Tour de France. Quand« L’As-Hassen »l’alsacien Roger Hassenforder animait le Tour

José Meidinger
Journaliste, Reporter

Quand« L’As-Hassen »l’alsacien Roger Hassenforder animait le Tour de France

 

« Le Tour, c’est la fête et les jambes ! » avait coutume de dire le regretté Antoine Blondin qui en a « couvert » une trentaine de Tours de France pour l’Equipe(1954-82). Monument séculaire qui se revisite chaque année dans la ferveur chaleureuse des bords de route du mois de juillet, le Tour demeure une grand messe populaire dont Antoine Blondin avait écrit la légende, la saga de « cette caravane qui décoiffe les filles, soulève les soutanes et pétrifie les gendarmes »

Une légende entachée de dopage, quasi inhérent à l’épreuve, auquel la plupart des grands champions, de Fausto Coppi à Jacques Anquetil et Eddie Merckx, n’ont pas échappé. Même l’inénarrable Roger Hassenforder, le « clown alsacien » du peloton »  se serait arrêté un jour au bord de la route, pour s'injecter dans la cuisse le contenu d'une seringue. On ne saura jamais si ce fut du schnaps ou du riesling, car mon compatriote, appelé plus communément Hassen, n’était pas à un coup d’éclat près. Un jour qu’il était « maillot jaune virtuel » avec près d’un quart d’heure d’avance sur le peloton, l’Alsacien arrivé au sommet d’un col pyrénéen se revigora d’une choucroute, à la terrasse d’un restaurant. Un autre jour, Hassen se baigna tout habillé avec son vélo alors que les coureurs longeaient la mer vers Nice, où encore, lors d’une autre étape, s’arrêta au bord de la route pour aller conter fleurette à une belle spectatrice qui   lui avait tapé dans l’œil. Le boute-en-train du peloton, « l’As Hassen », comme l’avait surnommé Antoine Blondin, malgré ses frasques imprévisibles, avait pourtant tout de la trempe d’un champion : Hassenforder porta le maillot jaune à plusieurs reprises,  signa pas moins de huit victoires d’étapes, dont quatre sur la seule édition 1956. « La classe à l'état pur », disait de lui Felix Levitan, l’emblématique directeur du Tour de France, à une époque où les coureurs ne se blottissaient pas encore les uns contre les autres comme des moutons, pour se dissoudre dans l’anonymat d’un troupeau qui court après la caravane publicitaire. Il est loin le temps où les coureurs rentraient à l’hôtel avec leur vélo pour laver eux-mêmes leur maillot, cuissard et socquettes, en les faisant tremper dans leur baignoire. Aujourd’hui, «  à l’heure du soupçon et du dopage, les « forçats » chouchoutés du peloton lavent le plus souvent leur linge sale en famille… ! » aurait encore pu écrire Blondin…

José Meidinger

 

 

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