aucune obligation militaire et touchent leur retraite une année plus tôt que les hommes ? Savent-elles que si l’on veut parler de discrimination il y en aurait autant pour les hommes, puisqu’à salaire et travail égal ils paient les mêmes cotisations vieillesse que les femmes, bien qu’ils toucheront moins de rentes puisqu’ils vivent moins longtemps, et qu’ainsi, par le biais de la solidarité, les hommes paient en réalité plus que les femmes et une part non négligeable des rentes que ces dernières toucheront dans leur vieillesse ?

Ces femmes savent-elles que les premières femmes à avoir défendu le statut de la femme n’étaient pas des syndicalistes mais des femmes issues de la noblesse, l’on pensera ici par exemple à Marguerite de Bourgogne 1393-1442. Savent-elles que les mouvements d’émancipation en Suisse ont d’abord commencé par des femmes protestantes issues de la bourgeoisie ? Que les mouvements des femmes catholiques n’a pas compté pour rien ? De même que l’Union suisse des femmes paysannes dont le rôle est encore aujourd’hui si important. Savent-elles que le modèle patrilinéaire n’a jamais eu pour vocation d’assujettir la femme mais de lutter contre le morcellement du pouvoir et des biens ? Savent-elles que cette longue tutelle que l’homme a exercé sur la femme trouve aussi son origine dans la responsabilité économique qui était attribuée à l’homme dans des époques où l’endettement pouvait le mener en prison et où les révoltes fiscales conduisaient à l’échafaud ? Savent-elles que si les hommes en Suisse ont longtemps refusé le droit de vote aux femmes c’est aussi parce que l’ensemble de l’ordre juridique enfermait l’homme dans un modèle où on le tenait comme le principal « pourvoyeur » et responsable des ressources économiques de la famille ? Qu’alors, attribuer le droit de vote à toutes les femmes (et précisément à des activistes de gauche) en laissant aux hommes le seul poids de la responsabilité économique n’était pas sans poser d’innombrables questions. Que la transition vers l’émancipation n’était donc pas aussi facile qu’il n’y parait.

Evoquer le statut de la femme des époques précédentes sans mentionner la responsabilité économique écrasante qui était posée sur l’homme revient à travestir l’histoire et à ne pas dire toute la vérité et à oublier une grande partie du contexte. Alors que s’en rappeler serait quand même le minimum que pourrait faire l’intelligence au lieu de vouloir ériger des murs infranchissables et stupides entre les genres.

Faut-il rappeler à ces femmes que si elles peuvent revendiquer en toute liberté leurs droits aujourd’hui, que dans le passé ce sont des hommes qui ont donné leurs vies et fait couler leur sang pour avancer sur le chemin de l’émancipation face au pouvoir. Lors de la révolution des paysans en 1653 ce sont des têtes d’hommes qui ont été plantées sur des piques à l’entrée de la ville de Berne. Pas des têtes de femmes. Veulent-elles faire le compte des quelques milliers de sorcières brûlées contre les millions d’homme trucidés, jetés aux galères ou réduits en sang sur les champs de bataille contre leur volonté. Induire, par pure idéologie dans la tête de jeunes femmes d’aujourd’hui cette haine larvée de l’homme, construire des fossés infranchissables, relève du plan le plus nauséabond qu’on n’aurait jamais cru pouvoir imaginer. Et cette idée vaut aussi pour le LGBT et toutes ces minorités dont les droits d’expression d’aujourd’hui doivent aussi à ces millions d’hommes morts sur le long chemin de l’indépendance et de la liberté, et qui pourtant leur vouent une haine viscérale. Parfois il est quand même bon d’avoir aussi un peu de pudeur et le courage de regarder la réalité.

C’en est assez de cette image d’un homme suisse détestable et rétrograde que ces femmes (et ces hommes) de gauche cherchent à ancrer dans les consciences. Si l’on parle de cela il faut dire toute la vérité. Ce n’est pas de la faute des hommes suisses si les violences contre les femmes (et les gays) augmentent dans nos statistiques, ce n’est pas de la faute des hommes suisses si nous avons dû inscrire dans notre code pénal des dispositions contre le mariage forcé et les mutilations vaginales. Pourquoi ne le dit-on pas ? Il faut dire toute la vérité. En 1885 c’est l’université de Berne qui la première fois en Europe délivra à une femme une habilitation qui permet d’enseigner au niveau universitaire. Pourquoi ne le dit-on pas ?

En 1928 il y eut la première SAFFA, Schweizerische Ausstellung für Frauenarbeit, sorte d’exposition nationale sur le travail et le statut des femmes en Suisse, la seconde eut lieu en 1958 et dura trois jours, elle reçut en moyenne quotidienne autant de visiteurs que l’exposition nationale de 1964 à Lausanne. Et l’on voudrait nous faire croire que le mâle suisse serait spécialement rétrograde et désintéressé du statut de la femme. Mais qu’est-ce que vous nous racontez-là ? Dans quel monde vivez-vous ?

Aujourd’hui ces femmes nous racontent que la division du travail et le confinement des femmes aux tâches ménagères fut l’expression du désir de domination du mâle sur la femme. Quelle sornette ! Cette division des rôles provient de temps immémoriaux et des différences naturelles entre hommes et femmes, d’un temps où lorsque la femme attendait un enfant et voyait sa mobilité et ses capacités de défense naturellement réduites, c’est l’homme qui allait à la chasse pour subvenir aux besoins de sa compagne et qui entretenait un foyer pour la protéger. Et l’on nous raconte que ce serait une idée née d’un désir de domination du mâle sur la femme, mais qu’est-ce que c’est que ces histoires ?

Voulez-vous que l’on vous parle des innombrables pressions sociales qui reposent sur les jeunes hommes suisses dont on ne parle jamais. De ces attentes extrêmement lourdes que la société a fait peser sur eux durant des siècles, parfois par excès souvent par nécessité, et encore aujourd’hui où ils doivent être tout à la fois. Voulez-vous que l’on vous parle de ces professeures d’université qui discriminent aujourd’hui des jeunes hommes justes parce que sont des hommes ? La société a ses difficultés et elle n’est facile pour personne, et elle est bien plus difficile à bien des hommes qu’à bien des femmes.

Et à la troisième SAFFA je n’irai pas, celle prévue pour 2020, et dont, quand on aura cité les marraines, Doris Leuthard, Micheline Calmy-Rey, Simonetta Sommaruga, qui ont tant menti à tout le monde, on aura tout compris.

Ce que j’aurais soutenu hier, une émancipation légitime de la femme, je ne le soutiens plus aujourd’hui, car aujourd’hui ce n’est plus que de la manipulation. Une instrumentalisation à fin politique de la femme, sa transformation en objet politique.

Les hommes aiment les femmes, et les femmes aiment les hommes. Point barre. Qu’est-ce que vous nous racontez ? Pourquoi voulez-vous nous faire croire l’inverse ?

Ces femmes (majoritairement de gauche) aujourd’hui dénoncent d’être victimes de stéréotypes, mais ce sont elles qui construisent des stéréotypes. Des stéréotypes de haine et de division contre leurs pères et leurs frères, et contre leurs fils demain. Et cela dans un but politique, c’est tout simplement ignoble.

L’histoire de l’émancipation des femmes en Suisse telle qu’elle est racontée aujourd’hui n’est pas correcte, elle passe sous silence des pans entiers de la réalité politique et sociale de notre pays. Ces femmes qui s’arrogent le titre de progressistes et les hommes qui s’en prétendent les soutiens dressent volontiers le portrait d’un homme ennemi, elles oublient en passant de dire que ce sont leurs propres partis et les syndicats eux-mêmes qui au début s’opposèrent au suffrage féminin.

Dans les années d’avant-guerre l’UDC est un parti minoritaire, ce sont les Radicaux et les PDC qui ont la quasi majorité au Conseil national. Ce sont les syndicats ouvriers qui au début s’opposent aux femmes de peur qu’elles viennent concurrencer les hommes sur le marché du travail. On oublie de dire que si les Suissesses ont obtenu si tardivement le droit de vote c’est qu’en Suisse cette question concernait aussi le rapport de force entre les partis politiques dominants.

Alors que dans les années 30, avec la crise économique, les forces fascistes et conservatrices progressent dans toutes l’Europe, par crainte que la révolution communiste de 1917 en Russie se propage à tout le continent, c’est exactement l’inverse qui se produit en Suisse. La majorité radicale et PDC s’effrite tandis que les socialistes progressent de manière historique. En 1931 le PS sera en Suisse à son apogée avec près de 28.7 % des voix au Conseil national. Et si les syndicats changent leur fusil d’épaule et que le PS se montre en défenseur de la femme c’est aussi parce qu’ils réalisent le nombre de voix supplémentaires qu’ils pourraient en tirer. Et ça c’est une histoire vieille comme le monde, elle se nomme le clientélisme.

Et cette leçon ils vont tous la retenir. Le suffrage féminin a été accordé aux femmes en 1971, et ce que l’on ne rappelle jamais c’est que ces trois grands partis qui faisaient la loi au parlement depuis 1919, le PR, le PDC, et le PS sont désormais à cette époque tous en déclin, leur érosion est patente. Et en particulier celle du parti socialiste qui depuis 1931 a perdu 20 % de ses sièges au parlement. Les deux législatures qui suivent l’introduction du vote des femmes, en 1975 et 1979, vont offrir un rebond et un sursis à ces trois partis, mais surtout aux socialistes au plus fort de leur déclin qui vont alors en 1975 regagner près de 9 % de voix au national. Croyez-vous vraiment que cet intérêt politique pour la femme soit dû au hasard ?

La première grève des femmes a eu lieu en juin 1991, comme par hasard avant les élections fédérales d’octobre 1991. Le PS était alors au plus bas de toute son histoire avec seulement 18 % des sièges à la chambre basse. Il augmentera de près de 20 % ses positions au national dans les législatures qui suivent l’introduction du vote féminin.

Aujourd’hui, en juin 2019, deuxième grève des femmes dans l’histoire de la Suisse. Et devinez quoi ? Nous sommes en année d’élection fédérale. Et le PS en est à son troisième plus bas score historique au Conseil national, il est en érosion depuis près de seize ans, ne cessant de perdre des voix au plan fédéral. Il n’est ici pas besoin de faire un dessin sur les raisons et l’opportunité de cette grève des femmes et à qui elle cherche à profiter, et pourquoi elle a lieu précisément cette année.

Le PS et la gauche écologiste ont besoin de faire des voix et la question féminine est une affaire qui marche et a toujours rapporté des bulletins dans les urnes, la femme n’est ici plus qu’un objet politique et une opportunité qu’ils instrumentalisent sans aucune retenue. Les Verts ont perdu depuis 2007 un quart de leurs sièges au parlement, le PDC a baissé de 20 %. Regardez les femmes de quels partis défilaient en tête du cortège. Précisément celles de ces partis politiques en perte de vitesse.

Beaucoup de choses sont encore à dire sur cette histoire de l’émancipation de la femme dans notre pays, mais c’est un sujet sur lequel on ne se fait guère d’illusion avec des facultés entières de sciences sociales phagocytées par des endoctrinés et des endoctrinées. Bien sûr qu’il est vrai qu’en 1887 le droit de pratiquer le métier d’avocat fut refusé par le Tribunal fédéral à Émilie Kempin-Spyri, parce qu’elle n’avait pas la jouissance des droits civiques, mais il est aussi vrai que la Suisse fut le premier pays d’Europe à accorder en 1898 le droit à une femme d’enseigner dans une université (Anna Tumarkin, professeure de philosophie à l’université de Berne). Pourquoi ne le dit-on pas ? Pourquoi faut-il toujours alimenter cette haine des sexes ? Il faut peut-être aussi dire toute la vérité et exposer tous les tenants de la réalité. Et dire aussi que le statut de la femme a considérablement progressé et n’est plus celui auquel on voudrait nous faire croire aujourd’hui. Que les affirmations de victimisation de la femme sont aujourd’hui du point de vue de la Suisse largement un anachronisme. Aujourd’hui, répétons-le, il y a plus de femmes juges que d’hommes dans certains tribunaux, 19 sur 26 au Tribunal civil de Genève, plus d’étudiantes que d’étudiants, les femmes sont en Suisse largement majoritaires parmi les spécialistes de la santé, de l’enseignement, de la justice et des sciences sociales, alors que nous raconte-t-on ?

Certains cantons ont longtemps été dénoncés comme particulièrement rétrogrades. Mais a-t-on jamais pensé à ce qui pouvait se passer dans la tête d’un homme avec la crainte qu’il découvre et expose aux yeux de tous dans la landsgemeinde que sa femme puisse voter pour un parti exactement contraire ? Avec quelle conséquence pour l’harmonie du couple et de la famille ? Ne vous êtes-vous jamais posé la question de savoir s’ils n’existaient pas d’autres raisons particulières pour que certains hommes aient freiné des quatre fers ? Pour ces femmes de gauche qui ne cessent de revendiquer la compréhension de la plus petite des minorités, de comprendre le port du voile, le retour des djihadistes, la délinquance, il y a ici un manque flagrant de volonté de chercher à comprendre cette vaste majorité qui est à leur coté et qui est celle des hommes suisses.

La journée du 14 juin a été une pure journée d’instrumentalisation. Non pas que l’on veuille ici nier les difficultés passées et présentes de la vie des femmes, mais parce que cette journée a érigé et renforcé une barrière des genres afin de servir des buts politiques partisans. Et parce que cette journée s’est fondée sur un mensonge et une manipulation insupportable de bêtise qui réduisent ceux qui la croient – hommes et femmes – à des citoyens et citoyennes incapables de penser par eux-mêmes.

Le mâle suisse semble devenu un aliud, quelque chose d’autre qu’il faut combattre et détruire, mais qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Déjà des jeunes hommes et des jeunes femmes n’osent plus se regarder dans nos rues. Mais Dieu du ciel de quel monde venez-vous ? Dans quel monde avez-vous grandi ?

La femme serait encore exploitée et sous-payée en Suisse ? Et cela juste parce qu’elle est une femme ? C’est une pure contrevérité.

La différence de salaire entre hommes et femmes qui subsiste en Suisse aujourd’hui est jusqu’à preuve du contraire un problème statistique. Ce n’est pas une réalité de discrimination volontaire mise en place par le mâle. S’il est vrai que le salaire moyen et médian des femmes est inférieur à celui des hommes, une grande partie de cette différence est aujourd’hui expliquée, par des facteurs observables tels que le métier, la branche, une formation et une expérience professionnelle moins grande et moins longue, un plus grand recours au temps partiel, et ainsi de suite. Et s’il reste une part inexpliquée, une différence de salaire que la statistique justement n’explique pas, rien ne permet de dire que cette part relèverait d’une discrimination volontaire des femmes par les hommes, et cela justement parce que cette part est inexpliquée.

On relève en passant que si les femmes sont moins payées que les hommes, ces femmes ne se pressent pas non plus au portillon et sont minoritaires dans les métiers dangereux, la construction, le désamiantage, le traitement des déchets toxiques, et ainsi de suite, et que leur espérance de vie est supérieure à celle des hommes. Les femmes sont à peine 10 % dans la construction, inexistantes dans les industries d’extraction et jusqu’à 78% dans la santé humaine et dans l'action sociale.

Dans le secteur public et à l’Etat, les lois en Suisse interdisent toute discrimination salariale entre hommes et femmes, elle est matériellement et juridiquement impossible, et pourtant cet écart subsiste sans que l’on puisse expliquer pourquoi.

Il existe dans la fonction publique en Suisse un écart net résiduel inexpliqué de 5.9 % de salaire inférieur pour la femme, mais tant qu’il n’est pas expliqué il reste un problème de mesure statistique, puisque cet écart est par définition matériellement impossible et juridiquement interdit et que précisément il subsiste sans que l’on sache pourquoi. Dire que c’est de la faute de l’homme est aujourd’hui une instrumentalisation et une contrevérité. Dire que cela provient du désir de domination du mâle sur la femme est une pure sornette pour ne pas dire une divagation.

Il existe depuis plus de 25 ans (1995) une loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes, et dans certains cantons la majorité des juges sont des femmes. Il existe dans d’autres lois des dispositions qui excluent des marchés publics les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale hommes femmes et que l’Etat applique avec la plus grande sévérité. Et les femmes de ce point de vue sont d’autant moins discriminées qu’elles sont surreprésentées dans la fonction publique et que ce sont majoritairement les hommes qui se voient confrontés à l’ultra concurrence du secteur privé.

Chez les moins de 30 ans aujourd’hui la différence salariale entre hommes et femmes, secteur public et privé confondus, n’est plus que de 3.4 %. En rappelant que 3 % c’est le montant auquel on évalue le montant de l’obligation militaire à laquelle sont soumis les hommes et non les femmes. En Suisse l’homme qui n’accomplit pas de service militaire se voit astreint à payer à l’armée 3% de son revenu. Globalement il n’y a ici matériellement plus d’inégalité.

Mais qui a-t-on vu dans la rue ?

Précisément beaucoup de jeunes femmes. Précisément beaucoup de femmes issues de la fonction publique. Précisément des femmes qui sont les moins sujettes à la discrimination salariale. Et la présence de femmes migrantes était particulièrement inappropriée puisque les salaires des femmes qui présentent le plus d’écart inexpliqué par rapport aux hommes sont ceux des femmes suisses mariées de plus de 50 ans.

Il ne s’agit pas ici de dire que les salaires de tous sont suffisants, beaucoup trop n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois ni à mettre de l’argent de côté, mais comme on l’a déjà dit ailleurs, le problème actuel est que le revenu disponible réel ne cesse de baisser, parce que l’Etat, les taxes, les coûts de la vie ne cessent de nous spolier à chaque coin de rue. Et ça ce sont tant les hommes que les femmes qui en sont les victimes.

C’est le revenu disponible de tous les Suisses des classes inférieures et moyennes qui s’est réduit, et ça à cause de la dérégulation du marché du travail qui a été introduite par la libre-circulation des personnes. Dérégulation qui a été introduite en Suisse avec le soutien et l’appui total des syndicats et des partis socialistes et écologistes, combien de fois faudra-t-il encore le répéter ? Dans ce pays certains ont décidément la mémoire très courte. On rappelle que les salaires d’entrée des universitaires ont baissé en termes réel de 6.8 % avec la libre circulation des personnes. Et ça autant pour les hommes que pour les femmes. Et pour des baisses concrètes et réelles. Alors que nous racontez-vous ?

On en vient à se demander à quoi rime cette division des genres entre hommes et femmes. Avec parfois l’impression dans ce pays que même s’il y a de plus en plus d’universitaires les problèmes économiques semblent de moins en moins bien compris. Car faut-il le rappeler aussi, les deux principaux déterminants des salaires et des écarts salariaux sont la productivité (plus un salarié rapporte à son employeur et plus il est rémunéré) et puis cet autre déterminant qu’est l’état de l’offre et de la demande sur le marché du travail, soit ce que l’on nomme couramment la concurrence.

Ce qui a péjoré le salaire des femmes en Suisse ces dernières décennies ce n’est pas un pseudo désir d’asservissement des femmes par le mâle suisse, ni un réflexe atavique, c’est la libre circulation des personnes et la sous-enchère salariale, la concurrence effrénée introduite par l’Union européenne et les pro-européens, par ailleurs soutenus par les syndicats et les mouvements féministes de ce pays.

Ce qui a péjoré concrètement les salaires des femmes c’est la concurrence des migrantes européennes.

Et les preuves sont désormais flagrantes.

D’autres pays se sont attelés à la question de l’écart salarial entre hommes et femmes, et en particulier le Royaume-Uni qui a alors livré un constat essentiel.

Entre 1997 et 2017 l’écart salarial entre hommes et femmes s’est amélioré dans toutes les régions du Royaume-Uni, sauf à Londres…

En 1997 Londres était la région britannique où l’écart salarial entre hommes et femmes était le plus bas (points bleus dans le tableau ci-dessous). En 2017 Londres se retrouve dernière du classement (points oranges).

L’Irlande du Nord quant à elle a progressé au point que l’écart salarial s’est inversé et que les femmes y gagnent désormais en moyenne 4 % de plus que les hommes.

Et alors il faut se demander ce qui a changé et comment ça a changé ?

Ce qui a permis aux femmes d’Irlande du Nord de gagner désormais plus que les hommes tient à une raison bien simple. C’est la région du Royaume-Uni où les femmes ont le moins été confrontées à la concurrence migratoire européenne, d’une part parce que c’est la région où le plus de femmes travaillent dans le secteur public, d’autre part parce que c’est une des régions qui a le moins été sujette à la migration européenne.

A l’inverse Londres qui n’a vu aucune amélioration de l’écart salarial entre hommes et femmes en 20 ans est la région britannique qui a vu le plus grand nombre de migrantes venir s’y installer pour y travailler.

Les femmes qui ont défilé et organisé la grève du 14 juin en Suisse sont toutes des femmes qui défendent et soutiennent la migration européenne, c’est-à-dire ici la situation de Londres et pas celle de l’Irlande du Nord.

Je crois qu’il est inutile d’en rajouter.

Celui ou celle qui ne voit pas l’instrumentalisation dont a été l’objet la journée du 14 juin doit au mieux avoir quelques problèmes de compréhension.

Cette journée a été une pure journée d’instrumentalisation, d’instrumentalisation de la femme.

Et le respect aurait dû alors être dirigé vers les femmes souverainistes, de plus en plus nombreuses, qui réfléchissent avec leur propre intelligence, leur indépendance et leur libre-arbitre. De ces femmes qui se battent pour défendre la souveraineté de notre pays et son équilibre, équilibre dont font précisément parties le respect de la femme et son égalité réelle et salariale, et qui ont le courage de se dresser souvent seules contre l’abrutissement général.

Ce sont ces femmes souverainistes, réalistes, responsables et pragmatiques, qui défendent le retour à un équilibre migratoire et donc la protection concrète des salaires des femmes.

Qu’hommage leur soit ici rendu.

Michel Piccand

N.B. Le dernier rapport officiel sur l’égalité salariale entre hommes et femmes en Suisse dit désormais lui-même que « l’écart salarial inexpliqué ne peut être assimilé quantitativement à une discrimination en matière de rémunération » p. 32.

« Cet écart salarial inexpliqué pourrait reposer d’une part sur la discrimination, et d’autre part sur le manque de facteurs explicatifs dans le modèle choisi » p.66.

Ici du bout des lèvres le rapport dit qu’il ne sait pas qu’elle est l’origine de l’écart salarial qui subsiste entre hommes et femmes et qu’il pourrait tout aussi bien découler d’un modèle statistique incomplet ou insuffisant. Ce que pour ma part je n’hésite à croire lorsque je lis qu’un des plus grand écart salarial entre homme et femmes se trouve dans l’industrie d’extraction, en gros dans les mines… que la part inexpliquée de l’écart salarial entre hommes et femmes y est de 478 % … et en faveur des femmes qui y gagnent alors en moyenne 3 % de plus (!) que les hommes…  p.68.

Au-delà de l’anecdote il aurait ici suffi de rappeler qu’un écart salarial inexpliqué de 5.9 % subsiste dans la fonction publique et bien que toute discrimination y soit matériellement et juridiquement interdite !

Une preuve que le modèle statistique utilisé passe à côté de facteurs et d’éléments qu’il n’arrive ni à mesurer ni à appréhender et qui ne relèvent pas de la discrimination.

Le rapport peut être consulté ici :

Analyse des différences salariales entre femmes et hommes sur la base de l'enquête suisse sur la structure des salaires (ESS) 2016. Rapport final.

https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/travail-remuneration/salaires-revenus-cout-travail/niveau-salaires-suisse/ecart-salarial.assetdetail.8266035.html

(FACT CHECKING)

L’INSTRUMENTALISATION CONFIRMEE PAR LES FAITS.

Alors que je terminais la rédaction de cet article, l’ATS et le groupe Tamedia diffusaient la suite de la grève des femmes dont tant voudraient en recueillir les bénéfices. Par exemple ici dans la Tribune de Genève du 9 juillet où la présidente du syndicat Unia tenait ce propos dans un article intitulé « La grève des femmes doit être entendue » :

« Dans le secteur privé, les femmes gagnent en moyenne 19.6 % de moins que leurs collègues masculins, a rappelé la présidente d'Unia, Vania Alleva. « Il n'y a aucune bonne raison à cette différence. »

Sauf que le chiffre de cette différence salariale de 19.6 % est précisément expliqué en grande partie par de bonnes raisons, par des différences de formation, d’expérience, de temps partiel, etc. comme le démontre le rapport précité.

Et que si l’on voulait parler d’une différence soi-disant injustifiée ce serait la différence inexpliquée de 7.7 % qu’il faudrait invoquer et en aucun cas ce chiffre de 19.6 %.

Et que ce chiffre de 7.7 % n’est par ailleurs ni recevable ni crédible puisqu’il ne peut être le fruit d’une discrimination tout simplement interdite et impossible dans le secteur public et dans nombre de secteurs privés.

C’est ici un cas flagrant de manipulation des chiffres et des statistiques. Où l’on fait croire au peuple autre chose que la réalité.

C’est cela qui est choquant et scandaleux, cette société du mensonge généralisé.

On ne peut pas gouverner un pays et une économie avec de telles superficialités, ça ce n’est pas possible.

Notre pays court à sa perte avec de telles sornettes et de telles pratiques de désinformation. Avec de telles conditions (mensongères) il devient impossible de trouver de vraies solutions.

https://www.tdg.ch/suisse/greve-femmes-doit-entendue/story/17586359

______________

Loi fédérale sur l'égalité entre femmes et hommes du 24 mars 1995

(Loi sur l'égalité, LEg)

Art. 3 Interdiction de discriminer

1 Il est interdit de discriminer les travailleurs à raison du sexe, soit directement, soit indirectement, notamment en se fondant sur leur état civil ou leur situation familiale ou, s'agissant de femmes, leur grossesse.

https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19950082/index.html

Un commentaire

  1. Posté par kandel le

    Par avance, un grand MERCI à la première femme courageuse qui remerciera Monsieur Michel Piccand pour cet excellent article.

    Merci beaucoup Mr Piccand… et félicitations.

    Madame Thatcher alliait magnifiquement le courage, la sagesse et l’indépendance d’esprit… à quand une telle figure en Suisse ?

Et vous, qu'en pensez vous ?

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