Pas de collusion Trump-Russie : les démocrates humiliés une seconde fois

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Correspondant permanent aux Etats-Unis. –La gauche américaine devient enragée devant tant d’espoirs déçus, tant d’illusions frustrées. La gauche, c’est-à-dire un large éventail qui va des libéraux caviar aux anarcho-collectivistes, en passant par toutes les nuances d’un socialisme morcelé en autant de programmes qu’il existe d’agitateurs pour les exhiber. Cette gauche, au sein de laquelle les démocrates orthodoxes finiront par être minoritaires, n’est unie que par un double but – abattre Trump et détruire son régime – et par une seule obsession : montrer qu’il a comploté avec les Russes pour empêcher Hillary Clinton de parvenir au pouvoir. Les preuves de cette collusion manquent. Elles ont toujours manqué. Mais la gauche n’a jamais voulu le croire. Elle mit toute sa ferveur prédatrice en Robert Mueller, procureur spécial qui enquêta sur cette affaire durant près de deux ans. Le 24 mars sont publiées les quatre pages de conclusion de son rapport, qui en compte 448. Première humiliation : elles innocentent Trump. Jeudi dernier, près de 400 pages du même rapport sont livrées à la nation. Seconde humiliation : elles confirment – et dans un certain sens amplifient – les termes de la conclusion. La gauche – surtout les démocrates patentés – semble sonnée par ce double choc. Lui reste le déni d’évidence. Elle s’y abîme.

Pourtant, William Barr, ministre de la Justice, a été très clair, aussi bien le 18 avril que le 24 mars : non seulement le président Donald Trump n’a commis aucune faute préjudiciable à son honneur, mais aucun membre de son équipe de campagne électorale ne s’est laissé corrompre par une puissance étrangère. Pourtant – et Barr insiste sur ce point – les Russes ont tout essayé pour parvenir à intégrer la dynamique mise en place par les républicains afin de torpiller, via l’intoxication et la désinformation, celle développée par les démocrates. Mueller n’a pu trouver le plus petit indice susceptible de permettre l’amorce d’un processus pouvant aller jusqu’à confondre Trump ou l’un de ses collaborateurs. « Nous savons, a souligné Barr au cours d’une conférence de presse, qu’aucun agent russe n’a obtenu la collaboration du président ni d’un autre Américain. » En d’autres termes, personne n’a trahi. Et personne n’a fait obstruction à la justice. Sur cette question, Mueller a préféré ne pas trancher, laissant à Barr le soin de le faire. Celui-ci affirme donc que les éléments du rapport empêchent de soutenir que Trump ou d’autres ont cherché à entraver toute action judiciaire qui aurait pu leur nuire.

Les ténors démocrates sont tétanisés et les médias fulminent. Ce fameux rapport est devenu pour eux une bombe à retardement. A quoi pouvaient-ils se raccrocher pour tenter une riposte, sauver la face ? A Barr. Contre lui, CNN, la chaîne de tous les mépris, de toutes les haines, semble avoir perdu toute dignité. Jim Acosta, son correspondant à la Maison-Blanche : « Barr a constamment menti dans sa présentation partiale du rapport. » Symone Sanders, commentatrice : « Ahurissante, la conférence de presse de Barr. Ce faux calme pour qu’on le prenne pour un diseur de vérité. » Jim Sciutto, chef de service : « Barr, nommé par Trump, a renvoyé l’ascenseur en défendant aveuglément son patron. » Même cible, même aigreur au New York Timesqui qualifie la rencontre de Barr avec les journalistes d’« arrogante et digne d’une junte militaire ». Au Boston Globe, on estime que Barr a caché l’essentiel – une évidente collusion – et NBC n’hésite pas à suggérer que Barr a carrément « tronqué le rapport dans un sens favorable à Trump ». Un héraut de l’establishment, Jeffrey Toobin, va même plus loin. Pour lui, Mueller, entre les lignes, invite le Congrès à destituer Trump.

Au-delà de ce florilège de bile, la gauche en bloc reproche à Barr d’avoir – en toute légalité – soustrait à l’attention du Congrès et du public une quarantaine de pages du rapport. Ce « caviardage », voulu par la constitution et inscrit dans la loi, s’explique par la protection nécessaire due aux personnes et aux secrets d’Etat. Pour la gauche enflammée, ces lignes noircies dans un document qui lui échappe sont le signe d’une machination et la preuve d’un complot. Barr nous assène qu’il n’y a pas de preuve contre Trump, clame-t-elle. Au contraire, il y en a une, de preuve : contre Barr lui-même. Il nous empêche de lire Mueller dans son intégralité. Il a donc quelque chose à cacher. Barr protège déjà Trump en niant toute collusion. Voilà qu’il le sauve en tronquant un texte très certainement accusateur. Trump a entravé la justice. Des mots, sûrement, existent qui montrent cela. Mais on n’a pas le droit de les lire. Forte de ce raisonnement, la gauche réclame à grands cris la publication de la totalité des 448 pages du rapport. Elle risque d’être encore déçue. Pour rendre illisibles certains passages, Barr s’est entouré d’experts de toutes les tendances politiques – surtout de gauche – afin que cette amputation suive au plus près l’esprit de la loi et fasse l’économie d’une polémique. L’attaque frontale pourrait alors se transformer en harcèlement. On assisterait à une guérilla avec, chez les agresseurs, le spectre d’une troisième humiliation.

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