L’image d’un Christ constellé de sang avait fait le tour du monde. La série d’attentats ayant frappé des églises et des complexes touristiques du Sri Lanka a finalement été revendiquée.
Divisé en huit explosions distinctes, l’attentat aura causé la mort de 359 personnes (chiffre susceptible d’évoluer). Une attaque incompréhensible dont les coupables et les raisons sont restées obscurs plusieurs jours.
Quarante personnes ont été arrêtées mais des suspects sont encore en fuite, d’après le Premier ministre sri-lankais, Ranil Wickremesinghe. Le groupe local islamiste National Thowheeth Jama’ath (NTJ) est toujours accusé par les autorités d’avoir commis les attentats au Sri Lanka, en lien avec un groupe islamiste radical indien, connu comme le Jamaat-ul-Mujahideen India (JMI). En effet, si l’Etat islamique a revendiqué l’attentat et a diffusé des preuves de son implication, la piste du groupe islamiste local est encore privilégiée. La diffusion des images des kamikazes par Amaq (le média de Daesh) va évidemment permettre aux enquêteurs d’en savoir plus sur le modus operandi et les ramifications reliant le groupe islamiste local à Daesh. Parmi les kamikazes, figurent deux frères appartenant à la branche sri-lankaise des Frères musulmans.
Un massacre de « représailles »
Les premiers éléments de l’enquête montrent que les attentats de dimanche ont été commis pour riposter au carnage des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, une donnée qui vient confirmer les craintes émises par une large frange de l’opinion supposant que le massacre de Christchurch entraînerait une réaction violente de la part des franges radicales de l’islam. Après tout, certains attentats en France ont été commis au nom de la bande de Gaza. Donc, une justification aussi ignoble qu’imbécile, comme si les chrétiens du Sri Lanka avaient entraîné et armé Brendon Tarrent (le tueur de Christchurch), comme si les paisibles vacanciers des groupes hôteliers avaient financé l’itinéraire sanglant du criminel australien.
Cette attaque, outre le caractère sanglant, est également un coup dur porté à l’équilibre du pays. Le Sri Lanka, marqué par une longue guerre civile opposant le gouvernement (élu par l’ethnie cingalaise) et les Tigres tamouls (représentant l’ethnie minoritaire). Dans un pays secoué par les tensions ethniques, les chrétiens faisaient figure de pacificateurs tant, chez eux, le fait d’être chrétien supplantait l’importance de l’appartenance ethnique. Les chrétiens ne combattaient pas pour une quelconque cause, ils priaient et célébraient la résurrection du Prince de la Paix, un affront impossible à digérer pour ceux qui se nomment combattants mais qui ne sont que des assassins dont les noms ne seront chéris que par une poignée d’obscurantistes criminels. Comme le dit si bien (et c’est suffisamment rare pour être souligné) Jean-Luc Mélenchon : « Plus généralement, il y a une sous-évaluation dans les médias français des agressions spécifiques dont font l’objet des chrétiens dans le monde […] C’est pourquoi on ne saurait se taire ou noyer le poisson dans les explications qui nieraient ce fait central : les chrétiens du Sri Lanka ont été assassinés parce qu’ils étaient chrétiens et pratiquants de cette foi. »
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